10 citations qui prouvent que nos politiciens n’ont jamais respecté leurs engagements environnementaux | 24 heures
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10 citations qui prouvent que nos politiciens n’ont jamais respecté leurs engagements environnementaux

Des activistes réunis à Glasgow pour la COP26 posent comme des politiciens avec des bidons d'essence en guise de tête.
AFP

Des activistes réunis à Glasgow pour la COP26 posent comme des politiciens avec des bidons d'essence en guise de tête.

Le Canada n’a jamais respecté ses engagements de réduction des gaz à effet de serre (GES), malgré la bonne volonté apparente de ses politiciens. Alors que la COP26 se déroule en ce moment à Glasgow, le 24 heures a décidé de regarder en arrière pour retrouver de savoureuses citations de nos politiciens et les mettre en contexte avec la hausse fulgurante de nos GES à travers les années. Voici ce que ça donne.

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Jean Charest en 1992.

Courtoisie

Jean Charest en 1992.

30 mai 1992

«L’environnement planétaire est fait d’un ensemble d’éléments qui sont tributaires les uns des autres: les océans, l’atmosphère, la couche d’ozone n’ont pas de frontières; ils forment un tout. Et pour protéger l’environnement, il faut pouvoir engager une action internationale concertée qui repose sur la reconnaissance de notre intérêt commun.» - Jean Charest, alors ministre fédéral de l’Environnement, au sujet de sa participation au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro.  

Cette année-là, le Canada et des centaines d’autres nations s’engagent à combattre la «dangereuse interférence humaine avec le système climatique», en partie en stabilisant les niveaux GES dans l’atmosphère. 

Pendant ce temps, les émissions de GES du Canada augmentent de 74 millions de tonnes entre 1993 et 1997, soit une hausse de 12%.

Christine Stewart

Agence QMI

Christine Stewart

12 novembre 1997

«À l'échelle internationale, le consensus des milieux scientifiques sur les risques liés aux changements climatiques, c'est qu'une intervention globale est nécessaire. [...] Aujourd'hui, nous sommes résolus à mettre en oeuvre une stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre...» - Christine Stewart, ministre fédérale de l’Environnement à l’approche de la COP3 où l’Accord de Kyoto sera conclu. 

En 2000, dans le Plan du Canada sur les changements climatiques, le gouvernement s’engage à réduire ses émissions de GES de 6% par rapport à 1990. Cet objectif correspond à celui du Protocole de Kyoto qui n’avait pas encore été ratifié par la Canada à ce moment-là à cause de divergences sur son application. 

Entre 1997 et 2001 les émissions de GES du Canada augmentent de 32 millions de tonnes, soit 4,6%.

4 avril 2001

«Notre gouvernement n'a aucun doute quant à la réalité des changements climatiques et de l'ampleur du défi international qui nous est lancé. Pays nordique, le Canada est très sensible à l'augmentation des températures dans l'Arctique et nous y en voyons déjà les effets. Nous reconnaissons par ailleurs que nous nous classons parmi les dix plus gros émetteurs du monde industrialisé et parmi les plus importants par habitant.» - David Anderson, ministre fédéral de l’Environnement au sujet de l’application Protocole de Kyoto. 

Cette année-là, les émissions de GES du Canada augmentent de 4 millions de tonnes, soit 0,55%.

Jean Chrétien

Rene Baillargeon / Le Journal de Quebec

Jean Chrétien

11 décembre 2002

«C’est un grand jour pour le Canada, un grand jour pour l’environnement et un grand jour pour l’avenir de nos enfants.» - Jean Chrétien, premier ministre du Canada, alors que la Chambre des communes vient finalement de voter en faveur de la ratification du protocole de Kyoto. 

Entre 2002 et 2005, les émissions de GES du Canada augmentent de 12 millions de tonnes, soit 1,65% 

Paul Martin

JOEL LEMAY/AGENCE QMI/POOL

Paul Martin

8 décembre 2005

«Dans chaque cas, les faits disent la même chose: il faut agir, il faut agir maintenant [...] Il n'y a qu'une planète Terre et nous la partageons. Peu importe notre prospérité, nous ne pouvons fuir les conséquences de l'inaction.» - Paul Martin, premier ministre du Canada lors de la COP11 à Montréal. 

