True crime : un balado sur le cas Catherine Daviau entremêle enquête et féminisme | 24 heures
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True crime : un balado sur le cas Catherine Daviau entremêle enquête et féminisme

Catherine Daviau a été assassinée dans son logement de la 5e Avenue, à Rosemont, le 11 décembre 2008, et son meurtrier n’a jamais été retrouvé. L’histoire a beau dater de 13 ans, elle est tristement d’actualité, alors que 17 féminicides se sont produits au Québec depuis le début de l’année.  

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La troisième saison du balado Synthèses, dont le premier épisode sera diffusé le 1er novembre, se penchera sur cette question : comment une jeune femme de 26 ans, sans histoire, peut se retrouver à être victime d’une agression sexuelle puis d’un meurtre dans son propre logement, autour de l’heure du souper, sans que personne ne se rende compte de quoi que ce soit?  

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Mais attention : même si l’histoire de Catherine Daviau donne froid dans le dos (et nous rappelle l’importance de barrer sa porte et tirer ses rideaux le soir!), la journaliste Claudia Larochelle, qui anime le balado, insiste sur le fait qu’elle ne veut pas semer la panique chez les femmes.

«Les femmes ont déjà assez de pression de l’extérieur. Mais on veut passer un message à la société en général : voici l’état de notre monde. Les féminicides, on en est encore là. Il y a du progrès, on a mis un mot là-dessus, mais c’est un homme qui l’a tuée parce que c’est une femme, c’est important de le dire», souligne-t-elle.  

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Joël Lemay / Agence QMI

Thématiques féministes  

Oui, le balado traitera principalement du cas et de l’enquête qui l’entoure, mais il fera aussi beaucoup de place à des thématiques féministes. Les signaux d’alarme à surveiller pour repérer de potentiels agresseurs y seront abordés, des spécialistes en psychiatrie et en sociologie ont été interviewées et des idées comme la King Kong Théorie, de l'écrivaine Virginie Despentes, seront explorées.  

Écoutez la bande annonce ici :

«Depuis que j’ai travaillé sur ce balado, je n’ai pas plus peur : je me sens plus forte», affirme la réalisatrice Maude Petel-Légaré. «Je me suis d’ailleurs inscrite sur la liste d'attente de cours d’autodéfense féministe, mais c’est important de comprendre que c’est un outil, ce n’est pas une solution. Le changement, ça passe par la politique», dit-elle.  

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S’identifier à la victime  

Claudia Larochelle s’intéresse à ce cas depuis longtemps, et ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi : à l’époque du meurtre, elle vivait sur la même rue que la victime, et avait un profil similaire. Elle habitait seule, rentrait en voiture le soir après le travail. «J’étais ébranlée, ça aurait pu m’arriver à moi», se souvient-elle aujourd’hui.  

MARC PIGEON/JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Cette proximité avec la victime n’est pas sans intérêt. Ce n’est pas un hasard si c’est un duo féminin qui prend la barre cette nouvelle saison de Synthèses, alors que les deux premières étaient réalisées par des hommes.     

«Je commence à trouver ça indécent, parfois, que des hommes s’approprient des histoires qui touchent exclusivement des femmes», souligne Claudia Larochelle.   

Le précédent animateur de Synthèses, Julien Morissette, avait le même malaise : c’est en partie pour ça qu’il avait mis la série sur pause après deux premières saisons acclamées, sur les cas de Valérie Leblanc et Louise Chaput.  

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Claudia Larochelle sur QUB radio:

Saura-t-on qui est le meurtrier?   

Claudia Larochelle et Maude Petel-Légaré

Joël Lemay / Agence QMI

Claudia Larochelle et Maude Petel-Légaré

Claudia Larochelle et Maude Petel-Légaré sont claires là-dessus : elles ne sont pas là pour faire le travail de la police et découvrir qui est le meurtrier. La diffusion de l'histoire pourrait quand même rappeler des souvenirs à quelqu'un, sonner une cloche qui permettra de faire avancer l'enquête.   

Catherine Daviau

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Catherine Daviau

Espérons-le en la mémoire de Catherine Daviau et celle de toutes les autres victimes de féminicides.  

La série diffusée par QUB radio et produite par Transistor Média sera disponible sur l’application QUB et le site QUB.ca à partir du 1er novembre.

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