C’est quoi, un «woke»? Voici ce qu’en disent les chefs de l’Assemblée nationale | 24 heures
/bref

C’est quoi, un «woke»? Voici ce qu’en disent les chefs de l’Assemblée nationale

Image principale de l'article C’est quoi, un woke? Ce qu’en disent les chefs
Photo Didier Debusschère

Woke par-ci, woke par-là: le terme est sur toutes les lèvres depuis hier. Mais c’est quoi, au juste, un woke? Difficile à dire, si l’on se fie aux chefs de l’Assemblée nationale, qui ont chacun leur point de vue sur le sujet.

• À lire aussi: Les chefs fédéraux craignent-ils les wokes?

• À lire aussi: Après s’être fait traiter de woke, GND pose... avec son wok

Tout a commencé mercredi, lorsque François Legault a accolé ce terme au co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, en plein Salon bleu

«Le chef de Québec solidaire nous parle de Maurice Duplessis. Il avait beaucoup de défauts, mais il défendait sa nation. Il n’était pas un woke comme le chef de Québec solidaire», lançait-il de l’autre côté de la Chambre.

s

L’idéologie woke faisait ainsi son entrée entre les murs du parlement québécois. Or tous les politiciens québécois n’ont pas la même définition du phénomène.

• À lire aussi: Les chefs fédéraux craignent-ils les wokes?

François Legault  

Le premier ministre du Québec a finalement donné la sienne jeudi, au lendemain de son vif échange avec «GND».

Selon M. Legault, un «meilleur mot serait “multiculturaliste”». Et s’opposer à la loi québécoise sur la neutralité religieuse ferait partie des pratiques régulières d’un woke.

«Pour moi, un woke, c'est quelqu'un qui voit de la discrimination partout», a-t-il soutenu jeudi.

Gabriel Nadeau-Dubois  

Le principal intéressé n’a pas voulu donner sa définition du wokisme jeudi. «Je ne sais pas trop ce que ça veut dire», a-t-il lancé lorsque interrogé par les journalistes.

Pourtant, l’élu de Gouin est formé en histoire et a une maîtrise en sociologie. «Parce que j'ai une maîtrise en sociologie et que j'essaie d'utiliser des mots dont je connais le sens, je n'ai aucune idée de ce que François Legault veut dire», a-t-il répondu jeudi.

Et à M. Legault qui prétend qu’un woke, «c’est quelqu’un qui veut nous faire sentir coupable de défendre la nation québécoise», M. Nadeau-Dubois répond que «la nation québécoise est assez grande pour tout le monde».

Paul St-Pierre Plamondon  

Le chef péquiste s’est mêlé au débat jeudi, lui qui dénonce depuis quelques mois les phénomènes de cancel culture et d’atteinte à la liberté académique.

«Le wokisme n’est pas un phénomène à prendre à la légère. C’est une atteinte à la démocratie», a-t-il martelé.

«C’est quoi? Ce sont des universités qui vous empêchent de dire certains mots, ou d’étudier, ou de poser certains arguments. Ce sont des accusations de racisme infondées et calculées. C’est une organisation de la société qui est basée sur la couleur de la peau plutôt que sur des règles qui s’appliquent à tous, peu importe nos différences», a-t-il dit.

Dominique Anglade  

La cheffe du Parti libéral du Québec n’a pas donné sa définition du mot, jeudi, mais elle a dénoncé l’attitude du premier ministre en Chambre.

«Il faut élever le débat. Je sais que M. Legault n’aime pas les gens qui ne pensent pas comme lui. Mais c’est une réalité, et ça ne sert à rien de rendre le débat personnel», a-t-elle signifié.

À lire aussi

Et encore plus