Le milieu carcéral a été durement touché pendant la pandémie, selon la protectrice du citoyen | 24 heures
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Le milieu carcéral a été durement touché pendant la pandémie, selon la protectrice du citoyen

Image principale de l'article 5 constats sur la situation des détenus en prison
Photo d'archives, AFP

Les ministères et organismes publics du Québec doivent «redoubler d’humanité et d’empathie», après plus d’un an et demi de pandémie, selon la protectrice du citoyen Marie Rinfret, qui a déposé ce jeudi son plus récent rapport annuel. Les prisons n’ont pas été épargnées. 

• À lire aussi: Isolement sanitaire: pas de douche et vêtements souillés pendant 14 jours pour des prisonniers

Voici cinq constats sur le rapport 2020-2021 de la protectrice du citoyen concernant les services correctionnels du Québec:

Forte augmentation des plaintes  

La protectrice du citoyen a confirmé que le nombre de plaintes liées aux conditions de détention et d’hygiène avait augmenté de 70%. 

«Ces plaintes ont été formulées principalement par des personnes qui avaient terminé leur quarantaine. D’autres l’ont été par des proches, car ils n’avaient plus de nouvelles, et le personnel correctionnel ne donnait aucune information», a déploré Marie Rinfret.

Davantage de problèmes dans les services de santé  

La protectrice du citoyen note dans son rapport que les problèmes dans les services de santé des établissements de détention de Montréal et de Québec ont pris de l’ampleur.

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Dans certains cas, la distribution de médicaments a été interrompue en raison d’un manque de personnel infirmier. Mme Rinfret dénonce le fait que, dans ces deux régions, l'on n'ait toujours pas transféré la responsabilité de ces services, du ministère de la Sécurité publique au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Un isolement préventif «inutile»  

Les nouveaux détenus devaient rester en isolement 24 heures sur 24 pendant 14 jours. Le prisonnier était mis en quarantaine dans une cellule de taille exiguë sans pouvoir prendre de douche ou sortir à l’extérieur, à cause des risques de contacts avec autrui.

Selon la protectrice du citoyen, de telles mesures ont porté «un dur coup à la santé mentale des personnes ainsi confinées».

La protectrice ne prend pas la situation à la légère. Elle souligne que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande le dépistage des personnes incarcérées nouvellement admises, plutôt qu'une mise en quarantaine «inutile» pendant 14 jours.

Difficile accès aux effets personnels  

À la suite de leur admission, les nouveaux détenus n’ont pas immédiatement accès à leurs effets personnels, comme leurs vêtements, considérés comme une source de propagation du coronavirus

En temps normal, un sursis de 48 heures s’impose. Or le ministère de la Sécurité publique a instauré une procédure de mise de côté de neuf jours, en plus des 48 heures de délai de fouille, pour un total de 11 jours sans effets personnels.

Un ensemble de jogging était alors remis aux nouveaux détenus, mais, dans certains établissements, des personnes incarcérées ont porté les mêmes vêtements durant 10 jours.

Suspension des visites en présentiel  

Les visites en milieu carcéral ont été suspendues depuis le 20 mars 2020. Toutefois, une somme de 30$ versée tous les 14 jours a été offerte à tous pour des appels téléphoniques; cette somme a été réduite à 15$ en juin.

Le 23 juillet de la même année, un guide produit par le gouvernement encourageait les visites dites virtuelles, au moins une fois par semaine. Le rapport stipule que le manque de contacts sociaux a des retombées négatives sur la santé mentale des prisonniers. 

Le manque de communication avec le monde extérieur affecterait «considérablement» la relation que les détenus entretiennent avec leurs proches et compromettrait leur réinsertion dans la communauté.

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