Dons de sang au Canada: les restrictions pour les hommes gais et bisexuels bientôt levées? | 24 heures
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Dons de sang au Canada: les restrictions pour les hommes gais et bisexuels bientôt levées?

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AFP
  • La Société canadienne du sang s’apprête à recommander que l’interdiction du don de sang par les hommes homosexuels ou bisexuels soit abolie.   

  • Actuellement, pour donner du sang, les hommes gais et bisexuels ne peuvent pas avoir eu de relation sexuelle dans les trois derniers mois.   

  • Les nouvelles recommandations seront basées sur les comportements sexuels des donneurs, plutôt que leur orientation sexuelle.   

Bonne nouvelle pour la communauté LGBTQ+: la Société canadienne du sang s’apprête à recommander la levée de l'interdiction de dons de sang par des hommes homosexuels ou bisexuels dans les prochaines semaines.  

«Si le changement est approuvé, nous n’aurons plus à demander aux hommes s’ils ont eu des relations sexuelles avec un autre homme», explique dans un courriel la gestionnaire des relations avec les médias de la Société canadienne du sang, Delphine Denis.  

Elle ajoute que, avec ce changement, les questions seront axées sur «les comportements sexuels à risque chez tous les donneurs». 

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C’est ainsi que ça doit être, croit le directeur général par intérim de l’organisme RÉZO, Alexandre Dumont Blais. «Il faut se baser sur les pratiques sexuelles plutôt que sur l’orientation sexuelle», affirme-t-il.  

«Nous accueillons avec enthousiasme l’annonce [...] et attendons avec impatience le dépôt de la demande», s’est pour sa part réjouit le fondateur du mouvement Avec notre sang, Guillaume Savard. À l’automne 2020, il avait lancé une pétition exigeant que le don de sang soit accessible à tous les Canadiens.  

Pour que ces modifications entrent en vigueur, la recommandation devra être approuvée par Santé Canada. En ce moment, une abstinence sexuelle d’au moins trois mois est exigée pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.  

Miser sur l’orientation sexuelle, c'est de «mettre tout le monde dans le même panier», mentionne Alexandre Dumon Blais. Il précise que les pratiques sexuelles ne sont pas les mêmes pour tous ceux qui partagent la même orientation sexuelle.  

Pas pour tout de suite au Québec  

Les hommes homosexuels ou bisexuels devront toutefois patienter au Québec, puisque l’approvisionnement en sang est géré par Héma-Québec.  

L’organisme n'a toujours pas répondu à notre demande d’entrevue. On ne sait donc pas s’il souhaite imiter la Société canadienne du sang.  

Si Héma-Québec n’emboîte le pas, les critères actuels continueront donc de s’appliquer dans la province. Comme c’est actuellement le cas dans le reste du Canada, un homme doit s’abstenir d’avoir une relation sexuelle avec un autre homme pendant trois mois pour donner du sang au Québec.  

Alexandre Dumont Blais croit que Héma-Québec devra «être à l’écoute et intégrer les mêmes changements» que son homologue canadien.  

Un long processus  

En 1980, la Croix-Rouge canadienne, qui gérait l’approvisionnement de sang à l’époque, avait exclu les hommes ayant eu au moins une relation sexuelle avec un autre homme depuis 1977. Cette mesure visait à empêcher les contaminations des réserves de sang par le virus du sida.   

Depuis 2011, les critères ont été assouplis peu à peu.  

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