Écart générationnel au travail: comment parler à son patron? | 24 heures
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Écart générationnel au travail: comment parler à son patron?

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Aujourd’hui, pas moins de cinq générations se côtoient en même temps sur les lieux de travail: la génération silencieuse, les baby-boomers, les X, les millénariaux et les Z. Pas étonnant que des clash générationnels puissent survenir. Comment faire pour éviter les conflits? Suivez le guide.

À l’ère où les millénariaux sont pratiquement aussi nombreux que les baby-boomers sur le marché du travail, il va nécessairement y avoir un clash de cultures. Mais ce n’est pas tout à fait une question de valeurs, affirme Tania Saba, professeure titulaire à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal. 

«Il n’y a pas beaucoup de différences dans les valeurs entre les générations. On voit plutôt un renforcement des tendances. Par exemple, les valeurs environnementales sont arrivées avec les baby-boomers et se sont consolidées avec l’arrivée des générations du millénaire et Z.»

Les différences résident plutôt dans les façons de faire certaines choses, et ça, c’est une question de culture d’entreprise, précise celle qui est experte de la question de diversité au travail. «Les relations au travail et la communication, c’est tout autre, et ça devient une question de culture dans les organisations. Et c’est là où il peut y avoir plus de difficultés, surtout lorsque des jeunes arrivent dans des entreprises où les façons de faire sont plutôt traditionalistes.»

C’est que certaines organisations n’ont pas évolué au même rythme que la société. Les millénariaux, qui ont grandi avec la technologie, prennent plus de place et bouillonnent d’idées, alors que certaines entreprises gardent leurs façons de faire bien ancrées parce qu’elles ont toujours bien fonctionné. Mais les organisations ont tout intérêt à tenir compte des idées des jeunes parce qu’on «compte beaucoup sur ces générations pour notre avenir social et économique, car c’est la relève», note Tania Saba.

La communication est la clé  

Malgré toute l’ouverture d’esprit du monde, personne n’est à l’abri d’un conflit avec son patron. Que faire quand ça survient? La clé réside dans la communication, explique Tania Saba. L’important, c’est d’établir un espace de dialogue pour que tous puissent s’exprimer, croit l’experte. 

«Si un jeune ne se sent pas écouté, sent que ses attentes ne sont pas comblées, il va aller voir ailleurs. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, c’est l’employeur qui perd au change.»

Un employé plus jeune ne doit donc pas hésiter à parler de ses attentes envers son patron et de ses idées pour l’organisation, propose la professeure. En revanche, l’employé doit garder l’esprit ouvert quant aux raisons pour lesquelles certains processus, qui peuvent sembler dépassés, sont toujours en place – si l’employeur est en mesure de fournir une bonne explication, dit-elle.

«C’est sûr qu’il ne faut pas se présenter uniquement avec ses doléances, mais aussi de présenter des solutions au problème qui est soulevé. Les jeunes doivent aussi écouter et voir comment ils peuvent trouver un terrain d’entente pour qu’ils puissent évoluer à travers le temps dans les organisations», indique Tania Saba.

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