Avez-vous reçu par la poste une offre d'achat pour votre immeuble de logements? | 24 heures
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Avez-vous reçu par la poste une offre d'achat pour votre immeuble de logements?

Vous avez peut-être reçu dans votre boîte aux lettres une annonce publicitaire où l'on dit vouloir acheter votre immeuble de logements et où l'on vous demande, si vous êtes locataire, de transmettre l’offre au propriétaire. Qui se cache derrière ce type d’offensive? Quel en est l’objectif? On vous explique.

Le député de Québec solidaire Andrés Fontecilla a partagé sur les réseaux sociaux, la semaine dernière, une photo d’une telle publicité, tout en dénonçant vivement cette pratique.  

Sur l’annonce, il est indiqué qu’un «investisseur immobilier d’expérience [a] l’intention d’acheter des propriétés et plex dans votre quartier». Et pour les locataires: «Veuillez donner ceci au propriétaire.»

«Même si les auteurs de cette publicité bon marché affirment qu’ils font d’“excellentes offres”, ils cherchent avant tout à obtenir la vente de la propriété convoitée à un prix inférieur à celui du marché, en contrepartie d’une transaction rapide, pour ensuite augmenter le prix et la vendre beaucoup plus cher. Bref, de la spéculation pure et simple», se désole le député de Laurier-Dorion. 

Sous sa publication, de nombreux internautes ont indiqué avoir reçu une offre semblable. «J’ai reçu le même dans Ville-Émard», «On l’a aussi reçue, dans Centre-Sud», «Même message à Vaudreuil-Dorion: Montréal est tentaculaire, on dirait.»

Des flips immobiliers        

En appelant au numéro de téléphone qui se trouve sur la publicité, on tombe sur une employée qui nous communique quelques informations sur l’entreprise. Elle refuse toutefois de nous dévoiler son identité, soutenant qu’elle n’y est pas autorisée.   

L’entreprise se nomme «Acheteur de maison Montréal» et serait basée à Toronto. La compagnie achèterait des immeubles de logements au Québec, mais aussi en Ontario et à Vancouver. Toujours selon l’employée à qui nous avons parlé, l’entreprise aurait acheté environ 200 immeubles l’an dernier. 

«[La publicité], c’est juste une façon d’annoncer notre compagnie. Les brochures sont photocopiées et sont envoyées par la poste», explique-t-elle, tout en assurant que la compagnie ne fait pas pression sur les propriétaires pour les convaincre de vendre.   

Et comment ça fonctionne? La compagnie achète des immeubles aux personnes qui veulent «sauver du temps», nous dit l’employée au bout du fil, sans avoir à passer par un courtier immobilier. Les propriétaires qui sont intéressés n’ont, dit-elle, qu’à appeler l’entreprise et à indiquer le prix qu’ils souhaitent obtenir pour la vente de leur immeuble. Si l’entreprise est toujours intéressée, une visite est organisée et une offre d’achat déposée. 

Une fois le rachat complété, les immeubles sont rénovés – ou non – pour réaliser un flip immobilier, c’est-à-dire une revente rapide pour faire du profit.  

Des logements abordables en moins       

Selon Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), de telles offensives sont assez courantes, surtout dans les quartiers centraux de Montréal, où le prix des loyers médian est plus élevé que la moyenne.  

«Le fait qu’on en voie aussi régulièrement, c’est assez récent. Il y en a de toutes les sortes [des offres]», mentionne-t-il. 

Les nouveaux propriétaires qui réalisent des flips immobiliers, comme l’entreprise avec laquelle on s’est entretenu, vont parfois offrir de l'argent aux locataires pour qu’ils partent, ou encore faire pression pour réaliser des travaux majeurs et augmenter significativement le loyer, explique-t-il.  

De telles pratiques contribuent ainsi à une baisse de l’offre de logements abordables dans la métropole et ce sont les personnes à faible revenu qui en ressentent le plus les impacts, regrette Maxime Roy-Allard. 

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