Pourquoi Taylor Swift réenregistre-t-elle ses premiers albums? On vous explique | 24 heures
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Pourquoi Taylor Swift réenregistre-t-elle ses premiers albums? On vous explique

Image principale de l'article Voici pourquoi elle réenregistre ses albums
Photo : Getty Images

Le 12 novembre dernier, Taylor Swift a lancé son album Red pour la deuxième fois en neuf ans. L’artiste prévoit faire de même pour ses six premiers albums. Mais pourquoi lancer deux fois le même album? On vous explique.  

Le même album... ou presque   

Mettons d’abord une chose au clair: la nouvelle version de l’album Red, renommée Red (Taylor’s version), est un réenregistrement des mêmes chansons, auxquelles sept nouveaux titres se sont ajoutés. Il est donc presque impossible de faire la différence entre les chansons réenregistrées et celles qu’on trouve sur l’album original. 

La première version de l’album, sorti en 2012, a été vendue à plus de six millions d’exemplaires et certifiée quadruple disque platine aux États-Unis. La nouvelle version, sortie vendredi dernier, a battu des records de streaming, devenant l’album d’une artiste féminine le plus écouté en une seule journée sur Spotify.

Il a d’ailleurs surpassé le record établi par un autre album de Taylor Swift, Folklore, paru en 2020. Le même jour, l’Américaine est aussi devenue l’artiste féminine la plus écoutée sur Spotify en une seule journée. 

Taylor Swift essai-t-elle de faire plus d’argent en vendant deux fois le même album? Pas tout à fait.

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Une question de principe   

En fait, la chanteuse s’était engagée à réenregistrer ses six premiers albums, sortis entre 2006 et 2017, à la suite d’un conflit avec son ancien producteur. 

Quand Taylor Swift était âgé de seulement 15 ans, elle a signé un contrat avec la compagnie de disques Big Machine. Ce contrat stipulait que le studio s’appropriait les bandes maîtresses de toutes les pièces comprises sur ses six premiers albums. 

Les bandes maîtresses, ce sont en quelque sorte les enregistrements originaux à partir desquels ont peut faire des copies. Ce sont ces exemplaires en série qui sont utilisées quand les chansons passent à la radio, dans un film ou une émission, dans une pub, etc. 

Chaque fois que ces exemplaires sont utilisées, c’est le propriétaire des bandes maîtresses qui récolte la majorité de l’argent payée pour l’utilisation. Pas l’artiste. Et pas besoin de vous faire un dessin: pour des stars comme Taylor Swift, ça représente énormément d’argent. 

Reprendre le contrôle de sa musique    

Alors que Taylor Swift essayait d’acheter ces bandes maîtresses depuis des années, Big Machine a décidé de les vendre à Scooter Braun, l’ancien gérant de Kanye West. Swift soutient qu’elle n’a pas été consultée avant la vente. 

Taylor Swift interrompue par Kanye West, en 2019, pendant les MTV Video Music Awards.

Photo d'archives

Taylor Swift interrompue par Kanye West, en 2019, pendant les MTV Video Music Awards.

Dégoûtée à l’idée que Braun possède sa musique, elle a décidé de réenregistrer ses albums une fois son contrat avec Big Machine arrivé à échéance. Pas seulement pour faire de l’argent, mais aussi pour empêcher les nouveaux propriétaires de contrôler une partie de sa musique et de faire de l’argent avec les bandes maîtresses.

Possible grâce aux plateformes d’écoute   

Ce que fait présentement Taylor Swift aurait été impensable avant l’arrivée des plateformes de streaming, comme Spotify, Apple musique ou QUB musique au Québec. Pourquoi? Parce qu’il aurait fallu que les fans rachètent les disques et cassettes pour encourager l’artiste. 

AFP

Aujourd’hui, les plateformes permettent de choisir facilement qu’elle version vous voulez écouter. Lorsque vous écouterez les pièces de Taylor Swift, vous pourrez ainsi choisir les nouvelles versions. 

Théoriquement, le réenregistrement d’albums est réglementé dans le contrat entre l’artiste et sa maison de production. Donc, si le contrat ne restreint pas le réenregistrement, n’importe quel artiste qui en a les moyens peut le faire. Cependant, très peu le font, parce que le processus est complexe et coûteux. 

Le Wall Street Journal rapporte d’ailleurs que Universal Music Group a récemment redoublé d’efforts pour empêcher les artistes de le faire en incluant, dans ses contrats, de plus longues périodes d’interdiction de réenregistrement. 

− Avec les informations du Wall Street Journal et du Figaro

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