Elles ont dû attendre 20 mois pour fêter leurs 18 ans dans un bar | 24 heures
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Elles ont dû attendre 20 mois pour fêter leurs 18 ans dans un bar

Image principale de l'article Fêter ses 18 ans dans un bar... 20 mois en retard
Photo Guillaume Cyr

On se souvient tous de notre première sortie (légale) dans un bar, à nos 18 ans. Mais pour beaucoup de jeunes Québécois, la pandémie a retardé ce rite de passage. Avec la réouverture des planchers de danse au Québec, on a accompagné deux jeunes femmes dans cette étape importante de leur vie.

Madeleine Blais-Tremblay et Éliane Lavallée l’attendaient avec impatience, cette première soirée. Avant le week-end dernier, les deux jeunes femmes, qui auront 20 ans respectivement en février et en mai prochains, n’avaient encore jamais mis les pieds sur une piste de danse. 

Même si Madeleine aurait pu, techniquement, sortir pour ses 18 ans avant le début de la pandémie et l’imposition des mesures sanitaires, elle était en Irlande pour un échange étudiant. Comme son amie, elle a donc dû patienter de longs mois. 

«Pre-drink» chez Madeleine       

C’est chez Madeleine, à Bois-des-Filion, sur la Rive-Nord de Montréal, que les deux jeunes femmes se sont préparées pour la soirée. C’est aussi là qu’elles nous avaient donné rendez-vous. 

Éliane Lavallée (à gauche) et Madeleine Blais-Tremblay (à droite)

Photo Guillaume Cyr

Éliane Lavallée (à gauche) et Madeleine Blais-Tremblay (à droite)

Et comment se sentaient-elles, quelques heures avant de franchir les portes du club Le Rouge Bar, situé sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal? 

«Il y a la fébrilité de la première fois. Aller dans un bar pour ses 18 ans, c’est quelque chose que je n’ai pas pu faire», mentionne Madeleine. Cette dernière avait d’ailleurs une bonne raison de célébrer: à seulement 19 ans, elle est nouvellement propriétaire d’une maison. 

Éliane Lavallée (à gauche) et Madeleine Blais-Tremblay (à droite)

Photo Guillaume Cyr

Éliane Lavallée (à gauche) et Madeleine Blais-Tremblay (à droite)

«[On se demande] le vibe qui va avoir. On ne sait pas trop à quoi s'attendre. Comment les gens vont agir? Est-ce que les gens vont boire beaucoup? Est-ce que les gens vont danser beaucoup, ou être sérieux?» se demande quant à elle Éliane, qui nous confie ressentir un peu d’«anxiété» à l’idée de se retrouver entourée d’autant de monde.

Madeleine Blais-Tremblay

Photo Guillaume Cyr

Madeleine Blais-Tremblay

Enfin au bar!        

Vendredi soir, 22h. Le boulevard Saint-Laurent grouille de monde. Les bruits de klaxon s’entremêlent aux discussions des fêtards qui font la file devant les bars. 

En route, la nervosité s’installe. Dans l’excitation du moment, Madeleine oublie même ses cartes d’identité. Nous devons faire demi-tour. 

Madeleine Blais-Tremblay

Photo Guillaume Cyr

Madeleine Blais-Tremblay

En marchant, les deux amies se font interpeller à deux reprises en moins de dix minutes. «Esta tutti bella (vous êtes toutes belles)», leur lance un homme, en italien. Madeleine n’apprécie pas et dénonce le «catcalling» que subissent trop souvent les femmes. 

Éliane Lavallée et Madeleine Blais-Tremblay

Photo Guillaume CYR

Éliane Lavallée et Madeleine Blais-Tremblay

Les deux jeunes femmes arrivent finalement au bar. Elles passent devant une longue file de personnes qui, contrairement à elles, n’avaient pas de réservation.

Timides, elles se dirigent d’abord au bar pour commander une première consommation. Puis, en l’espace de quelques chansons, elles se lèvent et se joignent à la foule au milieu de la piste de danse. 

Danser... sans masque       

Il ne fait aucun doute, le retour de la danse était attendu. Dans le bar bondé, personne ne reste assis. 

Un détail frappe: pratiquement personne, à part les auteurs de ses lignes, ne porte le masque. Il est pourtant obligatoire sur la piste de danse. C’est donc au milieu d’une foule majoritairement démasquée (et compacte) que Madeleine et Éliane ont dansé. Ça n'a pas trop semblé les déranger. 

Éliane Lavallée et Madeleine Blais-Tremblay

Photo Guillaume Cyr

Éliane Lavallée et Madeleine Blais-Tremblay

Si les deux amies semblent apprécier leur soirée, elles nous mentionnent certains irritants. «Il y a des gens bizarres», nous lancent-elles. «Les gars, ça ne manque pas une opportunité [pour tenter de nous séduire]», ajoute Éliane. 

Elles ont aussi pris des notes: à leur prochaine visite, elles vont laisser leur manteau dans leur voiture. Elles ont en effet mis une heure, à la fin de la soirée, pour récupérer leur manteau et quitter le club. 

Une soirée réussie... et importante       

Une chose est sûre: Madeleine gardera de bons souvenirs de sa soirée. 

«Ça voulait vraiment dire quelque chose ce soir, ça, c’est sûr. De vivre cette soirée avec Éliane, ma meilleure amie, c’était vraiment important», nous a-t-elle confié, alors que son amie dormait à ses côtés.  

«Plus que tu te laisses aller, plus que tu te fous de ce que le monde pense et plus que tu vas avoir du fun», a conclu la jeune femme, qui compte bien répéter l’expérience.