Pénurie de main-d’œuvre: des restaurateurs, dont Danny St-Pierre, sont obligés de fermer | 24 heures
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Pénurie de main-d’œuvre: des restaurateurs, dont Danny St-Pierre, sont obligés de fermer

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Photomontage Marilyne Houde

Danny St-Pierre vient de mettre les clés sous la porte de ses restaurants Danny Pan Pizza situés à Saint-Lambert et sur la rue Notre-Dame, à Montréal.

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La raison de ces fermetures: la pénurie de main-d’œuvre qui continue de faire la vie dure aux restaurateurs, surtout en ces temps de rentrée scolaire. 

«Ils ne sont pas faciles à trouver, lance Danny St-Pierre. Quand tu as juste un restaurant, tu peux couvrir bien des places, mais te diviser en trois, ça ne se fait pas», enchaîne celui qui est aussi copropriétaire du Pontiac, qui a pignon sur rue sur l’avenue du Mont-Royal. 

Le fait qu’il s’agissait de petites pizzérias ajoutait à ses difficultés de recrutement, dit-il, les étudiants des écoles hôtelières préférant se tourner vers d’autres types de restaurants. 

Danny St-Pierre n’est d’ailleurs pas le seul restaurateur à se buter à des difficultés de recrutement et à subir les conséquences de la pénurie de main-d’œuvre. 

Le Café Le Signet, à Laval, a dû fermer à la mi-août, n’étant pas en mesure de remplacer son responsable de la cuisine. Le propriétaire du restaurant, Robert Girouard, a toutefois bon espoir de trouver quelqu’un pour pouvoir rouvrir sous peu.

Cette réalité s’observe également en région. Faute d’employés, la boulangerie La Gourmandine, située à Amos, en Abitibi-Témiscamingue, va fermer ses portes pour de bon à la fin septembre. 

«Ça fait huit ans que je suis ouvert, ça fait quatre ans qu’il me manque quelqu’un», raconte la propriétaire Caroline Bérubé. 

«Quand l’entreprise est à toi, tu te dis que tu vas travailler plus. Quand tu es propriétaire, tu travailles toujours pour deux. Mais à un moment donné, je ne peux pas travailler pour trois et c’est la santé qui ne va pas suivre», poursuit-elle. 

Une tendance en restauration?

Avons-nous affaire à une tendance ou à des cas isolés? Difficile à dire, puisqu’il n’existe aucune donnée sur ce type de fermeture. 

Bien que reconnaissant qu’il y a pénurie de main-d’œuvre, l’Association Restauration Québec (ARQ) ne tire pas encore la sonnette d’alarme. Elle considère en effet ces fermetures comme étant «très anecdotiques». 

Restaurations Canada mentionne, pour sa part, que face au manque d'employés, de nombreux établissements choisissent de fermer pendant l’heure de dîner ou encore pendant une partie de la journée ou de la semaine pour être en mesure de donner du répit à leurs employés qui sont trop peu nombreux. 

«Plusieurs restaurants sont maintenant fermés du lundi au mercredi. Beaucoup ferment aussi tous les dîners», note Olivier Bourbeau, vice-président à Québec chez Restaurants Canada, ajoutant que cette réalité était particulièrement visible à Montréal. 

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Quelles solutions?

Pour Dany St-Pierre, il n’existe pas de solution miracle au problème de main-d’œuvre. 

Pour convaincre plus de monde à venir travailler dans le monde de la restauration, il faudrait, selon lui, augmenter les salaires. Or, une telle mesure se répercuterait nécessairement dans la facture des clients. 

Photo d'archives Sébastien St-Jean

Comme bien d’autres chefs, il assure qu’il paie bien ses employés. «C’est rendu qu’on les paie bien, les gens [qui travaillent en restauration]. Ce n’est plus une histoire de crève-faim», souligne-t-il. 

Une autre solution, selon lui, serait de convaincre plus de personnes plus âgées à revenir sur le marché du travail et à occuper un emploi en restauration. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. 

Se tourner vers la technologie

L’ITHQ croit, pour sa part, que les nouvelles technologies pourraient donner un coup de main aux restaurateurs, en leur libérant du temps et des employés. 

«L’industrie de la restauration fonctionne à l’ancienne, elle n’est pas au goût du jour. Beaucoup de tâches, telles que la gestion des horaires et de l’inventaire, se font encore à la main, même si elles pourraient dorénavant se faire à l’aide de la technologie», affirme Ian Purtell, responsable du développement du contenu et de la programmation d’Alfred Celliers Intelligents. 

Ian Purtell a conçu un séminaire que l’ITHQ offrira gratuitement, dès octobre, pour aider les restaurateurs à mieux utiliser la technologie.

«Ce qu’on est capable de faire, c’est de s’assurer que les employés sont les plus performants possible, peu importe le poste qu’ils occupent en restauration.» 

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