Bars, restos, gyms : carter avec un masque, ce n’est pas très efficace | 24 heures
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Bars, restos, gyms : carter avec un masque, ce n’est pas très efficace

BILLET - Demander le passeport vaccinal de quelqu’un, ce n’est utile que si on lui demande aussi une pièce d’identité avec photo pour valider que c’est vraiment le sien. Mais tant qu’on garde notre masque, disons que cette procédure n’est pas très efficace.

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Tout le monde qui a été voter aux élections municipales a dû abaisser son masque le temps d’être identifié. Mais on ne peut pas en dire autant dans les restos, bars et gyms : là-bas, suffit que le nom sur la carte corresponde à celui sur le passeport pour qu’on puisse rentrer.  

Est-ce assez? À mon avis, pas pour décourager quiconque qui est un brin motivé de tricher. Je l’ai testé pour voir s’il ne s’agissait que de mon intuition.  

Je vous rassure : je suis doublement vaccinée, donc j’ai le droit d’aller manger, prendre un verre et m’entraîner dans les lieux publics. Mais je me suis mise dans la peau d’une potentielle tricheuse, et j’ai demandé à une amie de m’envoyer une simple capture d’écran de son code QR et de me prêter l’une de ses pièces d’identité.  

Je n’encourage personne à faire de même : je souhaitais simplement tester l’efficacité de cette mesure, et montrer que malgré leur bonne volonté, les restaurateurs ne peuvent pas si facilement jouer à la police avec les mesures en place. 

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Les résultats de l’expérience  

L’amie qui m’a «prêté son identité» et moi, on ne se ressemble pas. Nos seuls traits communs, c’est qu’on est deux femmes noires dans la trentaine, mais c’est tout. Avec le masque qui couvre la majorité de notre visage, cependant, il est quasi impossible de nous distinguer.  

J’ai pu manger sans problème dans un resto-bar d’Anjou avec son code vaccinal et sa pièce d’identité. Même chose pour un bar à vin du Plateau, où j’ai pu entrer même si j’ai cru que j’allais me faire choper : le personnel à l’accueil était très sérieux et vérifiait à l’extérieur du commerce chaque pièce d’identité à la lampe de poche.  

Au gym, ça s’est corsé : je suis allée dans un établissement d’Hochelaga où j’ai un compte client, et évidemment, là, mon nom dans le système ne correspondait pas à mes pièces de preuve.  

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En passant, je ne compte même pas toutes les places où les employés sont laxistes et ne demandent que le passeport vaccinal, ou «oublient» carrément de le faire.  

Mon point, c’est que même quand les employés sont bien intentionnés, les règles sont faciles à déjouer. Les personnes non vaccinées peuvent encore avoir accès aux restaurants, aux gyms, aux salles de spectacle... grâce à la ruse, mais surtout aux masques. Et parce que les restaurateurs, les tenanciers de bar et les propriétaires de gym ne sont pas des policiers du passeport vaccinal et ne peuvent pas non plus se permettre des vérifications si extensives.  

Comme quoi il faudra bien plus que l’instauration du passeport vaccinal dans les institutions pour convaincre une certaine partie des non-vax à tendre le bras au fameux sérum pour contrer la COVID-19.  

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