La COVID longue, surtout dans la tête? C’est ce qu’avance une étude française controversée | 24 heures
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La COVID longue, surtout dans la tête? C’est ce qu’avance une étude française controversée

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Hôpital Northwestern
  • Les symptômes de la COVID longue «pourraient le plus souvent être associés au fait de croire avoir été infecté» au coronavirus, selon une nouvelle étude.  
  • L'étude controversée a été menée auprès de 26 800 Français se disant atteints de la COVID longue.  
  • Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 10% des personnes atteintes de la COVID-19 souffriront de COVID longue à long terme.   

 

Les symptômes de la COVID longue «pourraient le plus souvent être associés au fait de croire avoir été infecté» au coronavirus, suggère une nouvelle étude française. Voici ce qu'il faut savoir sur cette étude qui fait polémique.

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Qu’est-ce que la COVID longue?   

La COVID longue se caractérise par la persistance de symptômes chez un patient ayant souffert des mois plus tôt de la COVID-19, incluant les formes légères de la maladie.

Parmi les symptômes: fatigue, douleurs thoraciques, palpitations, difficultés respiratoires, problèmes de concentration ou de mémoire, manque d’appétit et perte du goût ou de l’odorat. 

Près de deux ans après le début de la pandémie, on ne sait pas grand-chose sur la COVID longue. Ce trouble reste flou et mal défini. 

Une étude menée en France 

Les chercheurs se sont intéressés à quelque 26 800 Français de 18 ans et plus qui ont été suivis pendant des mois par les autorités sanitaires françaises pour évaluer les effets multiples de la COVID-19. 

Les patients ont répondu à des questionnaires, à la fois pour dire s'ils avaient été malades et s'ils ressentaient toujours des symptômes longtemps après.

Des tests sérologiques permettant de confirmer ou non une infection a posteriori ont également été réalisés. 

Des résultats qui font jaser  

L'étude suggère que la COVID longue serait surtout d’ordre psychologique, sans lien avec la réalité d’une infection au virus, et donc avec des séquelles physiologiques. 

Les résultats ont été publiés en début de semaine dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), l’une des principales revues médicales mondiales. 

Les auteurs de l’étude concluent qu'il faut, chez les patients se plaignant de symptômes durables, chercher à identifier «des mécanismes cognitifs et comportementaux», et veiller à ne pas les «attribuer par erreur à une infection à la COVID-19».

Cette conclusion ne passe pas chez différentes associations de personnes atteintes de la COVID longue, dont certaines vont jusqu’à soutenir que l’étude est «stigmatisante, dangereuse et nuisible».

De nombreux chercheurs ont exprimé leur scepticisme concernant la méthodologie retenue pour cette étude, comme Jeremy Rossman, virologue britannique qui martèle qu’un test sérologique «n’est pas fiable comme marqueur d’une précédente infection».

Une étude au Québec 

En juillet dernier, l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) a lancé une étude auprès de 200 patients pour étudier les effets de la COVID longue, qui affecterait jusqu’à 40% des patients non hospitalisés et jusqu’à 80% des patients hospitalisés.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 10% de la population atteinte de la COVID-19 sera touchée par la COVID longue. La Dre Huynh, qui dirige l'étude québécoise, croit plutôt que la moyenne se situe autour de 30%. 

«Quand on parle d’un million et demi de personnes infectées au Canada, ce sont, au minimum, 200 000 personnes qui développeront la COVID longue. C’est énorme!» expliquait en août dernier l'épidémiologiste et cardiologue du CUSM.