Une femme harcelée par une vingtaine d’hommes en 90 minutes à Montréal | 24 heures
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Une femme harcelée par une vingtaine d’hommes en 90 minutes à Montréal

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Photo Thierry Laforce, Agence QMI

Le fléau du harcèlement dans la rue est loin de s’être estompé avec la pandémie, comme en témoigne l’expérience de deux jeunes femmes qui disent avoir dû repousser les avances d’une vingtaine d’hommes en 90 minutes au centre-ville de Montréal.

«C’est comme un ramassis de ce qu’on vit depuis toujours, en tant que femmes, de régulièrement se faire aborder dans la rue, mais c’était tellement condensé que c’en était un spectacle», raconte Noémie Beaugrand-Champagne.

La jeune femme de 25 ans a d’ailleurs pris soin d’enregistrer plusieurs de ces interactions non désirées pour les publier sur les réseaux sociaux.

Il y a quelques jours, la résidente de Longueuil est allée s’installer sur la terrasse du resto-bar du boulevard Saint-Laurent où elle travaille, à la fin de son quart, pour passer du bon temps avec une amie.

Constamment interrompues par des individus trop entreprenants, elles peinaient à avoir une discussion, relate-t-elle.

«Est-ce qu’on peut venir s’asseoir?», «C’est quoi ton Instagram?», «Vous êtes trop belles pour passer une soirée toutes seules comme ça», leur lançaient des inconnus.

«On a commencé vraiment à se fâcher. Quand les gars arrivaient, on était plus sec. On a remarqué que quand on était polies et qu’on leur disait qu’on voulait être seules, ils se permettaient d’insister et de poser plus de questions», relate-t-elle.

Sans surprise, ce changement d’attitude leur a valu quelques insultes.

Pas étonnée

Une telle situation « choque énormément » Audrey Simard, organisatrice communautaire au Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CÉAF), mais ça ne l’étonne pas pour autant.

Le phénomène du harcèlement dans la rue est loin de s’essouffler, soutient-elle.

«Selon les témoignages qu’on reçoit, ça s’est amplifié», s’inquiète Mme Simard, qui note d’ailleurs que plus de femmes osent dénoncer la chose désormais.

«Ce n’est pas à moi de m’empêcher de sortir, ce n’est pas à moi de m’empêcher de m’habiller comme je veux, parce que les gars ne sont supposément pas capables de se contrôler, insiste Noémie Beaugrand-Champagne. Je ne dis pas que ce sont tous les gars, mais c’est trop de gars.»

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