Affaire Camara: pas de profilage racial, selon le juge Dionne | 24 heures
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Affaire Camara: pas de profilage racial, selon le juge Dionne

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

La procureure ayant autorisé les accusations contre Mamadi III Fara Camara, à la suite de l’agression de l’agent Sanjay Vig du SPVM, dont il a été soupçonné à tort, n’a pas commis de faute.

C’est ce que conclut le juge Louis Dionne dans son rapport dévoilé vendredi, concernant l’arrestation, la détention et la mise en accusation de M. Camara.

Arrêté le 28 janvier dernier, l’homme sans histoire a passé six jours derrière les barreaux avant d’être libéré. Par la suite, les autorités ont indiqué qu’aucune accusation ne serait portée contre lui. L’homme de 31 ans avait été intercepté au volant par l’agent Vig dans le secteur Parc-Extension à Montréal, avant que ce dernier ne soit attaqué par un autre individu, Ali Ngarukiye. Dans le chaos ayant suivi cette agression, M. Camara avait été identifié à tort comme l’agresseur du policier.

Certains passages du rapport ont d’ailleurs dû être caviardés pour ne pas interférer dans les procédures judiciaires en cours contre Ngarukiye et pour préserver la vie privée des personnes impliquées.

Aucune recommandation ne vise le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans le rapport.

Pour ce qui est de la procureure ayant autorisé le dépôt des accusations contre M. Camara, elle «a respecté les principes juridiques applicables et les normes prévues à la directive ACC-3 du DPCP», a-t-on indiqué, ajoutant que «cette directive prévoit qu’au moment d’entreprendre une poursuite, le procureur doit être convaincu, à la lumière de son analyse objective de la preuve disponible, qu’il existe une perspective raisonnable que l’accusé soit condamné».

Dans les faits, les procédures doivent être abandonnées quand on perd «cette conviction» et «le procureur doit mettre fin aux procédures afin que l’accusé soit libéré, comme ce fut le cas dans le dossier de M. Camara», a-t-on ajouté.

Pas de profilage racial

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a réagi au rapport Dionne en disant qu’il prend acte des conclusions et que la thèse du profilage racial est écartée par le magistrat.

«Le rapport émet plusieurs constats, notamment que l’agent Vig avait les motifs nécessaires pour procéder à l’interception du véhicule de M. Camara, tout comme les policiers qui sont intervenus par la suite lors de son arrestation. L’enquête du juge Dionne permet également de rejeter la thèse du profilage racial dans cette affaire», a-t-on poursuivi.

Le SPVM veut analyser les recommandations à la suite de la mise en lumière de «certains dysfonctionnements» observés lors de cette affaire. «Ceux-ci concernent notamment les modes de fonctionnement touchant la gestion d’un événement majeur, de même que les processus en matière d’échange d’informations», a mentionné le corps policier.

Soixante membres du SPVM ont été rencontrés par le juge Dionne.

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