Loi antiavortement au Texas: les experts de l’ONU sonnent l’alarme | 24 heures
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Loi antiavortement au Texas: les experts de l’ONU sonnent l’alarme

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Les observateurs des droits de l’homme des Nations unies condamnent fortement la nouvelle loi antiavortement du Texas, laquelle retire aux femmes le contrôle de leur corps, en plus de mettre leur vie en danger.  

La qualifiant de discrimination sexuelle «à son paroxysme», les experts de l’ONU préviennent que la nouvelle loi texane pourrait pousser des femmes à se tourner vers des procédures dangereuses, notamment des avortements clandestins qui peuvent s’avérer mortels. 

La présidente du groupe de travail des Nations unies sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles, Melissa Upreti, a déclaré au quotidien The Guardian que «cette nouvelle loi rendra l’avortement dangereux et mortel, en plus de créer de nouveaux risques pour les femmes et les filles», ajoutant qu’«elle est profondément discriminatoire et viole un certain nombre de droits garantis par le droit international».  

L’avocate des droits de l’homme, qui fait partie des cinq experts indépendants de l’ONU chargés par le Conseil des droits de l’homme de promouvoir l’élimination de la discrimination contre les filles et les femmes dans le monde, a aussi fortement critiqué la Cour suprême des États-Unis qui, selon elle, serait pour une «discrimination structurelle fondée sur le sexe et le genre dans ce qu’elle a de pire». 

«La loi et la manière dont elle a été adoptée — par le refus de la Cour suprême des États-Unis de la bloquer sur la base d’un précédent juridique existant — n’ont pas seulement fait reculer le Texas, mais aussi le pays tout entier aux yeux de la communauté internationale», a-t-elle argumenté. 

Les femmes en proie à plus de violence 

L’observatrice indépendante de l’ONU sur la violence à l’égard des femmes, Reem Alsalem, s’en est aussi prise à la Cour suprême pour sa décision de maintenir la loi. Elle a notamment accusé les cinq juges de droite ayant voté pour son entrée en vigueur — dont trois ont été nommés par Donald Trump — d’exposer les femmes à de nouvelles violences potentielles. 

«Par cette décision, la Cour suprême des États-Unis a choisi de piétiner la protection des droits reproductifs des femmes, les exposant, ainsi que les prestataires de services d’avortement, à davantage de violence», a-t-elle déclaré au Guardian

Une opposante à la loi antiavortement devant la Cour suprême des États-Unis.

AFP

Une opposante à la loi antiavortement devant la Cour suprême des États-Unis.

Ce sont les femmes à faible revenu, celles de couleur et celles qui appartiennent à d’autres groupes vulnérables qui sont touchées en premier par cette loi, regrette Reem Alsalem. 

Elle déplore également le fait que la loi rende l'avortement pratiquement impossible, même dans des cas de viol ou d’inceste. «Cela exacerbe leurs traumatismes ainsi que leur souffrance mentale et physique.»

Sept millions de femmes touchées   

Rappelons qu’en vertu du droit international, les gouvernements sont autorisés à réglementer les interruptions volontaires de grossesse, mais ils ne sont pas autorisés à le faire si la vie des femmes est mise en danger, ou encore si elles sont soumises à des douleurs physique ou mentale. 

Les organismes de défense des droits de la personne rappellent aussi que dans certaines circonstances, les interdictions d’avorter ont même été assimilées à une forme de torture. 

Alors que la loi interdit tout avortement après la détection d’une activité cardiaque chez le fœtus, soit dès la sixième semaine, on estime que quelque sept millions de femmes risquent de ne plus avoir accès à des avortements légaux au Texas. 

 

– Selon les informations du journal The Guardian

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