Facebook cache les effets d'Instagram sur la santé mentale des adolescents | 24 heures
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Facebook cache les effets d'Instagram sur la santé mentale des adolescents

Image principale de l'article Ses effets sur les ados connus de Facebook
AFP

Facebook est bien au fait des effets négatifs de sa plateforme Instagram sur la santé mentale des adolescents. L’entreprise a toutefois cherché à garder les résultats de ses études secrets.

Selon le Wall Street Journal, les études menées par Facebook, à qui appartient Instagram, montrent que des niveaux élevés d’anxiété et de dépression étaient liés à l’utilisation d’Instagram chez les jeunes. 

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Déjà en 2019, dans une présentation, Facebook indiquait ceci: «Nous aggravons les problèmes d’image corporelle pour une adolescente sur trois.» Dans cette même présentation, le géant du web indiquait que les adolescents blâmaient régulièrement Instagram pour l’augmentation de leur niveau d’anxiété et de dépression. 

13% des adolescents britanniques et 6% des utilisateurs américains interrogés par Facebook auraient même attribué des pensées suicidaires à l’usage d'Instagram. 

Le profit au détriment du bien-être  

À la lumière de ces révélations, Facebook est accusé de privilégier le profit au détriment de bien-être de ses utilisateurs. Pour Andry Burrows, de la Société nationale pour la prévention de la cruauté envers les enfants au Royaume-Uni, il est consternant de voir que l’entreprise n’a pas agi lorsqu’elle a été mise au courant de l’impact de son application.  

«Au lieu de travailler à la sécurité du site, ils ont fait obstruction aux chercheurs, aux régulateurs et au gouvernement et ont mené une campagne de relations publiques pour prouver le contraire», s’est-il indigné. Ses propos ont été repris par le Wall Street Journal

Les révélations du quotidien n’ont pas été contestées par Facebook. Karina Newton, directrice des règlements publics chez Instagram, a déclaré que «l’article se concentre sur des conclusions d’études limitées et les présente sous un mauvais jour».  

Elle fait aussi remarquer que les réseaux sociaux ne sont ni bons ni mauvais en soi, que leur influence varie d’un jour à l’autre, et que l’on y retrouve forcément les mêmes problèmes de société qui existent dans la vie réelle.

Selon l’entreprise, ces recherches montrent son engagement à saisir des enjeux complexes. 

Instagram réfléchit à des solutions  

Après la publication de l’article, Instagram a affirmé vouloir encourager ses utilisateurs à ne pas regarder uniquement des contenus qui font la promotion d’un corps féminin mince et athlétique. 

«Nous travaillons de plus en plus sur les comparaisons corporelles et l’image négative du corps», a indiqué Facebook. La plateforme dit aussi réfléchir à des moyens de réagir «quand nous voyons que les gens insistent sur certains types d’images».

Tiktok prend les devants  

Le géant chinois et concurrent direct d’Instagram, Tiktok, a de son côté annoncé de nouvelles fonctionnalités pour aider les utilisateurs aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Ces mesures comprennent des guides de bien-être et le soutien aux personnes qui souffrent de troubles alimentaires, en plus d’une fonction de recherche qui dirige les usagers vers des ressources d’aide s’ils cherchent des termes comme «suicide» dans l’application. 

Les nouvelles ressources devraient être déployées à l’échelle mondiale dans les mois à venir, a annoncé l’entreprise, qui a indiqué agir ainsi par souci pour la communauté.

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