Église catholique en France: 216 000 victimes d’abus sexuels depuis 1950 | 24 heures
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Église catholique en France: 216 000 victimes d’abus sexuels depuis 1950

Image principale de l'article 216 000 victimes d’abus sexuels depuis 1950
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Ce sont 216 000 enfants et adolescents qui ont été abusés sexuellement par des clercs et des religieux en France depuis 1950. C’est ce que révèle une enquête menée par une commission indépendante.

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Si l’on ajoute les personnes agressées par des laïcs travaillant dans des institutions de l’Église (enseignants, surveillants, cadres de mouvements de jeunesse, etc.), le nombre grimpe à 330 000, a indiqué son président, Jean-Marc Sauvé, en dévoilant les conclusions de la Commission indépendante sur les abus dans l’Église (Ciase).

Jean-Marc Sauvé

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Jean-Marc Sauvé

«Ces nombres sont bien plus que préoccupants, ils sont accablants et ne peuvent en aucun cas rester sans suite», a déclaré M. Sauvé.

Une «indifférence profonde» 

L’Église catholique a manifesté, «jusqu’au début des années 2000, une indifférence profonde, et même cruelle à l’égard des victimes» de pédocriminalité, a-t-il dénoncé.

Le président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, a exprimé dans la foulée «sa honte», «son effroi» et a demandé «pardon». La voix des victimes «nous bouleverse, leur nombre nous accable», a-t-il déclaré.

Véronique Margron, la présidente de la Corref (instituts et ordres religieux), a évoqué de son côté «un désastre»: «que dire, sinon éprouver [...] une honte charnelle, une honte absolue».

Véronique Margron

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Véronique Margron

Les hommes: 80% des victimes

Les garçons «représentent près de 80% des victimes, avec une très forte concentration entre 10 et 13 ans», a relevé Jean-Marc Sauvé. Il avait auparavant révélé une «estimation minimale» du nombre de prédateurs: «2900 à 3200» hommes – prêtres ou religieux – entre 1950 et 2020.

Résultat de deux ans et demi de travaux, le rapport de la commission d’enquête était remis mardi à Paris à l’épiscopat français et aux ordres et congrégations religieuses, en présence de représentants d’associations de victimes.

«Vous apportez enfin aux victimes une reconnaissance institutionnelle de toute la responsabilité de l’Église, ce dont les évêques et le pape n’ont pas été capables à ce jour», a publiquement lancé François Devaux, cofondateur d’une association de victimes.

François Devaux

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François Devaux

Dans un communiqué, un collectif d’associations a dit attendre désormais «des réponses claires et tangibles» de la part de l’institution religieuse.

Pour l’Église catholique, les conclusions de ce rapport s’apparentent à «une déflagration», avait anticipé auprès de l’AFP un membre de la Ciase, sous couvert d’anonymat.

Un rapport «historique» 

«C’est historique, car on ne pourra plus nous dire qu’on salit l’Église, qu’il faut tourner la page», a confié à l’AFP une victime, Véronique Garnier, à l’issue de la conférence.

«C’est bien parce que ce rapport de la commission, c’est quelque chose de sérieux, qui officialise ce qui s’est passé. J’ai déjà reçu des messages d’insultes en disant qu’on avait tout inventé», a abondé Jean-René, membre d’un collectif de victimes de l’ouest de la France.

La Ciase, créée à l’automne 2018 et composée de 22 membres, bénévoles, aux compétences pluridisciplinaires, a fait de la parole des victimes «la matrice de son travail», selon M. Sauvé.

D’abord avec un appel à témoignages, ouvert dix-sept mois, qui a recueilli 6500 appels ou contacts de victimes ou proches. Puis en procédant à 250 auditions longues ou entretiens de recherche.

Elle a aussi effectué une plongée dans de nombreuses archives de l’Église, des ministères de la Justice ou de l’Intérieur, de la presse, etc.

Réparations pour les victimes  

Une fois le diagnostic posé, la commission a énuméré plusieurs dizaines de propositions dans plusieurs domaines: écoute des victimes, prévention, formation des prêtres et des religieux, droit canonique, transformation de la gouvernance de l’Église...

Jean-Marc Sauvé a appelé l’institution à apporter une «réparation» financière à toutes les victimes de violences sexuelles en son sein, souhaitant que cette indemnisation ne soit pas considérée comme «un don», mais «un dû».

L’épiscopat avait pris des mesures au printemps, promettant non pas des réparations, mais un dispositif de «contributions» financières, versées aux victimes à partir de 2022, qui ne fait pas l’unanimité chez ces dernières ni chez les fidèles, lesquels sont appelés à contribuer aux dons.

Le pape François

Photo d'archives

Le pape François

Ce rapport sera examiné à la loupe, à Rome, par le pape François, qui a rencontré une partie des évêques français en septembre et a été confronté à ce dossier de la pédocriminalité dès le début de son pontificat.

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