Nalie Agustin : être influenceuse et vivre avec un cancer du sein métastasé | 24 heures
/panorama

Nalie Agustin : être influenceuse et vivre avec un cancer du sein métastasé

BILLET - Quand on est jeune, on ne pense pas au cancer. On pense aux études, à faire la fête, à vivre le grand amour, aux voyages (et aux photos Instagram qu’ils vont nous procurer), à emménager dans son premier appartement... Pourtant, au printemps de leur vie, plusieurs jeunes reçoivent un diagnostic de cancer.

• À lire aussi: Réouverture de la frontière: voici tout ce que vous devez savoir avant d’aller aux États-Unis

C’est le cas de Nalie Agustin, avec qui j’ai eu envie de parler en ce Mois de sensibilisation au cancer du sein.

Commençons par les présentations : qui est Nalie? C’est une influenceuse de Montréal qui a 110 000 abonnés sur Instagram. Elle compte parmi ses amis le rappeur French Montana. Hellloooo!!

Le titre d’«influenceuse» est particulièrement intéressant dans son cas, parce qu’il va bien au-delà de l'inspiration pour les voyages et la décoration d'appatement.

«On se sent si seule lorsqu’on est dans la vingtaine et qu’on est malade. J’ai donc créé une communauté avec d’autres femmes qui vivaient la même chose que moi», confie-t-elle.

À travers ses stories et ses publications, elle tient un journal de bord intitulé The Diary of Nalie. Elle y partage avec ses abonnés son parcours unique d’une jeune femme atteinte de cancer.

Diagnostic à 24 ans 

«Il y a 8 ans, le docteur m’a diagnostiqué un cancer du sein de stade 2. Je suis passée à travers le chemin classique avec la chimiothérapie, puis la radiothérapie, durant un an. Je ne pouvais pas croire que ça m’arrivait à moi», raconte celle qui était âgée d’à peine 24 ans au moment du diagnostic. 

«Je n’avais aucune idée de ce qu’était un cancer. Il n’y a aucun membre de ma famille qui n’en avait été atteint. Alors, j’ai documenté, fait des vidéos et écrit tout ce qui m’arrivait. C’était une façon pour moi de passer à travers les traitements», poursuit-elle.

Nalie s’en sort alors... en ne sachant pas qu’un deuxième combat se pointera le bout du nez.

Après quatre ans de rémission, à 28 ans, Nalie craint le pire. Une virulente toux l’oblige à passer des scans. Le sombre verdict tombe.

«À ce moment-là de ma vie, je croyais vraiment que c’était fini. En 2017, c’est revenu dans mes poumons et ça s’est répandu. Mon cancer est donc considéré comme un stade 4», dévoile la jeune femme, aujourd’hui âgée de 32 ans.

Puis, durant la pandémie, les cellules cancéreuses se sont frayé un chemin jusqu’à son cerveau. Ses oncologues lui annoncent que son cancer est incurable.

«J’allais pourtant bien, mais en mai 2020, mes jambes étaient engourdies et j’avais mal à la tête. J’ai fait un scan de mon cerveau et ma plus grande peur s’est concrétisée», se souvient-elle. 

Guys, imaginez vivre ça, si jeune. J’en aurais voulu au monde entier. J’en aurais voulu à la vie. Mais pas Nalie. Comme une guerrière, elle s’est armée de ses plus grandes forces : sa plume et sa joie de vivre inébranlable. 

Un livre 

Durant la quarantaine et la pandémie mondiale, Nalie s’est débranchée des réseaux sociaux pour se concentrer à guérir, mais pour aussi poursuivre l’écriture de son journal. 

«J’ai commencé à écrire tout qui se passait : des traitements à mes symptômes, en passant par mes rituels, mes leçons que je tirais de ce parcours avec le cancer», explique-t-elle.

Nalie a donc lancé son bouquin The Diary of Nalie en août dernier, et boom, celui-ci est devenu bestseller sur Amazon au Canada.  

Jesus, cette fille fonce, rien ne l’arrête.

En ce Mois de sensibilisation au cancer du sein, elle organise le 20 octobre prochain une séance de signature de son livre et pour chaque billet vendu, les profits iront à l’organisme caritatif Team PWR, qui aide à la recherche pour les cancers féminins. 

Un chum all in 

Cela étant dit, Nalie n’est pas sa maladie. Sur Instagram, c’est une jeune femme qui voyage, qui a un adorable chihuahua, des amis, une famille et qui est également amoureuse. 

Vee Thakar est à ses côtés depuis les débuts. Le couple venait de se rencontrer, quelques mois avant le premier diagnostic. 

«Je ne serais pas là sans son amour, son aide et son support. Il y a eu des moments, où il me transportait littéralement dans ses bras d’une pièce à l’autre», relate-t-elle.

«Lorsque je suis tombée malade, je lui ai demandé s’il voulait toujours être avec moi et il a répondu : "I’m all in". Et il est encore là», témoigne-t-elle.

C’est donc possible de rencontrer le véritable amour à 24 ans. L’amour entre Vee et Nalie est le genre d’amour qui donne espoir et du courage, qui transcende la maladie, qui guérit et surtout qui envoie paître le cancer. 

En ce Mois de sensibilisation au cancer du sein, pour toutes les survivantes, pour celles au front du combat et pour celles qui sont parties, j’aime penser que ce n’est pas du cancer dont on se souvient, mais bien de l’amour qu’on a pour celles qui en sont atteintes. Parce que c’est ce qui fait toute la différence. 

*

À VOIR AUSSI

Moins de poids lourds dans les rues de Montréal

s