L'investissement d'un parent immigrant: l'exemple de Leylah Annie Fernandez | 24 heures
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L'investissement d'un parent immigrant: l'exemple de Leylah Annie Fernandez

Image principale de l'article Ces immigrants qui bûchent pour leurs enfants

Pour monsieur-madame-tout-le-monde, la définition d’investissement rime avec REER, CELI, REEE, immobilier, bourse... Mais pas pour une majorité de parents immigrants qui ont quitté leur pays sans un sous. Pour eux, le mot investissement s’arrête à leurs enfants.   

La jeune joueuse de tennis Leylah Annie Fernandez, qui a récemment accédé à la finale des internationaux de tennis des États-Unis, en est un exemple parfait.  

Lorsque j’ai regardé le documentaire de Radio-Canada Podium : L’histoire au-delà de la performance, sur la vie de Leylah en Floride, les larmes m’ont envahie en quelques secondes.  

Ce struggle. Je le connais.  

Son père et entraîneur Jorge Fernandez fait partie de ces immigrants qui bûchent pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants.  

« Je suis né en Équateur. Je suis arrivé avec ma mère. Le Québec a été notre pays d’adoption et ç’a été très difficile au commencement. Je n’ai pas voulu que ce soit l’histoire de mes filles », raconte M. Fernandez, la voix brisée par les émotions.  

Le père de famille se consacre à cent pour cent au tennis de ses filles puisque Leylah a aussi une petite sœur qui évolue dans ce sport.  

Les parents racontent leur déménagement en Floride dans un tout petit appartement.  

On apprend que M. Fernandez n’a pas eu le choix de vendre sa voiture pour financer les tournois.  

« On n’a pas de REER, on n’a pas d’hypothèque, on n’a pas de maison, on n’a rien. Ce qu’on a, on l’a dévoué dans le tennis », confie-t-il.  

Les sacrifices qui valent l’investissement   

Ces histoires, il y en a des milliers et j’en fais partie.  

Tout comme le paternel de Leylah, ma mère a su reconnaitre ma passion pour les communications et l’écriture.  

« Tu peux tout réussir Anne-Lovely. Tu dois juste y mettre ton coeur et travailler deux fois plus dur que les autres. L’argent, je m’en occupe », me disait-elle, confiante.  

C’est comme ça que Manmi a investi dans mon éducation en m’inscrivant dans les meilleures écoles de la province : je suis diplômée du Collège Sainte-Anne-de-Lachine et du Collège Jean-de-Brébeuf.  

Pour tous ces sacrifices, je me sens redevable. Ma maman sait qu’elle pourra toujours compter sur moi, dans toutes les sphères de sa vie, y compris financièrement.  

Leylah le reconnaît également. Après avoir atteint la finale du tournoi majeur US Open, les portes des commanditaires s’ouvrent enfin et sa popularité attire déjà les meilleurs entraîneurs. Mais pas question de laisser son père de côté.  

« Il est la personne qui me connaît le plus. Il est celui qui était là depuis le début. Je lui fais confiance à 100%. Qu’importe ce qui arrivera, mon père sera toujours présent », a-t-elle souligné la semaine dernière en conférence de presse.  

Et lorsqu’un journaliste lui a demandé comment sa bourse du US Open d’une valeur de plus d’un million de dollars allait changer sa vie, elle a simplement répondu :  

« Les sacrifices de mes parents me motivent à faire plus. Je ne pense pas à l’argent. Je veux juste jouer le mieux possible et me rendre le plus loin. »  

Le Canada, terre des opportunités  

Pour moi, c’est ça le Canada : le pays des opportunités.  

Sur les ondes de TSN, ému, M. Fernandez s’est dit fier de représenter ce pays, sur tous les terrains de tennis du monde, car cette terre lui a donné la chance, non seulement de rêver, mais de réaliser les rêves de ses filles.  

Alors qu’on vient juste de se rendre aux urnes, guys, quelles que soient vos allégeances politiques, arrêtez-vous un moment et pensez à la chance qu’on a de pouvoir voter, de pouvoir s’éduquer, de pouvoir atteindre de hauts sommets...C’est également ça l’investissement de chaque parent immigrant : léguer à la société canadienne des citoyens dignes et accomplis.