5 candidats nous expliquent pourquoi ils se présentent pour un parti qui ne gagnera (probablement) pas | 24 heures
/panorama

5 candidats nous expliquent pourquoi ils se présentent pour un parti qui ne gagnera (probablement) pas

Image principale de l'article Ils se présentent pour un parti qui ne gagnera pas
Montage 24 heures / Marilyne Houde

Aux élections fédérales de 2019, près de 98% des Canadiens ont voté pour l'un des cinq principaux partis, ne laissant que des miettes aux autres formations et aux candidats indépendants. Alors, pourquoi se présenter pour un parti qui n’a pratiquement aucune chance de gagner? On a posé la question à cinq candidats. 

Sébastien Côrriveau (CôRhino) — Parti Rhinocéros —, candidat de la circonscription de Saint-Boniface—Saint-Vital, Manitoba  

Sébastien Côrriveau (CôrRhino)

Courtoisie

Sébastien Côrriveau (CôrRhino)

Fondé en 1963, le Parti Rhinocéros n’a jamais fait élire de député à la Chambre des communes. Malgré ce bilan décevant, le parti, qui mêle politique et humour, a toujours sa raison d’être, assure son chef Sébastien Côrriveau. 

«On est là pour soulever des enjeux dont les autres partis ne parlent pas et pour montrer le ridicule de toutes sortes de choses», explique-t-il. Et quels enjeux souhaite-t-il mettre de l’avant? La réforme du mode de scrutin, par exemple. 

Et ce n’est pas parce que c’est sérieux que ça ne peut pas être drôle. Voici ce que Sébastien Côrriveau avait à dire sur Twitter à propos des changements climatiques: «Un gouv. Rhino engagera des lutteurs professionnels pour faire la prise du petit paquet aux changements climatiques!»

En se présentant pour le Parti Rhinocéros, le candidat dans Saint-Boniface, à Winnipeg — la circonscription la plus centrale au pays —, veut inciter les jeunes à s’intéresser davantage à la politique. 

Objectif personnel: Gagner — si possible — les électeurs et les conscientiser aux enjeux mis de l’avant par le parti. D'ailleurs, rien n’est impossible: dans les années 1980, deux candidats du Parti Rhinocéros avaient terminé deuxième dans leur circonscription. 

Hugo Beaumont-Tremblay — Parti Marijuana —, candidat de la circonscription de Saint-Maurice—Champlain, Mauricie  

Hugo Beaumont-Tremblay

Courtoisie

Hugo Beaumont-Tremblay

Même si le cannabis a été légalisé au Canada en 2018, pour Hugo Beaumont-Tremblay, le combat n’est pas terminé. Selon lui, les consommateurs de cannabis sont encore stigmatisés au pays. 

«On veut montrer qu’on est des gens sérieux. On se fout que quelqu’un boive une bouteille de vin chaque soir, mais notre vision change lorsqu’on apprend qu’une personne fume un joint», regrette-t-il. 

Celui qui fabrique des pipes en verre soufflé trouve les règlements entourant la vente d’accessoires servant à la consommation de cannabis trop stricts. Une autre de ses revendications: il souhaiterait que l’âge légal pour acheter de la marijuana soit abaissé à 18 ans, comme le prévoyait la Loi fédérale sur le cannabis. Cet âge a été relevé à 21 ans par le gouvernement Legault. 

Même si c’est Québec qui est responsable de la distribution et de la vente de cannabis, le candidat assure que le Parti Marijuana a sa raison d’être à Ottawa. 

«Santé Canada a affirmé que 27% des gens fument une fois ou plus par année du cannabis. Si l’on se fie à cette statistique-là, ça veut dire que le parti représente plus de Canadiens que le Bloc québécois», avance-t-il. 

Objectif personnel: Amasser 1000 votes.

Carl Brochu — candidat du Parti Patriote —, circonscription de Lévis-Lotbinière  

Carl Brochu

Courtoisie

Carl Brochu

Carl Brochu est un ancien militant du Bloc québécois et du Parti québécois. Il s’est depuis tourné vers un parti «plus jeune» qui, dit-il, «représente mieux ses valeurs».

«Représenter le Parti Patriote, c’est offrir aux électeurs ce que les autres formations indépendantistes au Parlement fédéral n’offrent pas», affirme-t-il. Au cœur de ses revendications: l’indépendance du Québec et la protection de la langue française.

Objectif personnel: Obtenir un certain pourcentage des votes (que le parti garde secret). «Nous y allons pour gagner, mais nous demeurons réalistes», admet-il. 

Lucas Munger — candidat du Parti pour la protection des animaux du Canada —, circonscription de Drummondville, Centre-du-Québec, âgé de 21 ans, il en est à sa deuxième campagne électorale   

Lucas Munger

Courtoisie

Lucas Munger

Pourquoi la politique? Il y a trois ans, il est devenu végane et cherchait une «manière de s’impliquer pour améliorer les conditions des animaux en général». 

«Je trouvais que c’était une façon intéressante de faire ma part. Les manifestations et l’activisme se font souvent dans des grandes villes comme Montréal, donc ce n’est pas possible pour moi de m’y déplacer tous les jours, explique-t-il. La politique devenait quelque chose de plus accessible.»

Selon lui, il y a «beaucoup de chemin à faire» pour améliorer la condition des animaux au pays. «Le simple fait qu’on puisse encore faire de l’élevage, ça en dit long», affirme-t-il. 

Objectif personnel: Dans un premier temps, conscientiser les électeurs à la protection des animaux et, dans un second temps, gagner sa circonscription.

Michel Leclerc — Parti Libre Canada —, candidat de la circonscription de Laurentides—Labelle, Laurentides  

Michel Leclerc

Courtoisie

Michel Leclerc

Opposé aux mesures sanitaires, Michel Leclerc déplore la «pensée unique» qui règne, dit-il, dans les autres formations politiques canadiennes. Il les accuse «de nous amener dans un transhumanisme».

Et le transhumanisme, c’est quoi? C'est ce courant qui prône l’usage de la technologie pour «améliorer» l’homme et le rendre immortel. 

Le candidat critique la gestion de la pandémie. Il s’oppose aux mesures de confinement, affirmant être pour le libre arbitre. Et en ce qui concerne les vaccins? «Je ne suis pas contre le vaccin, mais pas pour...», affirme le candidat de la circonscription de Laurentides-Labelle, dans les Laurentides. 

Il était candidat indépendant dans la même circonscription aux dernières élections. 

Son parti, qui en est à sa première campagne électorale fédérale, milite «pour la gratuité de l’éducation et la construction d’une société riche», tout en affirmant vouloir rétablir un «climat social sain». 

Objectif personnel: Gagner et accroître la visibilité du parti à travers le pays.


- Avec TVA Nouvelles

À lire aussi

Et encore plus