Dans l'univers des chasseurs de champignons | 24 heures
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Dans l'univers des chasseurs de champignons

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La cueillette récréative de champignons connait une heure de gloire sans précédent, propulsée par la prolifération de groupes Facebook et autres trends TikTok qui la présentent comme une nouvelle façon de connecter avec la nature. 

Sur Facebook, des groupes comme «Champignons du Québec» ou «Champignons et plantes sauvages du Québec» cumulent plusieurs dizaines de milliers de membres alors que sur TikTok, des trends comme #foraging, #fungi ou #wildmushrooms cumulent des millions d’écoutes. 

Le mycologue Patrice Dauzet, qui s’intéresse aux champignons du Québec depuis les années 70, croit que les réseaux sociaux ont rendu cette niche plus accessible. 

Jamais il n’avait vu pareil engouement pour la cueillette auparavant.  

Au nombre de curieux qu’il a rencontré, «c’était l’une des plus grosses saison que j’ai vue», estime le mycologue. 

Quand on lui demande d’où vient sa passion pour les champignons, il évoque tout de suite le côté «course aux trésors» de la cueillette. «On a tous une réaction d’enfants quand on trouve la chose», explique-t-il.  

Toutes les passions se recoupent dans ce genre d’expédition. «Pour plusieurs, c’est avant tout une activité culinaire, raconte Patrice Dauzet, et après il y a l’aspect scientifique aussi».  

Si l’identification d’espèce rare est l’un de ses dadas, M. Dauzet se passionne aussi pour la photographie de champignons.  

Un danger pour l’environnement  

Même si bon nombre de mycologues sont très heureux de partager leur passion jugée jusqu’alors marginale, une inquiétude s’installe parmi eux.  

La cueillette à trop grande échelle pourrait avoir des impacts négatifs non seulement sur les champignons, mais sur tout l’environnement. «D’un côté c’est le fun que les gens s’intéressent plus à la nature, avance Chantal Paquet, coordonnatrice du Cercle des mycologues de Montréal, mais de l’autre c’est moins plaisant parce que des gens ne sont pas respectueux de la nature».  

Cet automne, Chantal Paquet a constaté que certains cueilleurs se rendaient parfois très tôt le matin sur des sites de cueillette convoités «sans faire attention, directement avec leurs camions, pour vider la place».  

C’est «un désastre» qui mènerait certains sites à l’épuisement et qui forcerait leur fermeture au public, selon elle.  

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