Stéphanie Labbé, la gardienne de but héroïque de l’équipe canadienne, a souffert d’anxiété et de crises de panique à Tokyo | 24 heures
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Stéphanie Labbé, la gardienne de but héroïque de l’équipe canadienne, a souffert d’anxiété et de crises de panique à Tokyo

Image principale de l'article Stéphanie Labbé a souffert de crises de panique
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Stéphanie Labbé, la gardienne de but héroïque de l’équipe canadienne de soccer qui a remporté l'or à Tokyo, a souffert d’anxiété et de crises de panique pendant les Jeux. Une fois la compétition terminée, elle a même dû passer deux jours «allongée dans une pièce sombre».

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L'athlète se confie sur ses problèmes de santé mentale sur le site de la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (FIFPRO)

Une blessure comme élément déclencheur   

L'anxiété est apparue à la suite d'une blessure lors du premier match de son équipe aux Jeux, raconte-t-elle. 

«À Tokyo, j'ai souffert d'une blessure douloureuse lors du premier match et j'ai fait des allers-retours à l'hôpital pour passer des tests, essayer d'évaluer les dégâts et savoir si je pouvais encore jouer ou non, mais, à l'intérieur de moi, une lutte totalement différente se dessinait.»

«Qui aurait pensé que cette blessure allait réveiller une vulnérabilité sous-jacente dans mon état mental?» poursuit-elle. 

«Mon adrénaline était si forte et mon système neuromusculaire si bien réglé que j'ai eu du mal à me calmer entre les matchs, ce qui a entraîné des niveaux élevés d'anxiété et de multiples crises de panique. J'en suis arrivée au point où je n'ai pas pu m'entraîner entre les quarts et la finale, tellement j'étais surstimulée.»

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Et même après avoir arrêté le dernier ballon pendant les tirs de barrage en finale, et une fois le match terminé, elle n'a ressenti aucun soulagement. L'anxiété était toujours bien présente. 

«J'avais beau vouloir me détendre et faire la fête avec mes coéquipières, je n'arrivais pas à redescendre de cet état d'éveil et j'ai passé les 48 heures qui ont suivi la finale allongée dans une pièce sombre», explique-t-elle. 

«On a parfois l'impression que notre santé mentale est directement liée à nos performances sur le terrain et, même si je comprends que c'est un facteur, ce n'est pas tout», poursuit celle qui joue avec le Paris Saint-Germain (PSG), en France.

«Après avoir soulevé le trophée, et une fois que les supporters ont cessé d'applaudir, un joueur peut se sentir complètement démuni. C'est à ce moment-là que nous avons le plus besoin de soutien, que nous sommes de simples êtres humains», conclut-elle. 

Dépression et anxiété dans le passé  

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Ce n'est pas la première fois que la gardienne de but se confie sur sa santé mentale. Elle avait vécu des épisodes de dépression et d’anxiété après les Jeux de Rio, en 2016. Dans une entrevue avec le Comité olympique canadien, elle a raconté avoir passé des «journées à pleurer». 

«Ce dont je veux qu'on se souvienne de moi, c'est l'authenticité. En parlant et en étant moi-même, je veux montrer que tout le monde prend des chemins différents, des voies uniques pour être soi-même.»