Une infirmière dénonce la prime de 15 000$: «C’est de la poudre aux yeux» | 24 heures
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Une infirmière dénonce la prime de 15 000$: «C’est de la poudre aux yeux»

Sarah Beaulieu
Photo Courtoisie

Sarah Beaulieu

Dans une vidéo TikTok qui a été vue plus de 225 000 fois, Sarah Beaulieu dénonce le fait qu’elle n’aura pas droit à la nouvelle prime pour les infirmières parce qu’elle prend une journée de congé par semaine pour poursuivre ses études universitaires en sciences infirmières.

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Depuis la rentrée, elle travaille donc quatre jours par semaine plutôt que cinq. Mais même avec une journée en moins, le nombre d'heures travaillées équivaut à «plus que du temps plein», assure-t-elle. 

C’est parce que, deux fois par semaine, elle fait des journées de 16 heures de travail, ce qui veut dire qu'elle couvre six quarts de travail en quatre jours. Malgré tout, elle ne pourra pas toucher la nouvelle prime pour les infirmières, ce qu'elle dénonce. 

«Ayant toujours travaillé temps plein avec mon université, je me suis [permis] un congé d’une journée additionnelle par semaine pour pouvoir faire mes études et ne pas devoir lâcher à nouveau l’université», dit-elle dans sa vidéo adressée directement à François Legault. 

«Je fais mon bac, présentement, afin d’être mieux qualifiée pour votre système de santé et [espérer] un jour avoir de meilleures conditions de travail», ajoute l’infirmière, qui compte plus de 105 000 abonnés sur TikTok.

«De la poudre aux yeux»  

Sarah Beaulieu explique avoir fait la vidéo pour dévoiler les «conditions restrictives» entourant les primes offertes par le gouvernement, «qui ne sont que de la poudre aux yeux», selon elle.

«Je pense que les gens ne sont pas au courant de ce qui se cache derrière les primes et j’ai voulu utiliser ma plateforme importante pour dévoiler ça au grand jour», indique-t-elle en entrevue avec le 24 heures

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Elle déplore que seulement une partie des infirmières recevront la nouvelle prime de 15 000$, ce qu’elle juge inéquitable. Elle invite François Legault à être «honnête et juste» avec tout le personnel du domaine de la santé en offrant de meilleures conditions de travail.

«On ne pouvait pas prendre de congé de maladie, on ne pouvait pas prendre de jour férié, sinon on se faisait couper la prime COVID. Si on était retiré pendant deux heures parce qu’on a des symptômes, on perdait la prime», détaille-t-elle. 

Augmenter le salaire, pas des primes  

Plutôt que des primes, Sarah Beaulieu plaide pour que le gouvernement augmente le salaire des infirmières, mais aussi du reste du personnel en santé, comme les préposés aux bénéficiaires, le personnel d’entretien, les commis et les employés de cuisine, entre autres. 

Elle croit également que l'instauration de shifts de 12 heures sur trois ou quatre jours, au lieu de quarts de travail de huit heures sur cinq jours, allégerait de manière significative la charge de travail et permettrait de réduire le temps supplémentaire obligatoire. 

«Et comme ça, ce serait plus facile de diviser les membres du personnel», estime l’infirmière.

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Encore faut-il que les directions d’établissement tiennent compte des suggestions de leurs employés. «Il serait temps que les dirigeants soient à l’écoute des employés qui eux sont sur le terrain», affirme-t-elle.

Le seul avantage de la pandémie, souligne l’infirmière, c’est que la population a pu constater les failles du système de santé. «Avant, on passait vraiment pour une gang de chialeuses. Mais maintenant, les gens ont pris conscience que c’était vraiment plus le bordel qu’ils pensaient dans le système de santé. Ç’a au moins eu ça de bon.»

Un beau métier     

Malgré tout, Sarah Beaulieu reste dans le réseau parce qu’elle a toujours le feu sacré pour sa profession. Celle qui possède également une entreprise dans le domaine de l’esthétique depuis 2018 dit qu’elle aurait pu tout lâcher, mais que «sa passion pour le métier d’infirmière» l’en a empêchée.

«Je ne veux pas décourager les gens à venir [travailler dans le système de santé], parce que c’est un très beau domaine. C’est juste qu’il faut être patient, mais j’ai espoir que les choses vont changer», conclut-elle.

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