Des photos de Brésiliens affamés qui fouillent dans un tas de carcasses d’animaux sèment l’indignation | 24 heures
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Des photos de Brésiliens affamés qui fouillent dans un tas de carcasses d’animaux sèment l’indignation

Les images de Brésiliens démunis fouillant dans un tas de carcasses d’animaux pour trouver de la nourriture illustrent la crise alimentaire qui frappe le plus grand pays d’Amérique latine, où la pandémie et l’inflation frappent des millions de personnes qui demandent la démission du président Jair Bolsonaro.  

Les clichés pris à Rio par le photojournaliste Domingos Peixoto sont alarmants: on y voit des Brésiliens de tous âges fouiller pour trouver un bout de viande à se mettre sous la dent, dans les restes, à l’arrière d’un camion qui transportait des abats et des os d’animaux vers une usine qui produit des aliments pour animaux et du savon. 

«Certains jours, j’ai envie de pleurer», a déclaré le chauffeur du camion, José Divino Santos, au journaliste Rafael Nascimento de Souza, qui couvrait l’histoire pour un média local, selon des propos rapportés par le quotidien The Guardian

«Avant, les gens venaient demander un morceau d’os pour leurs chiens. Aujourd’hui, ils demandent des os pour se nourrir», a ajouté le chauffeur. 

Toujours selon The Guardian, une femme de 51 ans rencontrée sur place, Denise da Silva, a raconté devoir nourrir ses cinq enfants et ses 12 petits-enfants après avoir récemment perdu son mari. «Ça fait si longtemps que je n’ai pas vu un peu de viande, depuis avant la pandémie», a-t-elle déclaré.  

Le journaliste, qui a passé trois décennies à documenter le conflit de la drogue et les inégalités de Rio, affirme avoir été ébranlé de voir des personnes fouiller dans les carcasses. 

«Je n’ai pas dormi pendant deux jours en essayant de digérer tout ça», a-t-il déclaré. 

Bolsonaro pointé du doigt   

La pandémie a frappé très fort dans le pays, où on estime maintenant que plus de 19 millions de Brésiliens souffrent de la faim depuis qu’elle a éclaté. Elle y a d’ailleurs tué 600 000 personnes et le président conservateur Jair Bolsonaro est pointé du doigt pour sa gestion chaotique de la crise. 

Au début de la pandémie, sa gestion avait d’ailleurs été critiquée à l’international, alors qu’il multipliait les apparitions publiques sans masque et qu’il partageait des théories du complot. 

AFP

En juillet, une enquête avait été lancée contre le président qui était accusé d’avoir fermé les yeux sur des détournements de fonds publics dans l’achat de vaccins. Des manifestations appelant à son départ ont eu lieu tout l’été.

La fin de semaine dernière, des dizaines de milliers de Brésiliens ont de nouveau manifesté dans plusieurs villes du pays pour réclamer sa destitution et pour dénoncer les hausses du coût de certains biens essentiels, comme la nourriture, le gaz et le carburant. 

AFP

Des rassemblements se sont tenus dans 20 des 27 États du Brésil et dans 60 villes, dont 14 capitales régionales, selon la presse locale. 

Lors d’une audience de congrès sur la catastrophe que représente la COVID-19 dans le pays, le sénateur de gauche Humberto Costa a déclaré que les photos diffusées en fin de semaine passée exposaient la tragédie sociale qui se déroule présentement sous le règne de Bolsonaro. 

Jair Bolsonaro

AFP

Jair Bolsonaro

«Le chômage augmente. L’inégalité augmente. La pauvreté augmente. La faim est revenue. Voilà ce que ce gouvernement a fait à notre pays», a-t-il critiqué. 

– Avec les informations de The Guardian et AFP

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