«On ne va jamais l’oublier» : des Montréalais commémorent l’attentat terroriste du 11 septembre | 24 heures
/bref

«On ne va jamais l’oublier» : des Montréalais commémorent l’attentat terroriste du 11 septembre

Image principale de l'article Des Montréalais commémorent le 11 septembre
Geneviève Abran

La consule générale des États-Unis à Montréal a organisé samedi une commémoration pour souligner le vingtième anniversaire des évènements tragiques du 11 septembre 2001, alors que la communauté afghane de la métropole a demandé à ne pas tomber dans l’oubli.

«La ville de Montréal, la province de Québec, la communauté de Kahnawake et tout le Canada ont pleuré avec nous et se sont depuis tenu à nos côtés», a mentionné la consule générale des États-Unis à Montréal, Ana Escrogima, lors d’une commémoration en avant-midi.  

L’évènement était organisé par le consulat des États-Unis à Montréal et s’est tenu à l’Église unie Saint-James. 

La mairesse Valérie Plante, la ministre provinciale déléguée aux Transports et de la région de Montréal Chantal Rouleau et le chef élu de Kahnawake Lindsay Leborgne étaient aussi présents. 

Douloureux malgré le temps

L’ambiance dans l’église était chargée d’émotion alors qu’on s’est souvenu des 2977 victimes de l’attentat terroriste du 11 septembre 2001, quand un avion s’est dirigé directement sur les tours jumelles du World Trade Center, dans la ville de New York. 

«Les conversations que j’ai eues avant cet événement m’ont rappelé que même si c’est arrivé aux États-Unis, [l’attentat] s’est réverbéré à travers le monde entier», a mentionné la consule générale. 

La consule générale des États-Unis Ana Escrogima lors d'une cérémonie organisée par le Consulat des États-Unis à Montréal à l'occasion des 20 ans du 11 septembre.

Geneviève Abran

La consule générale des États-Unis Ana Escrogima lors d'une cérémonie organisée par le Consulat des États-Unis à Montréal à l'occasion des 20 ans du 11 septembre.

«Je me rappelle très bien que j’étais à l’université, au tout début de mes études en affaires internationales. C’était mon deuxième jour en classe, le matin de l’attaque. Je fais partie d’une génération de diplomates dont la carrière a réellement commencé à ce moment. En tant que New-Yorkaise [...] c’est une énorme partie de ma vie», a raconté Mme Escrogima. 

Mme Escrogima a tenu à remercier les pompiers et policiers montréalais qui ont soutenu la ville américaine dans les jours suivant l’attentat. «Je suis native de New York et je suis particulièrement reconnaissante à ceux d’entre vous qui sont ici aujourd’hui, et à vos collègues, qui n’ont pas hésité à se rendre dans ma ville natale pour nous aider de toutes les manières possibles. Du fond du cœur, merci.» 

«Même après 20 ans, c’est encore douloureux, c’est encore vivant. Ça continue de nous faire mal, de nous ramener à un moment où tout s’est arrêté pour l’Occident», a expliqué Valérie Plante.  

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors d'une cérémonie par le Consulat des États-Unis à Montréal pour commémorer le 20 ans des attentats du 11 septembre.

Geneviève Abran

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors d'une cérémonie par le Consulat des États-Unis à Montréal pour commémorer le 20 ans des attentats du 11 septembre.

«La population montréalaise partage le chagrin du peuple américain», a-t-elle souligné. 

«Après 20 ans, on voit toujours [dans nos têtes] ces images qui ont été extrêmement choquantes, extrêmement troublantes, qui ont changé le monde, a mentionné la ministre Chantal Rouleau. On ne veut plus que des évènements semblables se reproduisent». 

La ministre provinciale responsable de la métropole, Chantal Rouleau, lors d'une cérémonie de commémoration organisée par le Consulat des États-Unis à Montréal.

Geneviève Abran

La ministre provinciale responsable de la métropole, Chantal Rouleau, lors d'une cérémonie de commémoration organisée par le Consulat des États-Unis à Montréal.

La communauté afghane s’inquiète

En après-midi, un rassemblement organisé par le collectif Afghan de Montréal s’est tenu au square Dorchester pour commémorer les 20 ans du drame. Une vingtaine de personnes étaient présentes pour se rappeler les évènements. 

«Nous ne devons pas oublier ce qui s’est passé aujourd’hui il y a 20 ans aux États-Unis», a lancé l’organisatrice, Malika, qui se dit «dans l’état de choc». «Nous voulons souhaiter nos condoléances à toutes les victimes». 

Les participants ont uni leur voix pour souhaiter que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme continue malgré le retrait des troupes américaines en Afghanistan. Ils ont scandé les slogans «Nous voulons la paix», «Nous ne voulons pas des talibans» et «Afghan Lives Matter» pour faire entendre leurs revendications aux passants intrigués par l’attroupement. 

«C’est sûr et certain que le 11 septembre, on ne va jamais l’oublier», a souligné Sunia, une Afghane qui vit à Montréal. Elle souhaite que les gouvernements des États-Unis et du Canada s’impliquent davantage pour contrer les talibans et protéger la population. 

«On aimerait que l’aide internationale nous appuie pour sortir ces extrémistes de l’Afghanistan», a mentionné Malika en parlant des talibans nouvellement de retour au pouvoir. 

Geneviève Abran

De nombreux Afghans craignent pour la population qui est encore dans le pays, dont la vie est à risque. 

«Les Afghans ont payé le gros prix pour un acte dont ils sont complètement innocents», considère Rachid, un homme d’origine marocaine venu en soutien à la communauté afghane. 

«Les États-Unis ont agi comme dans un film du Far West» sans se soucier des vies qui étaient impactées, croit-il. 

À lire aussi

Et encore plus