Jeux paralympiques: on lui enlève sa médaille d’or à cause d’un retard de trois minutes | 24 heures
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Jeux paralympiques: on lui enlève sa médaille d’or à cause d’un retard de trois minutes

Muhammad Ziyad Zolkefli
Photo AFP

Muhammad Ziyad Zolkefli

À peu près tout le monde s’est déjà fait regarder de travers en arrivant en retard à un rendez-vous. Toutefois, pour l’athlète malaisien Muhammad Ziyad Zolkefli, son manque de ponctualité lui a finalement coûté beaucoup plus qu’une simple réprimande.

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Ainsi, le lanceur de poids de 31 ans, qui participait mardi aux Jeux paralympiques de Tokyo, s’est vu retirer la médaille d’or qu’il venait de gagner un peu plus tôt, alors qu’il avait fracassé du même coup un record mondial. Tout ça pour un retard de trois minutes qui n’a visiblement pas plu aux organisateurs, qui ont tenu à appliquer à la lettre les règles de la compétition.

Ce qui a cependant fait sourciller plusieurs observateurs et internautes, c’est que Zolkefli avait d’abord été autorisé à participer à l’épreuve en dépit de son retard, les officiels jugeant que lui et ses deux comparses qui avaient manqué l’heure de rendez-vous «pouvaient avoir une raison logique d’être en retard».

«En ce sens, nous leur avons permis de compétitionner et choisi d’analyser la situation par la suite», a déclaré à CNN un porte-parole du Comité international paralympique (CIP), Craig Spence.

L’analyse subséquente n’a toutefois pas permis d’établir une «raison justifiable» pour le retard du Malaisien, a indiqué l’organisation d’athlétisme World Para Athletics dans un communiqué de presse. Ce faisant, Zolkefli a été dépouillé de sa médaille, ce qui a notamment provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux.

Même le roi de Malaisie s’en mêle

Plusieurs politiciens et internautes malaisiens ont ainsi fait part de leur déception, et parfois de leur colère, sur le Web, à un point tel que le nom de Muhammad Ziyad Zolkefli est momentanément devenu une «tendance» sur Twitter.

Et comme l’a remarqué Vice, même le roi de Malaisie, Abdullah Shah, a réagi mercredi à la disqualification de Zolkefli sur Instagram, disant qu’il était fier de l’athlète et l’encourageant à poursuivre ses activités, mais invitant les «parties concernées» à revoir les paramètres de la compétition pour qu’une telle situation ne se répète pas.

Sur Twitter, le ministre malaisien de la Santé, Khairy Jamaluddin, est allé encore plus loin, parlant d’une «décision honteuse» et d’une «disgrâce absolue qui va à l’encontre de l’esprit des Jeux paralympiques».

«Si c’était une violation de la zone d’attente, vous n’auriez pas dû leur permettre de participer à la base. Méchant et mesquin. Une médaille d’or et un record du monde volés», a-t-il ajouté dans le tweet envoyé mardi.

Aussi, si certains compatriotes de Zolkefli ont partagé des messages d’encouragement et de support envers l’athlète, d’autres auraient toutefois dépassé les bornes, insultant celui qui a hérité de la médaille d’or laissée vacante, l’Ukrainien Maksym Kova. Des réactions «très abusives» qui ont été vivement décriées par le Comité international paralympique.

«Les règles sont les règles, une décision a été prise et ce n’était pas la faute de l’Ukrainien. Le Malaisien est arrivé en retard à la zone d’attente. C’est très décevant que des agressions pareilles puissent avoir lieu sur les réseaux sociaux», a souligné le porte-parole Craig Spence à CNN.

Muhammad Ziyad Zolkefli concourrait dans la catégorie F20 des Jeux paralympiques de Tokyo, ouverte aux athlètes présentant une déficience intellectuelle. Les Jeux, lancés le 24 août dernier, se concluront ce dimanche.

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