«Gérer son stress», «porter plusieurs chapeaux»: voici ce que veulent vraiment dire les formulations dans les offres d’emploi | 24 heures
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«Gérer son stress», «porter plusieurs chapeaux»: voici ce que veulent vraiment dire les formulations dans les offres d’emploi

Image principale de l'article Ce qu’il faut comprendre des offres d’emploi
Photomontage / Alexandre Pellet

Les offres d’emploi nous en font parfois voir de toutes les couleurs: résistance au stress requise, une liste infinie de compétences, une expérience complètement exagérée pour le poste à pourvoir, la recherche de la fameuse «perle rare». Ces offres aux formulations boiteuses devraient éveiller des soupçons et deux experts en recrutement nous aident à les déconstruire.

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Analysez le choix des mots   

La formulation et les termes utilisés pour attirer les candidats peuvent en dire long sur la culture d’entreprise comme l’offre a été rédigée pour refléter ce qu’elle a à offrir, selon Chloé Beauchemin, responsable Culture et Talents chez Rablab.

«Il faut se méfier des formulations du genre "doit être disponible", "doit porter plusieurs chapeaux", ou encore "doit bien gérer son stress". Si l’employeur juge important d’inscrire ces formulations dans l’offre d’emploi, pour moi c’est inquiétant», juge-t-elle.

Courtoisie

À l’inverse, Chloé Beauchemin remarque que certaines entreprises se démarquent par leur attention aux détails. 

«Il y a des offres de plus en plus inclusives, qui font attention aux petits détails pour que tout le monde se sente représenté, ce qui est positif», a-t-elle expliqué au 24 heures. 

Prenez la liste de compétences avec un grain de sel  

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Si vous êtes intimidé par une liste de compétences semblable à une liste d’épicerie, le conseiller en emploi chez GIT, Guillaume Vincent, a un conseil pour vous : postulez quand même!

«Si vous répondez à tous les critères énumérés sur une offre d’emploi, tant mieux. Mais sinon, souvenez-vous que ces offres d’emploi servent à définir le candidat idéal sur papier. L’employeur ne s’attend donc pas nécessairement à recevoir des candidatures qui répondent en tous points à ce qui est listé», explique le spécialiste de GIT, une entreprise qui aide autant les candidats que les employeurs à trouver chaussure à leurs pieds.

Cette réalité est d’ailleurs amplifiée par le contexte actuel de l’emploi au Québec, selon lui. 

«Avec des taux de chômage aussi bas, de plus en plus d’employeurs réalisent qu’ils doivent faire preuve de flexibilité à l’embauche. Si l’offre est trop pointue, ils risquent de chercher beaucoup plus longtemps», précise-t-il

Ne vous en faites pas avec les années d’expérience requises  

Si l’emploi auquel vous souhaitez postuler requiert deux années d’expérience que vous n’avez pas, postulez quand même. 

Guillaume Vincent rappelle qu’il ne s’agit «pas d’une science» et que si 1 à 2 années d’expérience sont requises, l’employeur accepte généralement certaines équivalences.

«Vous avez fait un stage ? Ça compte ! Votre emploi étudiant demandait certaines des mêmes compétences que le poste sur lequel vous postulez ? Ça compte également», explique-t-il. 

Si vous détenez un diplôme supérieur à ce qui est demandé dans l’offre, ce diplôme pourrait également servir à combler l’expérience manquante, selon lui. 

Il n’est donc pas impossible que vous réussissiez à décrocher un emploi qui requiert de l’expérience, mais attendez-vous à mettre les bouchées doubles à vos débuts.

«Si l’entreprise demande 3 à 5 ans d’expérience et que vous n’en avez que très peu, il est possible que vous décrochiez l’entrevue et même l’emploi, si l’employeur apprécie votre profil. Cependant, quand le poste demande plusieurs années, c’est souvent que l’employeur juge qu’il n’a pas le temps de former quelqu’un. Vous serez donc peut-être laissé à vous-même», prévient-il. 

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