La comparution de la lanceuse d’alerte de Facebook, Frances Haugen, en 11 citations | 24 heures
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La comparution de la lanceuse d’alerte de Facebook, Frances Haugen, en 11 citations

Image principale de l'article Frances Haugen devant le Congrès: 11 citations
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Problèmes de sécurité nationale, les profits avant les usagers, faillite morale: la lanceuse d’alerte à l’origine de la fuite de documents internes de Facebook, Frances Haugen, était de passage devant le Congrès américain. Voici 11 citations de sa comparution.

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Les ados et les réseaux sociaux  

À propos des adolescents qui sont intimidés sur Instagram: «L’intimidation les suit jusqu’à la maison, jusque dans leur chambre, mentionne Haugen. La dernière chose qu’ils voient avant de se coucher, c’est une personne qui est cruelle à leur égard, même chose lorsqu’ils se lèvent le matin.»

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«Je ne comprends pas comment Facebook peut être au courant de toutes ces choses et ne pas demander de l’aide au Congrès [américain] pour résoudre ses problèmes.»

Concernant la version d’Instagram pour les moins de 13 ans, un projet qui a été suspendu le mois dernier, Frances Haugen a expliqué qu’elle ne croit pas que Facebook y renoncera: «Ils doivent s’assurer que la prochaine génération est tout aussi investie dans Instagram que celle d’aujourd’hui.»

La quête de profits  

«Je suis ici aujourd’hui parce que les produits de Facebook nuisent aux enfants, alimentent la division et affaiblissent notre démocratie, a affirmé d’entrée de jeu la lanceuse d’alerte. Les dirigeants de l’entreprise savent comment rendre Facebook et Instagram plus sécuritaires, mais ils n’apporteront pas les changements nécessaires, parce qu’ils ont priorisé leurs profits astronomiques plutôt que les gens.»

«Hier, nous avons vu Facebook être retiré d’internet. Je ne sais pas pourquoi il a été mis hors service, mais je sais que, pendant plus de 5 heures, Facebook n’a pas été utilisé pour diviser encore davantage, déstabiliser les démocraties et faire en sorte que les jeunes filles et les femmes se sentent mal dans leur corps.»

«Ces problèmes peuvent être réglés. Un média social plus sûr, respectueux de la liberté d’expression et plus agréable est possible, a dit l’ingénieure de 37 ans. Facebook peut changer, mais il est clair qu’il ne le fera pas tout seul. Ma crainte est que, sans action, les comportements diviseurs et extrémistes que nous voyons maintenant ne soient que le début.»

Le pouvoir de Mark Zuckerberg 

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«Il n’existe pas d’entreprises aussi puissantes qui soient contrôlées de manière aussi unilatérale. Et en fin de compte, l’unique responsable, c’est Mark [Zuckerberg]. Il n’y a personne, actuellement, qui lui demande des comptes, à part lui-même», a-t-elle déclaré.

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Sur le manque de personnel au sein des équipes de lutte contre le terrorisme et de contre-espionnage: «J’ai de fortes préoccupations en matière de sécurité nationale en raison du fonctionnement actuel de Facebook.»

Une «faillite morale» 

«Lorsqu’on a réalisé que les entreprises de tabac cachaient les méfaits qu’elles causaient, le gouvernement a agi. Lorsque nous avons compris que les voitures étaient plus sûres avec les ceintures de sécurité, le gouvernement a agi. Et aujourd’hui, le gouvernement prend des mesures contre les entreprises qui ont caché des preuves sur les opioïdes. Je vous implore de faire de même avec Facebook.»

La lanceuse d’alerte avance que l’entreprise devrait déclarer une «faillite morale»: «Ils doivent admettre qu’ils ont fait quelque chose de mal et qu’ils ont besoin d’aide pour résoudre ces problèmes.»

Qui est Frances Haugen?  

Frances Haugen, c’est cette ingénieure américaine qui a quitté Facebook en mai dernier après deux ans passés au sein de l’entreprise, au département de l'«intégrité civique» (Civic Integrity), qui s’intéressait aux risques que pouvaient présenter certains utilisateurs ou certains contenus pour le bon déroulement d’élections. 

Elle a emporté avec elle de nombreux documents issus de recherches internes, qu'elle a transmis au Wall Street Journal.

«J’ai pris l’initiative [de témoigner] parce que j’ai réalisé une vérité effrayante: presque personne en dehors de Facebook ne sait ce qui s'y passe, à l’intérieur. Les dirigeants de la compagnie cachent des informations vitales au public, au gouvernement américain, à leurs actionnaires et aux gouvernements du monde entier», a-t-elle lancé à la commission sénatoriale.

– Avec l'AFP et CNN