La Chine va planter des arbres sur un territoire gros comme la Belgique pour tendre vers la carboneutralité | 24 heures
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La Chine va planter des arbres sur un territoire gros comme la Belgique pour tendre vers la carboneutralité

Image principale de l'article La Chine va intensifier sa plantation d'arbres
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La Chine va planter l’équivalent de 36 000 kilomètres carrés (c’est plus vaste que la superficie de la Belgique!) de nouvelles forêts chaque année jusqu’en 2025.  

Le but? Réduire son impact environnemental et préserver des milieux naturels.  

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C’est ce qu’a annoncé un responsable forestier chinois le 20 août dernier, indique Radio-Canada. La plantation d’arbres est au cœur des plans de la Chine pour atteindre la carboneutralité d’ici 2060.  

«D’ici 2035, la qualité et la stabilité des écosystèmes forestiers nationaux, des prairies, des zones humides et des déserts se seront considérablement améliorées», croit le vice-président de l’Administration nationale des forêts et des prairies Li Chunliang.  

Le gouvernement chinois souhaite que son taux de couverture forestière passe de 23,04%, comme c’était le cas à la fin de l’année 2020, à 24,1% d’ici la fin de l’année 2025, selon le plan quinquennal sur les forêts et les prairies sorti la semaine dernière. 

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Une Grande Muraille végétale 

Ça fait des décennies que le pays oriental tente de contrer la désertification dans le nord du pays, à Pékin et aux alentours, en plantant des arbres. En raison de la surexploitation agricole et du surpâturage, ce secteur est particulièrement aride, explique le média français GEO. Ceci s’explique partiellement par les changements climatiques, mais surtout par la croissance de la population. 

La Chine n'en est pas à son premier projet ambitieux de plantation : elle s'affaire depuis 1978 à planter une ceinture végétale si grosse qu'elle est surnommée la deuxième "Grande Muraille". Le plan est très ambitieux : planter 35,6 millions d’hectares d’arbres d’ici 2050, ce qui créerait une ceinture végétale d’environ 4500 kilomètres en longueur et qui pourrait atteindre jusqu’à 1450 kilomètres de large.  

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Un projet réaliste? 

Est-ce que tels projets de plantation sont suffisants pour faire une différence pour l’environnement?  

Des scientifiques de Pékin disent que oui! Ils remarquent que des milliers d’hectares de désert ont été stabilisés par la plantation d’arbres et que la fréquence des tempêtes de sable dans le désert de Kubuqi, en Mongolie-Intérieure, a diminué de 20% entre 2009 et 2014 au pays. Les effets de désertification commencent à s’inverser grâce à la Grande Muraille verte et d’autres programmes de plantation, selon l’administration chinoise des forêts.  

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D’autres scientifiques sont plus sceptiques : au même moment de lancer ce projet de boisement ambitieux, la Chine s’est mise à fond dans le capitalisme en ouvrant son économie, affirme GEO. La production de GES qui accompagne l’industrialisation viendrait contrebalancer les effets positifs de la plantation d’arbres. 

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En plus, une quantité considérable d’arbres plantés n’arrivent pas à survivre à l’environnement aride dans lequel ils sont plantés, ainsi qu’aux maladies et parasites qui sont communs dans les forêts constituées d’un seul type d’arbre. Selon Cao Shixiong, professeur à l’Université centrale des minorités, à Pékin, qui a passé vingt ans à travailler sur des projets gouvernementaux, 86% des arbres de la Grande Muraille verte plantés depuis 1986 n’ont pas survécu.  

Des chercheurs craignent que la plantation d’arbres dans des zones déjà asséchées aggravent le problème et que rien ne puisse plus y pousser.  

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