Le poids, c'est vraiment lourd | 24 heures
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Le poids, c'est vraiment lourd

BILLET - Du plus loin que je me souvienne, mon poids a toujours fait de l’ombre à l’acceptation saine de mon corps. L’histoire d’Alice, cette étudiante du cégep qui a dénoncé une pesée imposée dans son cours d’éducation physique, m’a non seulement replongée dans mes vieux démons, mais m’a longuement fait réfléchir...

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Le poids, je le vois comme Voldemort. C’est le chiffre qu'on ne doit jamais prononcer tout haut. 

Je me souviens à l’âge de 13 ans, ma mère (je sais, je parle trop souvent d’elle) m’a amené chez le médecin. Je pesais 100 livres. Le pédiatre avait fortement conseillé à maman de me mettre au régime. Selon lui, j’étais en surpoids. 

Strike 1.

Puis, au secondaire, dans un collège privé, je suis arrivée avec mes formes. J’avais le corps d’une femme de 20 ans. Je n’étais pas comme mes amies (pour la plupart blanches qui n’avaient ni hanches ni fesses ni seins). 

C’était les années 2000, où l’on glorifiait la minceur de Kate Moss et le ventre plat de Britney Spears. Moi, j’étais du style Beyoncé, bootylicious, you know. Pour mes amies et les garçons, ça allait. Pour moi, pas du tout. J’ai commencé à me peser...

Strike 2.

À 23 ans, j’ai vécu une sorte de burn out. J’ai perdu 30 livres en trois mois et je n’avais jamais reçu autant d’éloges par rapport à mon poids. J’ai déniché un pèse-personne et je me pesais tous les jours, question de m’assurer de maintenir mon «poids beauté».  

Strike 3.

Depuis, la notion du poids ne m’a plus jamais quittée et je trouve ça tellement toxique.

Un poids, plusieurs mesures  

Mon histoire n’a absolument rien d’extraordinaire. Tout le monde a vécu des histoires traumatisantes sur son poids.

Une bonne amie à moi m’a raconté que son premier amoureux (elle n’avait que 16 ans) lui avait tout bonnement dit qu’elle avait pris trop de poids à son goût. 

Ce n’est pas les affaires de ton conjoint.e de surveiller ton poids.

Marilou de Trois fois par jour m’a confié sur les ondes de mon balado à QUB radio qu’elle recevait des messages haineux sur son poids parce qu’elle était «trop mince» après avoir eu son deuxième bébé. 

Woh, minute! Ce ne sont pas les affaires des internautes de critiquer ton poids.

Un mec sur Tinder a exprimé à une amie qu’il recherchait plutôt le type mannequin que son type à elle... Dude, pas nécessaire.

Et là cette semaine, Alice, cette cégépienne humiliée, qui a dû faire face au poids lourd de la pesée devant ses camarades de classe... Dieu merci, cette pratique est bannie dans les institutions scolaires au primaire et au secondaire depuis 2017.

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Bottom line, s’il-vous-plaît, mêlez-vous de vos affaires. 

Se faire rappeler constamment que son poids n’est pas ce qu’il doit être, c’est d’encourager une obsession ou développer un complexe, qui peut aller jusqu’aux troubles alimentaires : je rappelle que le nombre de demandes chez Anorexie et boulimie Québec a augmenté de 128% cette année. 

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La génération Z et la diversité corporelle  

Dans cette nouvelle ère, où la génération Z célèbre la diversité corporelle, je pressens un vent d’espoir. 

Au-delà des corps sabliers à la Kylie Jenner ou Kim Kardashian, qui tapissent les réseaux sociaux, je m’abonne aux comptes des modèles extraordinaires qui font la promotion de l’amour de soi et des louanges du corps tel qu’il est. 

Des vedettes internationales comme l’actrice Barbie Ferreira (que j’ai adorée dans la série Euphoria) montrent la beauté sous toutes ses facettes. La chanteuse Camila Cabello embrasse son gain de poids et sa cellulite. 

Au Québe, sur Instagram, la question du poids n’épargne personne. Je suis tout autant inspirée par Karl Hardy qui incarne le body positivism que par Elizabeth Rioux qui décide d'utiliser ses atouts physiques pour faire grandir sa compagnie, malgré les critiques sévères sur son corps.

@karl_hardy

Tag tes BFFs pour leur rappeler qu’ils/elles sont ✨fabulous et sexy✨ peu importe le facteur humidex! You can do this queen!

♬ Come Clean - Hilary Duff

Le culte du corps parfait est loin d’être terminé, mais il y au moins quelques batailles de gagnées. 

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