Crise du logement et étudiants: «Je travaille 35 heures par semaine et je suis ''short'' à la fin du mois» | 24 heures
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Crise du logement et étudiants: «Je travaille 35 heures par semaine et je suis ''short'' à la fin du mois»

Avec la crise du logement et l’inflation qui fait gonfler le prix de l’épicerie, être étudiant et vivre sans aide financière peut relever de l’exploit. Même en travaillant à temps partiel, étudier à temps plein et se loger décemment est loin d’être facile. 

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Cheyenne est une étudiante en journalisme de 26 ans qui vit en colocation. L’étudiante travaille un maximum de 20 heures par semaine en raison de son permis d’études sans compter ses neuf heures de stage et ses cinq cours. 

«J’ai souvent eu l’impression de vivre dans un engrenage job et études et de ne faire que ça, mais si on me proposait de faire plus d’heures, j'accepterais. Ce ne serait pas raisonnable mentalement et physiquement, mais je culpabiliserais si je ne le faisais pas», note l’étudiante. 

Après le loyer et ses dépenses récurrentes, Cheyenne a une marge d’à peine 150$ et dit piger régulièrement dans son compte épargne. 

D’aussi loin qu’il se souvienne, Olivier, un étudiant en informatique de 25 ans, a toujours combiné les études à temps partiel et un emploi étudiant à 35 heures par semaine. 

«Je n’ai jamais connu autre chose, c’est banal. J’ai fait ce choix-là pour m’offrir un niveau de vie plus élevé sans être au pied du mur et pour m’acheter des fruits à l’épicerie sans me poser de questions», confie le jeune homme. 

Olivier l’admet: même en travaillant 35 heures par semaine à un revenu supérieur au salaire minimum, il se considère short

«J’ai la chance de payer un 3 1⁄2 à 668$ par mois à Montréal, mais j’ai des stress financiers malgré tout. Je me demande vraiment comment les gens font en travaillant 15 heures par semaine», dit-il. 

20h par semaine maximum 

Consacrer un temps raisonnable aux études, travailler suffisamment pour vivre et se divertir pour ne pas péter au frette, voilà une équation complexe.  

Il ne faudrait théoriquement pas excéder 20 heures de travail par semaine pour ne pas nuire à son rendement scolaire, relève une étude menée par le projet ICOPE du réseau des Universités du Québec.  

Le truc, c’est que 15 à 20 heures par semaine au salaire minimum ne rend pas riche comme Crésus.   

Budget type 

Prenons l’exemple d’un étudiant qui travaillerait 20 heures par semaine au salaire minimum, soit 13,50$ l’heure.  

Ses revenus bruts tourneront autour de 1080$ par mois, soit environ 880$ net si l’on suppose 20% de déductions.  

Disons que ce même étudiant loue une chambre de 450$ dans un quatre et demi, le tout basé sur le prix moyen de 903$ pour un logement de deux chambres à Montréal selon le dernier rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). 

Dans ce cas fictif, 51% du revenu de l’étudiant lui sert uniquement à se loger, alors qu’on conseille généralement de ne jamais consacrer plus de 30% de son salaire au logement. 

Il est évident qu’avec la flambée des prix des logements, trouver l’équilibre entre les études, le travail et le coût de la vie est plus fastidieux que jamais. À Montréal, le loyer moyen de 891$ a augmenté de 4,2% dans la dernière année alors qu’à Québec, le loyer moyen de 874$ a connu une augmentation de 2,7%, toujours selon le rapport de la SCHL.