Entre 2005 et 2007, les émissions de GES du Canada augmentent de 13 millions de tonnes, soit 1,76%, pour atteindre un sommet de 752 millions de tonnes

John Baird

QMI

John Baird

5 juin 2007

«La Journée mondiale de l’environnement est l’occasion de nous pencher sincèrement sur l’environnement mondial et de songer aux mesures nécessaires à l’échelle planétaire pour faire face au défi environnemental le plus important au monde – le changement climatique. Je suis très encouragé par le ferme engagement des leaders mondiaux réunis ici en faveur de changements réels.» - John Baird, ministre fédéral de l’Environnement lors de la Journée mondiale de l’environnement.  

Cette année-là, le gouvernement s’engage à réduire de 20% les émissions de GES de 2006, d’ici 2020.  

Entre 2007 et 2009, les émissions de GES du Canada baissent pour la première fois de 58 millions de tonnes, soit –7,71%. C’est une avancée majeure.

Stephen Harper

JMTL

Stephen Harper

5 décembre 2009

«Le monde a besoin d'une entente sur les changements climatiques. Le monde veut une entente sur les changements climatiques. Alors je suis très optimiste que tout le monde est en train de bouger dans la bonne direction et que ça va donner quelque chose à Copenhague.» - Stephen Harper, premier ministre du Canada juste avant la COP15 de Copenhague. 

Lors de cette 15e COP, où l’Accord de Copenhague est conclu, le Canada s’engage à réduire ses émissions de GES de 17% par rapport à 2005, d’ici 2020. 

Cette année-là, les émissions de GES du Canada augmentent de 9 millions de tonnes, soit 1,30%.

Jim Prentice

Tom Braid/Edmonton Sun/Postmedia Network

Jim Prentice

30 janvier 2010

«Nous savons qu'il nous est possible d'atteindre notre objectif, nous sommes prêts à le respecter et les autres pays devront faire de même.» - Jim Prentice, ministre fédéral de l’Environnement, au sujet du l’Accord de Copenhague.  

Entre 2010 et 2015, les émissions de GES du Canada augmentent de 20 millions de tonnes, soit 2,84%.

Justin Trudeau

Simon Clark/Agence QMI

Justin Trudeau

30 novembre 2015

«Nous le ferons parce que la science est incontestable et qu'elle nous dit que les changements qui ont commencé à toucher notre planète auront de profondes répercussions sur notre avenir. Nous le ferons également parce que c'est la bonne chose à faire pour notre environnement et notre économie, et en tant que membre de la communauté mondiale.» - le premier ministre Justin Trudeau lors de la COP21 où l’Accord de Paris a été conclu.  

Le Canada s’engage à réduire de 30% ses émissions de GES par rapport à l’année 2005, d’ici 2030.  

Entre 2015 et 2019, les émissions de GES du Canada augmentent de 7 millions de tonnes, soit 1%.

Jonathan Wilkinson

AFP

Jonathan Wilkinson

10 décembre 2019

«Les changements climatiques sont un enjeu déterminant de notre époque et la principale raison de mon entrée en politique.» - Jonathan Wilkinson, ministre de l’Environnement et du Changement climatique, lors de la COP25. 

Les chiffres pour les années 2020 et 2021 ne sont pas encore disponibles. 

Un dernier droit  

Depuis 1990, les émissions de GES du Canada ont augmenté de 21,4%, c’est-à-dire 129 millions de tonnes.  

En avril dernier, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rehaussé la cible fixée lors de l’Accord de Paris. Il s’est engagé à réduire de 40 à 45% les émissions de GES du Canada d’ici 2030, par rapport à 2005. 

Il nous reste donc huit ans et des poussières pour réduire nos émissions de GES de 295 millions de tonnes si on veut respecter cet engagement. 

Rappelons que le Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat estime qu’il faut que le monde réduise ses émissions de GES de moitié d’ici 2030 et atteigne la carboneutralité d’ici 2050 pour stabiliser le réchauffement climatique à 1,5°C dans l’espoir d’éviter les pires impacts des changements climatiques.  

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