La boxeuse Jeanette Zacarias Zapata dans un état «critique» à l’hôpital: ce qu’il faut savoir | 24 heures
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La boxeuse Jeanette Zacarias Zapata dans un état «critique» à l’hôpital: ce qu’il faut savoir

Image principale de l'article Une boxeuse dans un état «critique» à l’hôpital
Martin Chevalier / JdeM

Des images à glacer le sang lors d'un gala de boxe à Montréal: la boxeuse mexicaine Jeanette Zacarias Zapata s’est effondrée samedi, après s’être fait passer le K.-O. par la Québécoise Marie-Pier Houle. L'athlète se trouve toujours dans un état critique mais stable à l’hôpital du Sacré-Cœur, presque 48 h après le combat. Retour sur les événements.

Un K.-O. suivi de convulsions  

Quelques secondes après sa défaite aux mains de Marie-Pier Houle lors du gala de boxe du Groupe Yvon Michel (GYM), Jeanette Zacarias Zapata s’est effondrée dans les bras de l’arbitre Albert Padulo jr.

Photo Martin Chevalier

Le médecin de la Régie des alcools, des courses et des jeux et les ambulanciers sont venus à son secours quelques secondes après sa chute au plancher. La Mexicaine ne s’est pas relevée par la suite et a été prise de convulsions.

L’athlète de 18 ans a été immobilisée et a quitté le ring sur une civière, pour ensuite être conduite d’urgence à l’hôpital. Elle aurait eu besoin de manœuvres de réanimation durant son transport vers l’hôpital du Sacré-Cœur.

Photo Martin Chevalier

Bien que son état de santé soit toujours critique, elle est stable, plongée dans un coma artificiel.

Marie-Pier Houle ébranlée  

Marie-Pier Houle vit des moments difficiles depuis samedi soir. 

«Je me sens coupable même si je sais que ça fait partie des risques de notre métier, a souligné Marie-Pier Houle avec des sanglots dans la voix. Tout le monde me dit de ne pas me sentir coupable et que mon combat était propre. Je n’ai pas frappé après la cloche.

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«Je n’affrontais pas une fille qui avait une fiche de 0-45. Oui, elle avait subi deux knockouts, mais on ne connaissait pas les circonstances de ces combats. On ne connait pas non plus le type de préparation qu’elle avait eu avant notre combat.

«C’est un incident malheureux. Ça me met à l’envers.»

Depuis samedi, Houle n’a pas beaucoup dormi. Elle repasse en boucle les dernières secondes de son choc contre Zapata.

«Je sais que je vais devoir passer par-dessus afin de poursuivre ma carrière, a-t-elle ajouté. Pour le moment, c’est trop frais et je ne fais que penser à elle et à sa famille qui est au Mexique et qui ne peut pas être à son chevet.»

La boxeuse de 31 ans a l’intention de se rendre au chevet de Zapata dans les prochains jours. C’est une démarche importante à ses yeux.

La Québécoise a aussi écrit un message de soutien sur sa page Facebook. 

«Les événements d’hier me bouleversent très profondément. La boxe comporte son lot de risques et de dangers. C’est notre métier, notre passion. Jamais, au grand jamais, l’intention de blesser gravement un adversaire ne fait partie de mes plans. Mes pensées les plus sincères vont à mon adversaire Jeanette Zacarias Zapata ainsi qu’à sa famille. Je souhaite de tout mon cœur qu’elle se rétablisse, a-t-elle écrit avant d’écrire les mots suivants en espagnol. J’offre mes pensées et prières à mon opposante Jeanette Zacarias Zapata et à toute sa famille.»

Un knock-out en mai  

Après sa défaite par knock-out contre Marie-Pier Houle, on a découvert que l’athlète de 18 ans avait également encaissé un revers similaire en mai dernier.

Son permis au Mexique avait été suspendu pour une période de 60 jours. Son conjoint, Giovanni Martinez, a apporté quelques précisions à ce sujet.

Photo Martin Chevalier

«La situation entre les deux combats n’est pas comparable, a indiqué Martinez. Ils ont fait des examens, dont des radiographies à deux endroits différents du cerveau de Jeanette.

«D’ailleurs, les médecins [de l’hôpital du Sacré-Cœur] les ont utilisés pour faire son évaluation. Nous avions les sanctions nécessaires pour nous battre. Il n’y avait rien d’anormal.»

Victime du syndrome du second impact? 

Jeanette Zacarias Zapata pourrait avoir été victime du syndrome du second impact samedi soir sur le ring du court Rogers. C’est une complication rare d’une commotion cérébrale. Lorsqu’une personne en est victime, on assiste à une enflure prononcée du cerveau. 

Cela se produit lorsqu’un athlète est victime d’une deuxième commotion, alors que la première n’est pas encore complètement guérie. Au cours des dernières années, plusieurs athlètes en sont décédés. 

Martin Chevalier / JdeM

Est-ce que c’est ce qui est arrivé à Zapata? C’est possible, selon le spécialiste Dave Ellemberg, qui s'est entretenu avec Le Journal

«Comme on le sait, elle a été knockée au mois de mai, a souligné celui qui est neuropsychologue clinicien. C’est très possible qu’elle ait été victime du syndrome du second impact.»

«Le deuxième impact, celui qu’elle a subi samedi, a pu causer une enflure cérébrale importante et un possible saignement cérébral. Si elle n’a pas eu d’enflure et de saignement, elle a de bonnes chances de s’en sortir avec peu de séquelles.»

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