Il y a 10 ans, les manifs des carrés rouges: 7 dates importantes du printemps érable | 24 heures
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Il y a 10 ans, les manifs des carrés rouges: 7 dates importantes du printemps érable

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©PHILIPPE-OLIVIER CONTANT / AGENCE QMI

Croyez-le ou non, le printemps érable a débuté il y a 10 ans (désolé pour le coup de vieux). Voici sept dates marquantes de cette lutte étudiante historique pour empêcher une hausse des droits de scolarité dans les universités québécoises.  

10 novembre 2011  

PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE

Il y a 10 ans jour pour jour, 30 000 étudiants se rassemblaient dans les rues de Montréal pour une manifestation organisée par des associations étudiantes de partout au Québec. Ils contestaient la hausse de 75% sur cinq ans des droits de scolarité que souhaitait imposer le gouvernement de Jean Charest.  

Le premier ministre du Québec prévoyait une augmentation de 325$ dès l’automne 2012, pour des frais atteignant 1625$ en 2017.  

On voit à cette manif les premiers carrés rouges, qui deviendront un symbole fort de ce mouvement étudiant.  

13 février 2012   

PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE

Les associations facultaires étudiantes de science politique et droit (AFESPED) et des arts (AFÉA) de l’UQAM votent en faveur d’une grève illimitée. Les membres s’engagent à faire la grève jusqu’à ce que le gouvernement renonce à la hausse des droits de scolarité. La grève commence le 14 février 2012 et se termine en septembre 2012.  

La plupart des associations étudiantes partout dans la province suivront leurs traces. Au total, environ 310 000 étudiants (il y en a 400 000 à ce moment au Québec) feront la grève au printemps.  

Face aux carrés rouges: les carrés verts, qui s’opposent à la grève étudiante. Des tensions idéologiques s’installeront avec ce contre-mouvement qui souhaite un retour en classe.  

20 mars 2012   

Maxime Landry / TVA

Le matin, quatre-vingts étudiants, la plupart encagoulés, ont bloqué le pont Champlain. Ceux qui ont été arrêtés ont reçu un constat d’infraction de 494$ pour leur geste. Ils avaient installé des blocs de béton.  

SYLVAIN DENIS/AGENCE QMI

22 mars 2012  

©MAXIME DELAND / AGENCE QMI

On estime que 100 000 à 200 000 étudiants (selon les sources) sont descendus dans les rues du centre-ville de Montréal le 22 mars.    

Une nouvelle tradition est alors implantée: chaque 22 du mois, une «manifestation nationale» s’organise. Il y aura donc aussi de grandes manifestations le 22 mai, le 22 juin et le 22 juillet. Le 22 avril, les rues de Montréal étaient également occupées par une manifestation, mais cette fois-ci pour le Jour de la Terre. 

©MAXIME DELAND / AGENCE QMI

D'autres manifs ont eu lieu entre celles-ci. Au total, 711 manifestations ont eu lieu à Montréal. 

18 mai 2012   

Alors que les manifestations se multiplient, le controversé projet de loi 78 (loi 12) est adopté par l’Assemblée nationale du Québec. Pour toute manif de plus de 10 personnes, les organisateurs doivent fournir aux policiers leur itinéraire au moins huit heures à l’avance. La durée du rassemblement et les moyens de transport utilisés pour s’y rendre doivent aussi être annoncés. 

La loi spéciale prévoit aussi des amendes sévères pour ceux qui tenteraient de bloquer l’accès aux cégeps ou aux universités.  

Jean Charest

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNALD

Jean Charest

Le but est de «préserver la paix, l’ordre et la sécurité publique», affirme le premier ministre de l’époque, Jean Charest. Mais il ne fera qu’augmenter la colère des universitaires.  

À cette même date, le règlement municipal P-6 voit le jour. Il interdit le port du masque lors d'une manifestation sur le territoire de la Ville de Montréal. Ce projet de loi sera invalidé en 2016 par la Cour supérieure. 

Des «concerts de casseroles» s’orchestrent presque chaque soir, à 20h, dans plusieurs régions du Québec et dans des villes canadiennes. Les participants soulignent leur appui aux étudiants du Québec ainsi que leur opposition à la loi spéciale. 

22 mai 2012   

©MAXIME DELAND / AGENCE QMI

Quelques jours après cette nouvelle loi, une manifestation est organisée le 22 mai, soit le 100e jour de ce mouvement de contestation. La plupart des regroupements se sont conformés à loi, sauf la CLASSE, dont Gabriel Nadeau-Dubois est l’un des porte-parole.  

Gabriel Nadeau-Dubois (à gauche), Martine Desjardins (au milieu) et Léo Bureau-Blouin (à droite)

RENE BAILLARGEON/JOURNAL DE QUEB

Gabriel Nadeau-Dubois (à gauche), Martine Desjardins (au milieu) et Léo Bureau-Blouin (à droite)

«Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont dans les rues. Si le ministre de la Justice est conséquent avec sa loi, il devra mettre à l’amende des dizaines de milliers de personnes», souligne celui qui est maintenant chef parlementaire et co-porte-parole de Québec solidaire.  

Selon l’organisation, plus de 250 000 personnes ont marché dans les rues ce jour-là.  

4 septembre 2012  

Pauline Marois

Benoît Pelosse / JdeM

Pauline Marois

Pauline Marois est élue. Quelques jours plus tard, elle annule par décret la hausse des frais de scolarité, ce qui mettra fin au conflit.