Voici pourquoi les femmes aiment plus le true crime que les hommes | 24 heures
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Voici pourquoi les femmes aiment plus le true crime que les hommes

Les adeptes de true crime sont très majoritairement des femmes. Le fait qu’elles soient plus à risque d’être victimes de ce genre de crimes pourrait expliquer leur intérêt plus avide pour ces histoires, croit un spécialiste.

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Un exemple : sur le groupe Facebook québécois «Histoires de crimes, sectes, paranormales : théories et partage 2.0», 86% des 15 000 membres sont des femmes. Et ça ne serait pas que le fruit du hasard.  

«C’est bien connu que plusieurs types de crimes violents affectent disproportionnellement les femmes, ce qui les rend plus inquiètes d’en vivre», explique le post-doctorant au Département de psychologie de l’Université McGill, Josué Haubrich.  

Illustration Carolina Espinosa

Comme elles s’identifient plus aux histoires qui sont racontées dans le true crime, elles en écouteraient donc davantage, renchérit celui qui se spécialise dans la neuroscience de la mémoire. 

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Une étude de l’Illinois Wesleyan University est arrivée à cette même conclusion, en démontrant que les femmes sont plus portées que les hommes à choisir des romans qui portent sur le true crime. La majorité des femmes interrogées dans cette étude datant de 2010 préfèrent ce genre de livre qu’un autre roman violent (77%). 

Les conclusions de l’étude laissent entendre que les femmes craindraient plus que les hommes de devenir victime, ce qui les attire vers le true crime

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Développer des stratégies  

Le true crime pourrait d’ailleurs aider les femmes à développer des stratégies qui pourraient leur permettre d’identifier et d’éviter des situations qui pourraient les mettre en danger, croit M. Haubrich. Selon lui, c’est une répercussion «bénéfique» de l’intérêt pour le true crime.  

Illustration Carolina Espinosa

L'étude de l’Illinois Wesleyan University montre que la plupart d’entre elles seraient plus tentées par un livre qui offre un truc de survie (71%) ou dans lequel on explique le motif du crime (65%). 

Il faut par contre faire attention à la création d’un cercle vicieux, prévient-on dans l’étude. Si c’est la peur qui nous incite à tendre vers ce genre d’histoires, en entendre continuellement peut accentuer cette angoisse. 

«Répéter des pensées négatives peut avoir des conséquences négatives», indique M. Haubrich. Il stipule qu’écouter fréquemment du true crime pourrait mener à des peurs excessives, de l’anxiété, de l’hyperexcitation ou de la dépression.  

«Être conscient de ses limites est important pour comprendre l’impact de ses histoires sur notre état psychologique», conclut-il.  

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Des hommes aussi  

Même si la majorité des personnes qui consomment du true crime sont des femmes, il y a évidemment plusieurs hommes dans ce milieu.  

Illustration Carolina Espinosa

Jean-Philippe Rousseau, qui co-anime le podcast Rétro Crimes avec la Dépoussiéreuse de crimes Annie Richard, n’avait pas remarqué que le milieu était davantage composé de femmes avant de s’y impliquer.  

Il admet pourtant que c’est une réalité. «Oui, je me retrouve sans que je m’en sois rendu compte que je suis dans un monde de plus en plus féminin», constate le podcaster, qui affirme que 65 à 70% de l’auditoire de Rétro Crimes est composé de femmes.  

Jayson Duval, un adepte de true crime, a constaté que la communauté, que ce soit des créateurs ou des adeptes, était majoritairement féminine. Selon l’étudiant de 24 ans, ça n’a que du positif. «Souvent, ce sont les femmes qui vont être victimes de ces atrocités, souligne-t-il, C’est bien qu’une femme parle d’une victime féminine.» 

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