Des risques? Quels effets secondaires? On répond à vos questions sur la vaccination des 5 à 11 ans | 24 heures
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Des risques? Quels effets secondaires? On répond à vos questions sur la vaccination des 5 à 11 ans

Image principale de l'article Vaccination des enfants: on répond à vos questions
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  • Le gouvernement Legault souhaite vacciner un maximum d’enfants de 5 à 11 ans au cours des trois prochaines semaines.    

  • Si une proportion importante des 650 000 enfants de 5 à 11 ans au Québec se font vacciner, François Legault pourrait annoncer de nouveaux assouplissements pour les Fêtes.   

  • Les enfants recevront le même vaccin de Pfizer-BioNTech, mais en plus petites doses.    

Les enfants recevront-ils le même vaccin que nous? Est-ce qu'il y a des risques qui y sont associés? Pourquoi vacciner à un si jeune âge? La vaccination des enfants de 5 à 11 ans soulève des questions et de l’inquiétude chez certains parents.

Pour vous permettre d’y voir plus clair, Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, et le Dr Nicholas Brousseau, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (ISNPQ), répondent à nos questions. 

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Les enfants recevront-ils le même vaccin que le reste de la population?   

C’est le même vaccin de Pfizer-BioNTech, mais en plus petites doses, explique le Dr Brousseau. «Les enfants recevront 10 microgrammes par dose, contrairement à 30 microgrammes pour le reste de la population [adultes et adolescents], parce qu’ils réagissent généralement mieux que les adultes aux vaccins.»

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Est-il aussi efficace chez les enfants que chez les adultes?   

«L’efficacité est d’environ 91%, ce qui est excellent et comparable à l’efficacité que l’on retrouve chez les adultes», indique le Dr Brousseau, citant les résultats des essais cliniques réalisés par Pfizer aux États-Unis auprès de plus de 3000 enfants. 

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Quels sont les effets secondaires les plus fréquents chez les enfants?   

«Comme pour les autres vaccins, on pourrait voir de la fatigue ou de la fièvre apparaître dans les jours suivant la vaccination, en plus d’une rougeur légèrement douloureuse au point d’injection», affirme le Dr Brousseau. Les plus petites doses que recevront les enfants pourraient toutefois amenuiser ces effets secondaires potentiels, dit-il. 

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Pour ce qui est des risques de complications, comme les myocardites et les péricardites (des inflammations du cœur) observées chez certains jeunes adultes et adolescents, le médecin se fait rassurant. «Dans l’essai clinique, il n’y a eu aucune myocardite détectée chez les 5 à 11 ans. D’ailleurs, les données indiquent que plus la personne vaccinée est jeune, moins ces risques de complication sont élevés.»

L’intervalle de huit semaines proposé par Québec devrait également permettre de réduire les risques encore davantage, en plus d’augmenter l’efficacité du vaccin. 

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Pourquoi vacciner les enfants s’il y a peu de risques de complication grave liés au virus?   

C’est surtout pour protéger le reste de la population et freiner le virus, répond Roxane Borgès Da Silva. 

«Les enfants sont maintenant parmi les plus touchés au pays par la COVID. Avec le variant Delta, on voit qu’ils sont aussi contagieux et propagateurs que les adultes. Actuellement, comme la majorité des éclosions se déroule dans les milieux scolaires, notamment dans les écoles primaires, la vaccination devrait donc permettre de freiner cette tendance», explique-t-elle. 

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Le vaccin devrait aussi permettre d’éviter la fermeture des classes et l’isolement des jeunes, qui peut voir des impacts nocifs sur leur santé. «Dès qu’un enfant est isolé, c’est son développement et son apprentissage qui sont affectés. Il faut qu’ils puissent pratiquer leur sport, socialiser avec leurs camarades, etc.», mentionne-t-elle. 

Le vaccin représenterait donc selon elle un moindre risque pour leur santé.

