Votre pizza va bientôt vous coûter plus cher: on vous explique pourquoi | 24 heures
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Votre pizza va bientôt vous coûter plus cher: on vous explique pourquoi

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  •  La hausse du prix du lait prévue pour le début de l'année fera augmenter le prix des pizzas.    

  • Pour la chaîne de pizzérias Pizza Salvatoré, qui compte 35 succursales, ça représente 500 000$ de plus en dépenses par année.    

  • Cette hausse est une conséquence de la pandémie, plaident la Commission canadienne du lait et les Producteurs laitiers du Canada.    

Mauvaise nouvelle: vous risquez de payer plus cher pour vos pizzas dans les prochains mois, tout ça parce que le prix du lait a augmenté. On vous explique.

Une hausse historique        

À la fin du mois d’octobre, on apprenait que le prix du lait à la ferme augmenterait à compter du 1er février 2022. Si la hausse annuelle tourne généralement autour de l’inflation, cette année, elle sera de 8,4%, a annoncé la Commission canadienne du lait (CCL).  

Lorsque vous irez acheter du lait à l’épicerie, vous ne remarquerez probablement pas la différence. Vous paierez 0,06$ de plus par litre de lait. La hausse recommandée se fera davantage ressentir dans les produits laitiers destinés aux secteurs du détail et de la restauration, comme le beurre, le yogourt et, vous l’aurez deviné, le fromage. 

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Quelles répercussions pour les pizzérias?        

Si le prix du fromage augmente, ça aura nécessairement des conséquences sur les pizzérias, qui dépendent de ce produit. 

Pour Stratos Pizzéria, qui compte 26 succursales, principalement en Mauricie et dans la Capitale-Nationale, le mozzarella représente 36% du coût total d’une pizza. La hausse annoncée du lait se traduira ainsi par une augmentation de 120 000$ des dépenses de l'entreprise.

«C’est sûr qu’on ne peut pas se permettre des hausses de même toutes les années. Ça va tuer l’industrie, à moyen terme», craint Michel Légaré, directeur des opérations de la chaîne. 

Pour la chaîne de pizzérias Pizza Salvatoré, qui compte 35 succursales, ça représente 500 000$ de plus par année. 

«Le mozzarella représentant de 30 à 50% du coût de fabrication de nos pizzas, explique Élisabeth Abbatiello, qui est l'une des cinq propriétaires de Pizzéria Salvatoré, notre industrie sera durement touchée par de telles augmentations.»

Deux des cinq copropriétaires de Pizza Salvatoré, Katarina et Élisabeth Abbatiello.

Photo Didier Debusschère

Deux des cinq copropriétaires de Pizza Salvatoré, Katarina et Élisabeth Abbatiello.

Cette dernière, qui a grandi dans les cuisines des pizzérias de sa famille, n’a jamais vu une hausse aussi importante. 

«C’est une hausse historique. C’est du jamais-vu. Dans la restauration, ça va être très difficile», soutient pour sa part Olivier Bourbeau, vice-président Québec chez Restaurants Canada. Il craint d'ailleurs que cette hausse fasse mal à certaines pizzérias.

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C’est bien beau, tout ça, mais, pour le consommateur, qu'est-ce que ça veut dire?         

Pour compenser la hausse du fromage, Stratos Pizzéria compte augmenter ses prix de 5 à 7%. Pour une petite pizza, on parle de 0,60$ d’augmentation. Pour une pizza «large», c’est 1,20$ de plus que les consommateurs devront débourser. 

Pizza Salvatoré augmentera aussi ses prix. Par exemple, la pizza de 12 pouces passera de 10,49$ à 11,49$.

Une (autre) conséquence de la pandémie        

Cette hausse est une conséquence de la pandémie, plaident la Commission canadienne du lait et les Producteurs laitiers du Canada. 

«Cette hausse des revenus des producteurs compensera en partie la hausse des coûts de production entraînée par la pandémie de COVID-19 [...] qui a maintenu les revenus sous le coût de production», mentionnait la CCL dans un communiqué diffusé en octobre dernier. 

«L’ajustement du prix reste inférieur à celui observé depuis le début de la pandémie pour de nombreux autres produits alimentaires», explique pour sa part Pierre Lampron, président de Producteurs laitiers du Canada.

Le fait est que le prix des aliments pour animaux «a grimpé de 27% en deux ans, tandis que celui du carburant est en hausse de 30% et celui des semences, de 20%», soutient-il. 

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