Voici ce que proposent les partis fédéraux pour lutter contre la crise du logement | 24 heures
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Voici ce que proposent les partis fédéraux pour lutter contre la crise du logement

Image principale de l'article Les plans pour lutter contre la crise du logement

Contrairement au gouvernement du Québec, tous les partis canadiens reconnaissent qu’il y a une crise du logement au pays – même si les solutions qu’ils proposent pour contrer le problème sont différentes. Tour d’horizon.

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Parti libéral

Les promesses du parti de Justin Trudeau sur le logement touchent en bonne partie l’accès à la propriété. Un de ses engagements consiste à créer un programme national de location «avec option d’achat» qui permettrait à un locataire de payer un loyer moindre avec la possibilité d’acheter le logement éventuel. Un gouvernement libéral réélu doublerait par ailleurs le crédit d’impôt pour l’achat d’une première propriété. Celui-ci s’élève actuellement à 5000$. 

Pour augmenter le nombre d’appartements disponibles, le Parti libéral croit être capable de sortir de terre 250 000 logements neufs ou rénovés supplémentaires d’ici quatre ans. La formation souhaite aussi transformer des espaces de bureaux inoccupés en logements. 

Pour freiner le fléau des rénovictions, Justin Trudeau croit qu’il faut forcer les propriétaires à «divulguer le loyer reçu avant et après une rénovation». Un proprio trop gourmand – qui propose une «hausse excessive» – recevrait des pénalités. 

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Parti conservateur

Le Parti conservateur craint l’impact des investissements étrangers sur la hausse des coûts des logements. Mais le parti d’Erin O’Toole ne mise pas sur une taxe pour y remédier. Il souhaite plutôt «interdire aux investisseurs étrangers qui ne vivent pas ou qui ne viennent pas vivre au Canada d’acheter des biens immobiliers pendant une période de deux ans». 

Photo d'archives, Agence QMI

Le parti s’engage aussi à réserver 15% des bâtiments possédés par Ottawa pour en faire des logements. 

Le Parti conservateur mise fortement sur l’accès à la propriété pour libérer des espaces locatifs. En «éliminant l’exigence des tests de résistance hypothécaire quand un propriétaire renouvelle une hypothèque avec un autre prêteur», il croit pouvoir régler bien des problèmes. 

Nouveau parti démocratique      

L’objectif du NPD pour la construction de logements est ambitieux. Le parti de Jagmeet Singh souhaite créer pas moins de 500 000 logements abordables en dix ans, dont la moitié en cinq ans. 

AFP

Sans préciser quelle forme elle prendrait, la plateforme du NPD ouvre la porte au versement de montants d’«aide immédiate» aux familles qui éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts. 

À cela s’ajouterait une taxe de 20% à tout spéculateur étranger en quête de logements en territoire canadien. 

Aux aspirants-propriétaires, Jagmeet Singh et son équipe proposent d’étendre la durée des paiements hypothécaires à 30 ans, pour les acheteurs d’un premier domicile. 

Bloc québécois      

Les propositions du Bloc en matière de logement ne sont pas nombreuses. Elles occupent en fait une demi-page de la plateforme. Mais comme partout ailleurs, le parti souverainiste favorise le transfert de fonds sans condition au Québec afin que la province puisse elle-même prendre ses décisions en la matière. 

Photo AGENCE QMI, MARIO BEAUREGARD

Le Bloc favorise une hausse constante du financement fédéral pour le logement afin qu’annuellement, 1% des revenus d’Ottawa y soient alloués. 

Sans préciser à quelle hauteur, la formation politique propose aussi de taxer la spéculation immobilière. 

Alarmé par l’accélération du phénomène d’itinérance au Québec, le parti d’Yves-François Blanchet demande «sa juste part de financement, sans condition, des programmes fédéraux de lutte à l’itinérance». Les versements doivent rester au même niveau que durant la pandémie, ajoute-t-il. 

Parti vert      

Le Parti vert s’inquiète tellement de la crise du logement qu’il s’engage à déclencher sans délai une urgence nationale sur la question. S’y ajouterait la nomination d’un ou d’une ministre du Logement. 

Photo courtoisie, Parti vert

Sa solution repose d’ailleurs sur une mesure d’urgence majeure: un moratoire national sur les évictions. Sous un gouvernement vert, ce moratoire se prolongerait jusqu’à la fin de la pandémie. 

Le Parti vert propose d’agrandir le parc locatif de 350 000 places sur dix ans. De ce nombre, 300 000 espaces prendraient la forme de logements coopératifs, et 50 000 de logements avec services de soutien. 

Sans doute au grand dam de François Legault, qui a maintes fois exprimé son désaccord avec toute forme de norme nationale, la formation politique d’Annamie Paul souhaite établir des normes de contrôle des loyers et d’inoccupation. 

Des logements abordables qui se font rares     

À Montréal, le loyer moyen d’un appartement s'élevait à 891$ en 2020, selon les calculs de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), une hausse de 4,2% par rapport à l’année précédente.  

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Ce chiffre est qualifié de très conservateur par des groupes de défense des locataires – et par quiconque fait des recherches d’appartements sur Kijiji.  

Les données compilées par l’Observatoire Grand Montréal parlent, pour les logements inoccupés, d’un loyer moyen de 1198$ en 2020, une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente (910$).   

Il y a aussi la disponibilité. Le faible taux d’inoccupation (2,5%) des logements partout à travers le Québec fait en sorte qu’il peut être difficile de trouver un appartement qui convient, et c’est encore plus vrai quand on a vraiment un petit budget, qu’on doit payer son loyer seul, qu’on a des enfants ou même un chien, par exemple. Des villes sont particulièrement touchées par le manque de logements, comme Sherbrooke et Trois-Rivières, où le taux d’inoccupation est à peine de 1,3%.  

Aux yeux du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), la solution réside dans la construction en masse de logements sociaux et communautaires. Il en faudrait 300 000 sur dix ans pour combler les besoins à la grandeur du pays, soulignait récemment l‘organisme dans un communiqué de presse. 

Rappelons que pas plus tard que le printemps dernier, le premier ministre du Québec, François Legault, s’obstinait à refuser ce terme, prétextant que parler de crise «a des impacts». Au moins, les partis canadiens reconnaissent tous qu’il y a un problème! 

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