La microgestion ou quand notre patron exerce un contrôle excessif et toxique | 24 heures
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La microgestion ou quand notre patron exerce un contrôle excessif et toxique

Image principale de l'article Êtes-vous victime de microgestion?
Photomontage : Marilyne Houde

La qualité de votre environnement de travail se détériore parce que votre patron contrôle et surveille vos moindres faits et gestes ? Vous êtes probablement victime de microgestion et mieux vaut reconnaître les indices tard que jamais.

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Des supérieurs contrôlants ont le pouvoir de rendre un environnement de travail toxique, confirme un jeune professionnel au 24 heures, qui l’a appris à ses dépens alors qu’il travaillait pour une jeune entreprise d’une vingtaine de personnes spécialisée dans le développement de logiciels.

«C’était l’enfer, confie le jeune professionnel qui requiert l’anonymat par respect pour ses anciens collègues. J’étais rédacteur et très souvent, le PDG récrivait complètement mes textes. Il faisait la même chose avec les graphistes, l’équipe de marketing, les développeurs... Ç’a été comme ça sur absolument chaque projet pendant cinq ans, même si ce n’était pas son champ d’expertise». 

Et si les résultats n’étaient pas au rendez-vous, ledit patron blâmait les employés pour des décisions qu’il avait lui-même prises, toujours selon l’ex-employé. Ce dernier note qu’au fil du temps, ce zèle a amené plusieurs collègues à se questionner sur leur patron, mais aussi sur eux-mêmes. 

«Il y en a qui ont perdu confiance et qui ont oublié leur valeur, simplement parce que le patron remettait toujours ce qu’ils faisaient en question et qu’en plus, les résultats étaient décevants», explique-t-il. 

Un problème très répandu

L’histoire de ce rédacteur est un cas typique de microgestion, d’après Laurent Varelli, conseiller en ressources humaines agréé (CRHA) et président chez Propulsion RH, une entreprise spécialisée en consultation, formation, développement du leadership et coaching. 

L’expert remarque que ces histoires se multiplient depuis le début de la pandémie, comme elle a contribué à effriter le lien de confiance entre les gestionnaires et les employés. 

«Je crois que le problème est très répandu présentement, puisque le contexte de télétravail a amené certains employeurs à vouloir compenser le fait de ne pas travailler côte à côte en exigeant des comptes rendus matin, midi et soir», raisonne-t-il. 

Le point commun de tous types de microgestion est un manque de confiance envers les employés, explique Laurent Varelli. Et cela se traduit par plusieurs comportements excessifs et toxiques.

«Ça peut être de ne pas déléguer, de demander trop de suivis, de constamment surveiller si l’employé est à son poste de travail, de ne jamais être satisfait des résultats et d’être vague sur les objectifs...c’est très large», énumère-t-il. 

«C'est mon boss, ça!»

Vous reconnaissez votre gestionnaire ? M. Varelli a quelques conseils pour vous. 

«Parlez de comment vous vous sentez et de vos besoins afin qu’il prenne conscience des effets néfastes de son approche. Il n’est pas rare que le gestionnaire ne sache même pas qu’il fasse de la microgstion», dit-il. 

Comme la grande majorité d’entre eux exercent un contrôle excessif par perfectionnisme ou anxiété, n’hésitez pas à être proactif en proposant des solutions adaptées à votre situation. Votre patron verra ainsi que vous avez aussi les objectifs à cœur, ce qui pourrait solidifier le lien de confiance entre vous, selon M. Varelli. 

L’expert rappelle qu’il est aussi de la responsabilité des cadres de l’entreprise de prendre le pouls de leurs employés pour éviter ces environnements néfastes. 

«Si vous voulez éviter que vos employés se démotivent et quittent, c’est important de les questionner pour savoir comment ils se sentent dans l’entreprise. Ils doivent aussi pouvoir vous évaluer comme patron», soutient-il. 

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