Il y a maintenant des arbres dans la toundra québécoise à cause du réchauffement climatique | 24 heures
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Il y a maintenant des arbres dans la toundra québécoise à cause du réchauffement climatique

Image principale de l'article Il y a maintenant des arbres dans la toundra
Benoît Tremblay/MELCC

Des arbres de près de trois mètres ont été découverts dans la toundra du Québec, un phénomène inédit dans ce désert glacial où, normalement, à cause du froid, ils ne peuvent pas pousser. Le réchauffement climatique serait en cause.

Vous souvenez-vous de vos cours de géographie du secondaire, où on apprenait qu’il n’y a pas d’arbres dans la toundra parce qu’il y fait trop froid? Cette affirmation n’est plus vraie. 

Le botaniste québécois Benoît Tremblay a découvert des épinettes noires atteignant jusqu’à trois mètres de hauteur au Nunavik, à environ 100 km de la limite de la forêt boréale, un secteur du Québec qui fait partie de la toundra arctique. 

«Certaines dépassent trois mètres de hauteur et sont formées d'une tige droite. Elles représentent donc des arbres à cette latitude», explique-t-il. 

D’après l’Encyclopédie canadienne, la toundra est une région arctique dépourvue d’arbres, caractérisée par la présence du pergélisol (un sol gelé en permanence). 

Une conséquence du réchauffement     

Pour le biologiste Serge Payette, qui étudie les effets des changements climatiques sur l’Arctique depuis plus de 40 ans, il n’y a «aucun doute» que le réchauffement climatique est en cause. 

«Il y a une courbe de température depuis pas loin des 70 dernières années, dans la région, et on constate qu’à partir des années 90, il y a eu une hausse substantielle des températures», dit-il. 

Le phénomène, découvert il y a environ trois ans, est tout à fait inédit. 

«C’est assez incroyable, souligne Serge Payette. Ç’a poussé très rapidement et certaines produisent même des cônes.» 

De petites forêts pourraient se former en quelques endroits dans cette région polaire si le réchauffement se poursuit comme on l’appréhende. 

Un signe de plus     

La présence de ces arbres n’est pas nécessairement mauvaise. Elle est seulement un signe de plus du réchauffement climatique qui s’accélère.  

«Dans 10 ou 15 ans, quand le phénomène sera bien établi, on pourra voir l’impact que ces expansions auront sur l’environnement», mentionne-t-il. 

La petite forêt découverte par Benoît Tremblay couvre environ 600 mètres carrés.  

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