Est-ce qu’il y a des endroits où la vaccination des enfants donne déjà des résultats?   

Si les États-Unis ont commencé à vacciner les enfants au début novembre, il est trop tôt pour juger de l’efficacité de la campagne. La situation épidémiologique chez nos voisins du sud montre toutefois qu’il faut agir rapidement, croit Roxane Borgès Da Silva.

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«Aux États-Unis, à la fin du mois d’octobre, il y avait jusqu’à 100 000 enfants par semaine qui étaient infectés et des dizaines de milliers ont été hospitalisés. Tous les enfants peuvent donc être touchés», explique-t-elle.  

Et même si les complications graves sont moins rependues chez les plus jeunes, plus de 700 enfants américains sont morts de la COVID-19. «Un enfant de mort, c’est toujours un de trop. Parallèlement, aucun enfant n’est décédé de la vaccination. Alors pour moi, c’est clair que le vaccin permet de sauver des vies là-bas», indique-t-elle. 

Quel impact la vaccination des enfants pourrait-elle avoir sur la suite de la pandémie?  

Ça va dépendre de plusieurs facteurs, comme «l’apparition de nouveaux variants et la baisse de l’immunité vaccinale chez nos personnes âgées», mentionne la professeure. 

Lorsque les enfants auront reçu leur deuxième dose, «si ces facteurs sont sous contrôle et dépendamment du taux de vaccination qu’on atteindra chez les enfants, je crois que nous pourrons assouplir graduellement les mesures sanitaires», estime Roxane Borgès Da Silva. 

François Legault a pour sa part indiqué jeudi passé que l'objectif de vacciner 80% des quelque 650 000 jeunes Québécois pourrait permettre de lever la «plupart des consignes». Cet après-midi, déjà 80 000 rendez-vous avaient été pris en ligne sur la plate-forme ClicSanté.

Pourquoi est-ce important de vacciner le plus grand nombre d’enfants possible avant la période des Fêtes?   

Pour protéger les plus vulnérables à l’approche d’une période propice aux contacts étroits. 

«C’est donc important que le plus d’enfants possible reçoivent leur première dose avant ces rassemblements pour protéger les personnes vulnérables, notamment des personnes âgées qui n’auront pas encore eu accès à la troisième dose», indique Roxane Borgès Da Silva. 

Cette stratégie permettra également d’éviter que les hôpitaux soient malmenés après les Fêtes, une période qui est généralement achalandée, rappelle aussi le Dr Brousseau.

Si l’opération se déroule bien, M. Legault a bon espoir de pouvoir annoncer de nouveaux assouplissements à temps pour les Fêtes.  

Comment la vaccination des enfants se déroulera-t-elle?   

Québec a opté pour une stratégie hybride qui donne aux parents le choix de faire vacciner leur enfant à l’école ou encore de prendre rendez-vous dans un centre de vaccination. 

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«De cette façon, les enfants qui craignent la vaccination pourront être accompagnés de leurs parents, et pour les autres, ils pourront être vaccinés à l’école, ce qui est bon pour les parents qui ont moins de temps pour les accompagner», détaille Mme Borgès Da Silva.

Les centres de vaccination sont aménagés avec des décors ludiques pour rendre l’expérience la plus amusante et la plus sécurisante possible pour les enfants. 

Quel est le message à envoyer aux parents qui hésitent à faire vacciner leur enfant?   

«C’est très important de rassurer les parents: les bénéfices du vaccin sont nettement supérieurs aux risques qui y sont liés, qui sont très, très faibles. Aucun enfant n’est décédé du vaccin, alors que le virus ne les épargne pas, lui», insiste Roxane Borgès Da Silva.

De son côté, le Dr Brousseau rappelle que «tout le monde veut le bien-être des enfants» et que l’impact positif que la vaccination pourrait avoir sur le déroulement des diverses activités des enfants est nettement supérieur aux risques encourus.