Comment convaincre ses parents de l’importance de la lutte contre les changements climatiques? | 24 heures
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Comment convaincre ses parents de l’importance de la lutte contre les changements climatiques?

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Photomontage Marilyne Houde

Les élections fédérales approchent et vous voulez discuter de l'importance de la lutte contre les changements climatiques avec vos parents qui ne s'en soucient pas beaucoup (ou peut-être pas autant que vous)? Voici comment procéder, selon un expert en communication environnementale.

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Conseil n° 1: mettre de côté le discours scientifique  

«La recherche, depuis une vingtaine d’années, a montré que le fait d’avancer des arguments scientifiques ne parle pas à une vaste portion de la population», explique d’emblée Oumar Kane, professeur titulaire au département de communication sociale et publique de l’UQAM.

Ce discours scientifique, basé par exemple sur les rapports du GIEC ou sur les nombreuses études sur la question du climat parues dans les dernières années, pourrait avoir comme effet d’éloigner cette vaste portion de la population, qui n’a pas toujours le bagage scientifique nécessaire pour bien s’y retrouver.

«Ça ne veut pas dire qu’il faut abandonner le discours scientifique, nuance Oumar Kane, également spécialiste en communication environnementale. Ça veut dire qu’il faut le raccrocher aux préoccupations des gens.»

Conseil n° 2: se baser sur les conséquences concrètes du réchauffement climatique  

Si le discours scientifique ne représente pas toujours le meilleur allié pour parler des changements climatiques, se baser sur les conséquences bien réelles qui en découlent peut s'avérer une stratégie beaucoup plus efficace.

«Pendant longtemps, les changements climatiques, c’était une question théorique, explique Oumar Kane. Mais, de plus en plus, on voit les effets des changements climatiques dans notre vie de tous les jours, avec le bouleversement des saisons, par exemple, ou avec les épisodes de chaleur intense, et les gens commencent à faire des liens.»

D’où l’importance, selon l’expert, de se baser sur ces répercussions, et non pas uniquement sur des statistiques ou des prévisions. 

Conseil n° 3: rappeler que tout le monde peut avoir un impact positif  

«Pour beaucoup de gens, et depuis très longtemps, le discours scientifique était tellement catastrophiste, tellement théorique, tellement éloigné de leur réalité, que la conséquence, c’est qu’ils baissaient les bras, indique Oumar Kane. C’est donc très important pour ça, dans la vie de tous les jours, de parler aux gens le langage qu’ils comprennent et leur dire: “Vous avez la possibilité d’avoir une prise, une influence, sur la marche des choses.”»

Et cette prise individuelle peut avoir un impact bien réel, malgré le fait que beaucoup se joue à un niveau plus collectif et politique.

«On ne peut pas juste mettre la responsabilité du changement sur les individus alors qu’il y a les industries qui sont à côté, alors que des politiques doivent être mises en place à un niveau international pour changer l’ordre des choses, souligne Oumar Kane. Mais, pour commencer, pour influencer notre voisinage, notre oncle, notre chum, etc., il faut bien qu’ils comprennent que leur comportement individuel a un impact essentiel.»

Conseil n° 4: amener son entourage à poser un premier geste concret  

Finalement, le spécialiste en communication environnementale souligne qu’il est plus important, dans une discussion portant sur les changements climatiques, d’amener son entourage à poser un geste positif et concret en lien avec le climat que de le convaincre de la réalité du changement climatique. C’est donc l’engagement qui est à prioriser ici, et non pas uniquement la persuasion.

«Quand votre belle-mère, par exemple, va commencer à composter, elle va être prise dans un processus psychologique. Elle se dit: “En compostant, je suis responsable, je fais ma part au niveau de la réponse aux changements climatiques”, explique Oumar Kane. Et chaque fois que cette personne va avoir un comportement qui est contradictoire avec ce premier acte, elle va se poser la question, elle va se sentir mal.»

«Et c’est une dynamique qui fait boule de neige, poursuit-il. Quand on commence à poser des micro-actions, une ou deux, en bout de course, ce sont des gens qui vont changer complètement leur mode d’être par rapport à la question environnementale.»

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