Journée du chandail orange et Journée nationale de la vérité et de la réconciliation: ce qu’il faut savoir | 24 heures
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Journée du chandail orange et Journée nationale de la vérité et de la réconciliation: ce qu’il faut savoir

Aujourd'hui, c'est la Journée du chandail orange, mais c'est aussi la toute première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation à la mémoire des victimes et des survivants des pensionnats pour Autochtones. Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette journée de commémoration et ce nouveau jour férié fédéral.

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L’histoire derrière la Journée du chandail orange  

En 1973, la jeune Phillis Webstad, de la nation Xgat’tem stswecem’c, en Colombie-Britannique, se préparait à aller passer sa première année dans un pensionnat autochtone. Sa grand-mère lui avait offert un chandail orange pour l’occasion. Mais tous ses effets personnels lui ont été arrachés, y compris son chandail orange. La survivante du pensionnat ne l’a jamais revu.

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Il s’agit là d’un «symbole de la rupture des liens familiaux et culturels, l’un de plusieurs gestes déshumanisants qu’ont subis Phyllis ainsi que des milliers d’enfants», selon le comité Justice et enjeux autochtones de l’Université Laval. 

Pourquoi le 30 septembre?  

Le 30 septembre n’a pas été choisi au hasard: c’est autour de cette date que les enfants autochtones étaient envoyés dans les pensionnats. Les communautés autochtones au pays ont souligné cette journée pour la première fois en 2013.

Congé dans certaines provinces  

C'est aussi la date qui a été retenue par les parlementaires canadiens qui ont adopté à l’unanimité la loi C-5 faisant du 30 septembre la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Nous la célébrons cette année pour la première fois.

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Triste coïncidence: l’adoption de cette loi est survenue quelques jours seulement après la découverte, par la nation Tk'emlúps te Secwépemc, des ossements de 215 enfants autochtones sur le site d’un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique. 

Si tous les employés sous juridiction fédérale profitent d’une journée de congé (fonction publique fédérale, banques, aéroports, Postes Canada, etc.), plusieurs provinces n'ont pas emboîté le pas. Le Québec, l’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick ont tous rejeté l’idée de faire du 30 septembre un jour férié.

En revanche, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador, le Manitoba, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest ont imité le fédéral. Le Nunavut observera ce jour férié à compter de 2022.

La Colombie-Britannique a pour sa part recommandé au secteur public et aux écoles de fermer leurs portes, bien qu'il ne s'agisse pas d'un jour férié en bonne et due forme. 

Des engins de «génocide culturel»  

Les pensionnats pour Autochtones, qui ont été opérationnels des années 1830 jusqu'en 1996, ont été mis en place en majeure partie par l’Église catholique, au nom du gouvernement canadien. Quelque 150 000 enfants autochtones, inuits et métis ont été amenés de force dans 139 établissements à travers le pays. On estime que 4100 enfants sont morts dans les pensionnats, de mauvais traitements ou de maladie.

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Selon le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, les pensionnats autochtones ont été utilisés par l’Église catholique, puis par le gouvernement fédéral, pour commettre un véritable «génocide culturel».