Permis d’études en retard: des étudiants étrangers obligés de mettre leur rêve sur pause | 24 heures
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Permis d’études en retard: des étudiants étrangers obligés de mettre leur rêve sur pause

Image principale de l'article Pas de permis, ils doivent annuler leur session

Le retour en classe a déjà sonné pour tout le monde, sauf pour les nombreux étudiants étrangers qui attendent toujours leur permis d’études. Plusieurs d’entre eux ont même été forcés d’annuler leur session et de mettre leur rêve sur pause.

«Pour moi, c’était un rêve, de venir étudier en Amérique du Nord», lance Aniss Yazid, au bout du fil. L’Algérien de 28 ans devait commencer à la fin de l’été sa maîtrise en génie de la construction à l’École de technologie supérieure (ÉTS).  

Mais il a dû mettre son plan sur la glace, parce qu'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) tarde à traiter sa demande de permis d’études. 

Celui qui espère pouvoir commencer à l’hiver 2022 n’en est pas à son premier obstacle. En mai, il avait essuyé un revers, sa demande ne satisfaisant pas aux exigences de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Il a finalement retenté sa chance le 15 juin dernier.  

Cette deuxième demande a été consultée le 27 juin dernier, mais Aniss est toujours sans nouvelles du gouvernement fédéral.   

Pas le seul      

Amira se retrouve dans une situation semblable. L’Algérienne de 28 ans, qui est ingénieure pour une multinationale, souhaite venir s’établir au Québec pour terminer une maîtrise en gestion de projets et ingénierie à l’ÉTS.  

Comme Aniss, elle avait reçu une première réponse négative d'IRCC en mai. Sa deuxième demande, envoyée le 13 juin dernier, est toujours sans réponse. Elle a dû reporter le début de sa maîtrise à l’hiver 2022.  

Amira a tenté à plusieurs reprises d’obtenir des réponses d’IRCC, sans succès.  

Pourquoi se «casser autant la tête?» se demande celle qui songe maintenant à abandonner son projet d’études au Canada. «Rester dans le flou, ça pèse énormément sur le moral», mentionne l'Algérienne.  

«Je me sens non désirée et je songe à aller ailleurs, où il y aura moins de cassement de tête et moins de coûts», regrette-t-elle.  

Les effets de la pandémie      

IRCC explique que «la pandémie a eu des répercussions importantes sur le système d’immigration du Canada», tout en disant comprendre «le sentiment de frustration qu’éprouvent les demandeurs en ces moments difficiles».  

Le nombre de demandes aurait significativement augmenté cette année par rapport à 2020. Du 1er janvier au 30 août 2021, 370 000 demandes de permis d’études ont été traitées, contre 100 000 demandes à la même période l’an dernier. 

IRCC s’engage à traiter toutes les demandes formulées après le 15 mai le plus rapidement possible, sans toutefois pouvoir donner de date.  

Ce ne sont pas les seuls impacts de la pandémie. Pour pouvoir déposer sa demande auprès d’Ottawa, Laurine, une étudiante française de 18 ans, devait obligatoirement faire prendre ses empreintes digitales et les acheminer à IRCC. Mais, pandémie oblige, tout était fermé en France.  

Photo d'archives, Agence QMI

Après des semaines d’attente, elle a finalement pu envoyer sa demande le 30 juillet, avec ses données biométriques. Mais il était trop tard. Après avoir reporté son voyage en avion à deux reprises, elle a dû se rendre à l’évidence et annuler sa première session au baccalauréat en administration des affaires à l’UQAM.  

«Toute la famille était préparée, elle était très enthousiaste», raconte sa mère, Sandrine.  

De l’espoir... malgré tout      

Aniss Yazid garde un «petit espoir» de recevoir une réponse dans les prochains jours. Il pourrait ainsi venir s’installer à Montréal à temps pour commencer sa maîtrise en hiver.  

«Il faut avoir le moral solide, d’attendre sans rien faire», souligne celui qui travaille actuellement dans le vignoble familial, en Algérie.  

Laurine prend elle aussi son mal en patience. «Il faut être patient, parce que ce qu’on vit est mondial», mentionne sa mère. Toutes deux espèrent avoir une réponse positive d’ici octobre. «C’est quelque chose que nous ne contrôlons pas et les choses vont s’améliorer.» 

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