Ça coûte en moyenne 18 000$ par an pour parrainer un seul réfugié | 24 heures
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Ça coûte en moyenne 18 000$ par an pour parrainer un seul réfugié

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Photomontage: Marilyne Houde / Crédit photo: AFP

Le retour du régime des talibans a conduit le Canada à ouvrir ses frontières pour accueillir 20 000 Afghans. Depuis, des milliers de Québécois répondent à l’appel du programme de parrainage privé de réfugiés immigrants. Mais si on a la volonté de se lancer dans l'aventure, encore faut-il avoir le profil financier d'un parrain pour répondre aux charges monétaires.

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Avant de déposer une demande de parrainage, il faut d’abord et avant tout tenir en compte des coûts à prévoir. 

«Il en coûte en moyenne 18 000$ pour une année pour parrainer un seul réfugié», explique Neal Santamaria, coordonnateur au Volet Parrainage à l’organisation TCRI (Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes). 

Pendant une année entière, les parrains sont entièrement responsables de la personne ou des personnes réfugiées et doivent débourser les frais de transport, les frais médicaux et de scolarité et des biens essentiels tels que la nourriture et les vêtements, précise M. Santamaria.

«Ce qui est bien, c’est qu’il existe un programme de santé intérimaire au Québec qui permet de couvrir les opérations urgentes seulement, explique-t-il. En revanche, le reste est à la charge des parrains. Pensez aux gens qui traversent des traumatismes liés à la guerre ou une dépression parce qu’ils sont séparés de leur famille», soulève-t-il. 

À noter qu’une demande de parrainage privé auprès d’un organisme ne coûte rien, idem si on produit la demande soi-même.

Pas possible de parrainer seul

Il faut savoir qu’il n’est pas possible de parrainer seul. Le programme de parrainage collectif au Québec indique qu'un minimum de deux personnes est requis.

«Dans ce programme, un groupe de maximum cinq personnes peut parrainer des réfugiés. Il peut survenir des problématiques compliquées et pour les accompagner financièrement, c'est mieux», précise M. Santamaria.

C’est pourquoi le ministère de l’Immigration, Francisation et Intégration Québec évalue la capacité financière des futurs parrains : «Vous devez démontrer que vous avez disposé au cours des douze derniers mois des ressources financières suffisantes et que vous continuerez de disposer de ces ressources pendant toute la durée de l'engagement.»

On y calcule donc le salaire annuel brut par année et les revenus requis pour satisfaire aux besoins essentiels de la personne à parrainer et des membres de sa famille qui l'accompagnent. 

«On regarde tout : de la maison, au type d’emploi que vous occupez et même vos habits», indique M. Santamaria.

Les Québécois tout de même au rendez-vous depuis 40 ans

Il y a entre 1300 et 1400 Québécois qui se portent volontaires au parrainage collectif chaque année et ce, malgré les longs délais de traitement (soit deux à trois ans pour l’acceptation d’une demande de parrainage), le processus ardu qui comporte une sélection par tirage au sort et les coûts considérables du parrainage. 

Même si pratiquement tout est à la charge des parrains, Neal Santamaria reçoit chaque jour un bon nombre de courriels de citoyens qui souhaitent parrainer. L'intérêt est encore plus marqué depuis le tremblement de terre en Haïti, le 14 août dernier, et la situation politique en Afghanistan. 

«Ce sont des personnes très motivées car c’est un parcours rempli d’obstacles. Depuis 40 ans, avec l’arrivée des boat people, les Québécois ont toujours répondu présents. C’est avant tout une magnifique aventure avec de vraies histoires humaines», conlut M. Santamaria.