Pourquoi le boycott du Black Friday n'a jamais fonctionné | 24 heures
/environment

Pourquoi le boycott du Black Friday n'a jamais fonctionné

Image principale de l'article Voici pourquoi le boycott n'a jamais fonctionné
Joël Lemay / Agence QMI
  •   Des initiatives écoresponsables encouragent les consommateurs à emprunter, donner, réparer, revaloriser ou acheter seconde main.   


  

  • L'objectif est de consommer de façon responsable, sans culpabiliser.    


  

  • Ces options plus vertes risquent de se multiplier partout où le Black Friday est roi.
       

Soldes sur les jouets d’occasion, ateliers de couture, dégustation de chocolats biologiques: et s’il était possible de profiter des aubaines du Vendredi fou tout en limitant au maximum son impact sur l’environnement? C’est ce que proposent le Green et le Blue Friday, des initiatives écoresponsables qui pourraient transformer pour de bon ce symbole ultime de la surconsommation. 

• À lire aussi: Des entreprises écorespensables dénoncent la pression de participer au Black Friday

Le 26 novembre, les consommateurs motivés par les «aubaines-chocs» s’agglutineront devant les commerces, en quête des meilleurs rabais. 

Malgré toutes les critiques sur le Black Friday, entreprises et clients y reviennent inlassablement chaque année. 

«Contrecarrer de telles promotions et demander aux consommateurs de ne pas en profiter, c’est assez difficile. Ça ne fonctionne jamais», fait valoir le directeur de l’Observatoire de la consommation responsable de l’UQAM, Fabien Durif. 

Surtout en période de crise sanitaire, ajoute-t-il, au moment où «les consommateurs comparent encore plus les prix qu’avant en raison du stress financier et de l’inflation élevée». 

L'indice des prix à la consommation (IPC) a bondi de 5,3 % au cours de la dernière année, selon Statistique Canada, ce qui représente la hausse des prix la plus rapide depuis novembre 1991. 

Pas étonnant donc que toutes les initiatives de boycott du vendredi fou n’aient jamais eu de succès mportant, souligne le professeur de marketing. 

Un vendredi Green et Blue  

En France et en Belgique, une solution émerge: le Green Friday

Le 26 novembre, on encourage les entreprises à offrir des rabais sur des biens et services considérés écoresponsables comme sur les culottes menstruelles, les ateliers de réparation de vélo ou les séances de fabrication de bougie de cire végétale. 

Et les consommateurs, eux, on les incite à emprunter, donner, réparer ou acheter seconde main. 

Un peu plus près de chez nous, en Colombie-Britannique, un groupe de petites entreprises écoresponsables lançait le Blue Friday, en 2019.

Lors de cette journée, les commerçants participants remettent entre 15% et 50% de leurs recettes à des organismes de protection de l’océan qui œuvrent à le nettoyer.  

L’idée derrière les Green et Blue Friday n’est donc pas de culpabiliser le consommateur en le grondant, mais plutôt de le sensibiliser à faire des choix qui limitent au maximum son impact sur l’environnement. 

Des solutions durables  

«Ces initiatives risquent de mieux fonctionner parce qu’elles répondent aux critères des consommateurs qui ont été exacerbés par la crise sanitaire : donner plus de sens à la consommation, mais payer moins cher», estime Fabien Durif. 

Parce qu’«il est plus logique de demander aux gens de profiter de cette journée pour consommer de manière intelligente», poursuit-il. 

D’ailleurs, 61 % des Québécois ont mentionné cette année qu’ils faisaient plus attention aux achats superflus, selon les chiffres du Baromètre 2021 de la consommation responsable publié le 24 novembre. Il s’agit d’une augmentation de plus de 7 points par rapport à l’an dernier. 

«On constate qu’il y a moins d’attraction vers l’hyperconsommation, mais en parallèle, il y a le portefeuille», résume l’expert. 

Profiter de la crise pour changer    

Selon les chiffres du Baromètre 2021 de la consommation responsable dévoilé le 24 novembre, seuls 33% des Québécois souhaitent revenir rapidement à la situation économique d’avant la crise sanitaire. L’autre majorité croit plutôt que la pandémie doit servir à mieux reconstruire: accélérer la transition écologique, relocaliser les activités industrielles et baisser la dépendance au pétrole.