SpaceX envoie des touristes dans l’espace pendant 3 jours | 24 heures
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SpaceX envoie des touristes dans l’espace pendant 3 jours

Image principale de l'article Des touristes dans l’espace pendant 3 jours
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C’est un moment historique: quatre touristes spatiaux américains se sont envolés hier soir dans l’espace à bord d’un vaisseau de SpaceX, sans astronaute professionnel. Ils passeront trois jours en apesanteur.

La fusée Falcon 9 a décollé à l’heure prévue, 20h02, heure locale, au centre spatial Kennedy, en Floride, dans un grondement et une boule de feu illuminant la nuit.

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Quelques minutes plus tard, le premier, puis le second étage de la fusée se sont séparés, laissant la capsule Dragon et ses passagers seuls dans le cosmos.

«Peu y sont allés avant et beaucoup vont suivre. La porte s’ouvre maintenant, c’est assez incroyable», a déclaré de l’intérieur de la capsule le milliardaire Jared Isaacman, commandant de la mission, après avoir atteint l’espace.

C’est le projet de tourisme spatial le plus ambitieux à ce jour, puisque les voyageurs doivent dépasser la Station spatiale internationale(ISS) pour atteindre une orbite prévue de 575 km. Ils feront chaque jour environ 15 fois le tour du globe. 

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Les derniers vols spatiaux du genre, ceux de Blue Origin et de Virgin Galactic, des milliardaires Jeff Bezos et Richard Branson, s’étaient aventurés à peine plus loin que la ligne de Karman, limite officielle de l’espace, à 100 km au-dessus de la surface de la Terre. Ces vols n’avaient duré que quelques minutes. 

Tout au long de leur séjour, les touristes de SpaceX pourront profiter d’une vue spectaculaire à travers un dôme de verre installé pour la première fois sur le vaisseau Dragon.

Baptisée «Inspiration4», la mission est censée incarner un pas vers une démocratisation de l’espace, en prouvant que le cosmos n’est pas réservé qu’à des équipages d’astronaute triés sur le volet et formés pendant des années. 

Aucun professionnel à bord  

La mission a été financée par Jeff Isaacman, 38 ans, un pilote d’expérience qui a fait fortune avec une compagnie de traitement de paiements qu’il a démarrée adolescent. On ne sait pas combien il a dû débourser, mais le prix se compterait en dizaines de millions de dollars. 

Jeff Isaacman

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Jeff Isaacman

Il a d’ailleurs offert les trois autres places disponibles à des inconnus. 

Hayley Arceneaux, une jeune femme de 29 ans rescapée d’un cancer, est devenue la plus jeune Américaine à se rendre dans l’espace. C’est aussi la première à s’y rendre avec une prothèse (de fémur). 

Elle se sert d’ailleurs de la mission pour amasser des fonds destinés à l’hôpital pédiatrique de St Jude, à Memphis, dans le Tennessee, où elle travaille maintenant après y avoir été soignée enfant. Divers objets se trouvent à bord du vaisseau et seront ensuite mis aux enchères.

Chris Sembroski, 42 ans, est un ancien de l’armée de l’air américaine qui travaille désormais dans l’industrie aéronautique.

Enfin, Sian Proctor, professeure de 51 ans, avait failli devenir astronaute pour la NASA en 2009. Elle n'est que la quatrième femme afro-américaine à aller dans l’espace. Un exploit qu’a souligné l’ancienne première dame Michelle Obama sur les réseaux sociaux. «C’était un honneur de discuter avec Sian Proctor, a-t-elle écrit sur Twitter peu après le décollage. Je pense à tous ces jeunes qui lèveront les yeux vers cet équipage et rêveront grand grâce à eux.»

Une formation accélérée  

Pour SpaceX et le milliardaire Elon Musk, il s'agit d’un premier pas vers le rêve de voir l’humanité conquérir et coloniser l’espace. 

Les données biologiques des participants et leurs capacités cognitives seront analysées et comparées avec les données recueillies avant le vol, pour aider à comprendre l’effet de l’environnement spatial sur des novices. 

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Puisque le vol devrait rester entièrement automatisé et que les participants n’auront pas à se soucier du pilotage, l’entraînement n’a duré que six mois. L’équipe de SpaceX a cependant été formée pour être capable de prendre le contrôle à distance en cas d’urgence. 

Pour se préparer, ils ont entre autres effectué une randonnée dans la neige jusqu’à plus de 3000 mètres d’altitude, en plus de supporter la force g d’une centrifugeuse (un long bras en rotation rapide) et de vols en jet. 

Longuement opposée aux vols touristiques dans l’espace, la NASA semble s’être résignée à accepter l’inévitable. Le patron de l’agence a félicité la mission et s’est dit optimiste pour l’avenir.

«Nous sommes impatients face à l’avenir, un avenir où la NASA n’est qu’un client parmi de nombreux autres dans le secteur spatial commercial» a-t-il «tweeté». 

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