La parosmie, un effet secondaire de la COVID, donne une odeur horrible à la nourriture | 24 heures
/panorama

La parosmie, un effet secondaire de la COVID, donne une odeur horrible à la nourriture

  • Les gens atteints de parosmie disent que la nourriture a une odeur horrible.

  • Ils ont de la difficulté à manger, perdent du poids et peuvent devenir déprimés.


  • Environ 2 à 5% des gens qui ont la COVID longue développent la parosmie.


Connaissez-vous la parosmie? Ce trouble de l'odorat que certaines personnes développent après avoir eu la COVID-19 fait de plus en plus jaser.

• À lire aussi: Ça va mal en Europe côté COVID

• À lire aussi: Ce qu'il faut savoir sur le vaccin pour les enfants

Sur TikTok, plusieurs utilisatrices (ce sont surtout des femmes) partagent leur nouvelle réalité depuis qu'elles souffrent de parosmie. 

Elles ont plusieurs points en commun : ce qu'elles mangent sent horriblement mauvais (elles comparent l'odeur à des déchets, de la décomposition ou de l'essence), elles utilisent parfois un pince-nez pour passer à travers leurs repas, et sont en quête de repas qui goûtent ou sentent moins pire que les autres. 

Aussi, elles vivent une grande détresse psychologique, et disent ne plus avoir aucun plaisir à manger. Plusieurs ont perdu du poids, craignent de manquer de nutriments ou que leur odorat ne revienne jamais à la normale.

@mamafreberg The nose clip helps but I miss pasta, chips, garlic, onions, coffee! EVERYTHING! #parosmia #parosmiapostcovid #parosmiasupport #fyp ♬ original sound - Jada

Leur histoire résonne : près de 87 millions de visionnement son attribués au mot-clic #parosmia sur TikTok. 

La parosmie au Québec

La Québécoise Édith Perrault, 31 ans, a un témoignage qui ressemble en tous points à ceux-ci. 

Elle raconte que pour elle, la laitue iceberg goûte le plexiglas. Les fruits et les légumes lui rappellent le compost, et le chocolat et les noix goûtent le propane. «L'odeur de ma chambre, l'eau qui coule dans le lavabo, tout sent mauvais. Tout est chamboulé et c'était très épuisant au début», explique l'avocate montréalaise, qui fait de la parosmie depuis le mois de juillet. 

Édith Perrault

Ben Pelosse / JdeM

Édith Perrault

Elle a initialement attrapé la COVID-19 en décembre 2020, et a d'abord passé 6 mois sans odorat avant d'en retrouver l'usage... mais pas de la façon qu'elle aurait souhaité. «Je sentais pour la première fois en six mois des choses, mais tout avait des odeurs de jus de poubelle», dit-elle. 

Elle a perdu beaucoup de poids, passant de 120 à 100 livres en moins de deux semaines, et a eu de la difficulté à trouver de l'aide puisque certains professionnels croyaient plutôt qu'elle souffrait d'anorexie ou de dépression. 

«J'ai pris du temps aussi à trouver des aliments nourrissants et qui ne me dégoûtaient pas. Les seules choses que je mange, mais qui ne sont pas bonnes ou mauvaises, ce sont notamment les patates et le fromage très salé», dit-elle. 

La trentenaire espère que son odorat reviendra à la normale, ce qui peut arriver chez les personnes atteintes de parosmie. Elle met toutes les chances de son côté en participant à une étude du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec sur l'entraînement olfactif chez les personnes dans la même condition qu'elle. 

Une centaine de patients qui ont développé un trouble de l'odorat depuis au moins deux mois après avoir développé la COVID-19 y participent. 

À VOIR AUSSI

Conditions de travail : des restaurateurs quittent la profession

s