Une candidate de Longueuil Ensemble radiée du Barreau à trois reprises | 24 heures
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Une candidate de Longueuil Ensemble radiée du Barreau à trois reprises

Une autre candidate du parti Longueuil Ensemble cache un passé trouble. De multiples sanctions ont coûté à l’avocate Lydie Olga Ntap trois radiations du Barreau du Québec au début des années 2000, a appris le 24 heures.

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Mensonges, négligence, pratique illégale de la pratique d’avocate : Lydie Olga Ntap, candidate du district Fatima-du-Parcours-du-Cerf à Longueuil, a été sanctionnée à plusieurs reprises par des conseils disciplinaires entre 1998 et 2007, selon des documents juridiques consultés par le 24 heures.

L’avocate spécialisée en droit criminel, des affaires et de la jeunesse a été blâmée à quatre reprises par le conseil de discipline du Barreau et a été condamnée 5 fois devant la Cour des petites créances pour avoir négligé des mandats qui lui ont été confiés et pour avoir prétendu être avocate lors de sa période de radiation.

Un début de carrière tumultueux

Questionnée sur son passé, la candidate au poste de conseillère municipale a souligné un début de parcours difficile, marqué par un «divorce tumultueux, une dépression longue durée documentée et la perte de [sa] mère.»

«Certes en début de pratique en 1996, j’ai fait des erreurs de jugements par manque de confiance en moi et d’expérience : tellement peu de noirs en droit à l'époque, zéro modèle et aucun mentor», a expliqué Mme Ntap au 24 heures.

Malgré ces condamnations, l’avocate mentionne faire preuve de «probité et de bonnes mœurs» en tant que membre en règle du Tableau de l’ordre des avocats. «Il est évident que j’ai passé le test (...) Je suis fière membre du Barreau et participe à chaque jour à la respectabilité de la profession et à l’administration de la justice.»

La candidate souligne également que plusieurs «personnes clés» qui la côtoient sont en mesure de valider qu’elle est «franche, directe, sincère et engagée pour [sa] communauté.»

L’avocate, qui est aussi muséologue et fondatrice du Musée de la Femme situé à Longueuil, n’est pas la seule candidate du parti de Josée Latendresse à l'historique controversé. Farid Salem, un autre candidat du parti Longueuil Ensemble, a récemment été montré du doigt pour avoir adhéré au groupe d’extrême droite La Meute en 2017.

Selon le dernier sondage de la firme Mainstreet, Josée Latendresse récolte 9,8% des intentions de vote en vue des élections du 7 novembre prochain. Rappelons qu’en 2017, cette dernière avait perdu l’élection par seulement 110 voix contre l’actuelle mairesse Sylvie Parent, qui ne se représente pas.

Radiée au bout de deux ans

Les faits remontent à mai 1998, année où Mme Ntap est radiée du Barreau une première fois pour ne pas s’être conformée aux exigences de son ordre, deux ans seulement après être devenue membre. Elle devient alors consultante en immigration et représente des clients devant le Tribunal administratif du Québec.

Les choses se corsent en 2002, alors qu’elle est reconnue coupable d’avoir exercé illégalement la pratique d’avocate à deux reprises. Elle se présente alors comme «avocate/conseil», distribue des cartes d’affaires portant l’inscription «avocate» et a même donné des avis en droit civil au moment où elle était radiée de ordre professionnel.

Négligence et mandats non exécutés

C’est entre 2002 et 2004 que quatre plaintes pour «appropriation et négligence» envers des clients lui valent deux radiations consécutives de cinq mois. On lui reproche notamment de s’être approprié plusieurs milliers de dollars en avances d’honoraires de clients «peu fortunés et fragiles en raison de leur statut incertain face à l’immigration canadienne», selon la décision rendue. Elle aurait aussi fait preuve de négligence en n’exécutant pas les mandats reçus en plus d’avoir falsifié des signatures.

Lors du conseil de discipline, on lui reproche de n’«avoir rien fait pour indemniser les victimes» dans un délai raisonnable, d’«avoir menti» en faisant croire qu’elle avait rempli les mandats demandés et d’avoir «tenté de détruire la réputation et la crédibilité» de l’un de ses ex-clients. Le Comité de discipline souligne également «le peu de sens éthique» de l’avocate en regard des avances d’honoraires, «une faute grave qui touche à l’essence même de [la] profession, soit l’intégrité.»

L’avocate a également fait l’objet de six recours devant la Cour des petites créances entre 2001 et 2007 pour des mandats en matière d’immigration. Dans cinq cas sur six, la Cour a donné raison aux clients de Me Ntap qui a fait preuve de négligence en n’exécutant pas les mandats reçus pour lesquels elle a été payée.

Au moment de l’audience du comité de discipline, Lydie Olga Ntap a affirmé regretter les événements qui se sont produits à un moment où elle vivait des problèmes matrimoniaux et divers ennuis de santé. Âgée de 35 ans au moment des faits, elle s’est dite prête à «effectuer un nouveau départ dans la vie, sans toutefois oublier son passé.»