Félix Giroux, un Québécois de 24 ans, ira manifester à Glasgow pour la COP26 | 24 heures
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Félix Giroux, un Québécois de 24 ans, ira manifester à Glasgow pour la COP26

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Photo Courtoisie

Parce que c’est important de «déranger», de «faire du bruit» et de «créer des espaces inconfortables pour nos décideurs», Félix Giroux, un jeune Québécois de 24 ans, se rendra à Glasgow pour manifester en marge de la COP26, qui a commencé ce dimanche. 

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Même si cette 26e Conférence des parties était fort attendue pour décider de l’avenir de l’action climatique mondiale, ce n’est pas à Glasgow que le vrai changement s’opérera, estime Félix Giroux.  

«C’est un processus extrêmement bureaucratique où tout le monde négocie autour du consensus, ce qui dilue beaucoup l’ambition», souligne-t-il. 

Le jeune homme, qui vit à Londres depuis 2020 et qui étudie à la London School of Economics and Political Science, s’y rendra tout de même, en solidarité avec les mouvements sociaux, mais surtout parce qu’il croit qu’il est primordial de mettre la pression sur les décideurs. 

«Il faut faire du bruit, manifester, créer des espaces inconfortables pour les chefs d’État. Ce sont des espaces privilégiés. Et si on y a accès, on a accès aux décideurs qui, je pense, n’ont pas l’habitude d’être tant dérangés. C’est important de déranger. Ç’a un grand pouvoir», estime-t-il.  

Capter l’attention 

Membre du conseil d’administration de l’organisme Youth4Nature, basé en Colombie-Britannique, Félix Giroux pense également qu’il est important de capter l’attention des décideurs pour les détourner des trop nombreux lobbyistes qui sont toujours présents aux COP. 

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«Quand on occupe l’espace, qu’on demande des rencontres avec nos décideurs, ça leur donne moins de temps pour avoir des rencontres avec des lobbyistes. Pour moi, c’est une grande victoire chaque fois qu’on peut prendre une demi-heure ici, une heure là, et qu’ils ne parlent pas avec des gens qui ont des intérêts financiers», explique-t-il. 

Entre peur et optimisme  

Comme bien d’autres de sa génération, Félix Giroux vit parfois des moments d’écoanxiété devant cette «énorme crise qu’on ne peut pas ignorer».  

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Surtout, il déplore que les solutions qui sont mises de l’avant et privilégiées par nos décideurs sont technologiques et capitalistes.  

«Le genre d’investissements qu’on fait aujourd’hui m’inquiète énormément. Il n’y a pas de promesse émancipatoire et ça risque de renforcer les iniquités sociales et autres problèmes coloniaux», dit-il. 

Mais il demeure optimiste lorsqu’il regarde le mouvement jeunesse. 

«C’est fou de pouvoir se rallier avec des cultures, des parcours, et des classes sociales différentes autour d’un point commun. Certains se créent une place de leadership là-dedans et ça m’inspire beaucoup de voir des jeunes qui feront peut-être le saut en politique, de savoir qu’il y aura peut-être d’autres personnes qui auront un jour les rênes du pouvoir», confie-t-il.  

D’ici là, il aura le Canada à l’oeil. Notre pays fait toujours figure de bon joueur à l’international, mais a été, jusqu’à présent, incapable de traduire son ambition par des actions concrètes à domicile, fait-il valoir.