Vaccination obligatoire: pourquoi juste en santé? | 24 heures
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Vaccination obligatoire: pourquoi juste en santé?

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Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Le gouvernement du Québec étend la vaccination obligatoire à tous les employés du réseau de la santé. Il ne fera pas de même dans d'autres secteurs, mais il l’a sérieusement considéré. Voici pourquoi. 

Il y a deux semaines, le gouvernement convoquait une commission parlementaire sur la vaccination obligatoire chez les employés de la santé et d’autres corps de métier. Des représentants syndicaux du milieu de la santé s’y sont succédé, mais aussi des membres des communautés scolaire, collégiale, universitaire et professionnelle.

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L’exercice de deux jours a notamment fait en sorte que Québec change sa position sur les employés du réseau de la santé – tous devront être vaccinés, sans exception. Il l’a aussi conforté dans son idée de s’arrêter là.

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Écoles primaires et secondaires 

En commission la semaine dernière, un des plus importants syndicats d’enseignants du Québec, la Fédération autonome de l’enseignement, est venu dire que la vaccination obligatoire faisait planer un risque de bris de service sur un milieu où la pénurie d'enseignants se fait déjà ressentir de plein fouet.

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«C'est clair qu'on a une crainte au niveau des bris de services. [Si des] profs décidaient de ne pas aller se faire vacciner et qu’on appliquait des conséquences de nature disciplinaire, ça pourrait avoir des effets sur la capacité qu'on a à rendre le service», a signalé son président, Sylvain Mallette, devant les élus de l’Assemblée nationale.

À ses yeux, le gouvernement n’a pas encore prouvé qu’une vaccination obligatoire du personnel scolaire aurait un impact mesurable étant donné la quantité non négligeable d’élèves qui n’ont pas reçu de vaccin.

Cégeps et universités 

«Je représente la majorité qui s'est exprimée au conseil et il y a beaucoup d’anxiété.» Le président du Bureau de coopération interuniversitaire, Pierre Cossette, n’y est pas allé par quatre chemins en commission, il y a deux semaines. 

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Selon lui, la plupart des établissements universitaires du Québec s’entendent pour dire qu’il est inutile d’exiger une vaccination obligatoire sur les campus, surtout considérant les taux de protection particulièrement élevés dans la communauté.

Même son de cloche dans les cégeps. «[Les institutions] ne sentent pas, présentement, la nécessité d'y avoir recours», a souligné le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, lors de la même séance d’échanges à l’Assemblée nationale.

Fonctionnaires 

Avant même que les élus québécois en discutent en commission parlementaire, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, qui gère les conditions de travail des employés de l’État, avait mis une croix sur la possibilité qu’ils doivent se présenter au travail avec une preuve vaccinale.

«C’est une option qui n’est pas sur la table», avait-elle confié aux journalistes en marge d’une séance du Conseil des ministres.

Travail 

Pourtant, dans le privé, les options qui se présentent aux employeurs sont multiples, selon le premier ministre François Legault. 

Le premier ministre du Québec, François Legault

Photo Stevens LeBlanc

Le premier ministre du Québec, François Legault

«Je veux être clair, les employeurs ont le droit d’exiger de leurs employés qu’ils se fassent vacciner. Ils ont le droit», soulignait-il la semaine dernière, en point de presse.

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Un point de vue pourtant contesté par son propre ministre du Travail, Jean Boulet. Celui qui a longuement oeuvré dans le domaine du droit du travail affirme qu’un statut vaccinal ne peut pas «servir de justification pour congédier quelqu’un».

Population générale 

La Loi sur la santé publique québécoise statue que le gouvernement du Québec peut décréter la vaccination obligatoire de l’ensemble de la population. Or, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a toujours émis d’importantes réserves sur la question. Québec ne compte pas aller dans cette direction.

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