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Pourquoi mon Uber est si cher?

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Photomontage: Alexandre Pellet

Avez-vous l’impression de payer plus et d’attendre plus longtemps pour vous déplacer en Uber qu’auparavant? Vous avez probablement raison.

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Samedi soir aux petites heures du matin, mon taxi du centre-ville à Villeray me coûte 21,50$. L’application Uber, elle, estimait plutôt 28$. Et il n’y a pas qu’à la sortie des bars que la multinationale américaine coûte plus cher. Matin, midi et soir, ce qui était auparavant l’exception devient de plus en plus la norme. 

On ignore les chiffres pour Montréal précisément, mais selon une étude de la firme de recherche Rakuten Intelligence, les prix sur Uber auraient en moyenne augmenté de 92% environ entre janvier 2018 et juillet 2021. 

Trois raisons expliquent principalement cette hausse.

Une pénurie de chauffeurs qui fait mal

À l’instar d’à peu près toutes les autres industries, Uber manque de personnel. Et avec Uber, moins il y a de chauffeurs sur la route, plus les prix payés par les utilisateurs sont chers, ce qui explique en partie les tarifs élevés depuis le début de la pandémie. 

La situation s’est améliorée depuis quelques mois, a affirmé l’entreprise dans ses derniers états financiers, grâce à de nombreux investissements pour attirer les chauffeurs. À Montréal, Uber leur offre par exemple un revenu garanti de 1000$ pour leurs 100 premières courses ou livraisons. Si cette somme n’est pas atteinte, la multinationale payera la différence.

Mais les conditions difficiles pour les chauffeurs qui doivent travailler de longues heures pour un petit salaire et le fait que ceux-ci peuvent facilement trouver un emploi ailleurs nuit à l’entreprise et, par extension, à ses clients. 

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Plusieurs préfèrent livrer de la nourriture

Même lorsque suffisamment de chauffeurs sont sur la route, les utilisateurs qui veulent se déplacer ne peuvent pas toujours en profiter. Les courses sont en effet en concurrence avec la livraison de nourriture, qui a augmenté d’une façon importante depuis la pandémie. 

Pour les chauffeurs, livrer avec Uber Eats, Eva, Skip, ALCE ou DoorDash peut non seulement être plus payant que de prendre une course, mais ceux-ci peuvent en plus profiter d’une tranquillité supplémentaire. Résultat : le prix pour un déplacement et le temps d’attente augmentent, surtout aux heures de repas. 

Uber a besoin de faire des profits

Uber a aussi changé depuis le lancement de son service UberX à Montréal en 2014. À l’époque, l’entreprise vidait son compte en banque pour soutenir sa croissance mondiale, au point d’atteindre des pertes de 8,5 milliards de dollars américains en 2019 seulement. 

L’entreprise tente depuis de renverser la vapeur. La pandémie est venue chambouler un peu les plans, mais au premier trimestre de 2021, Uber affichait une « maigre » (pour ses standards, du moins) perte de 108 millions de dollars américains, et elle compte être profitable d’ici la fin de l’année. Les prix artificiellement bas des premières années qui visaient à attirer chauffeurs et clients et à décimer l’industrie du taxi sont donc chose du passé.  

Uber est encore souvent moins cher que le taxi. Mais le bar ouvert des premières années, lui, est terminé. 

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